‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 1 sur 137 · Histoire des maladies du pharynx. Vol. V · texte numérisé non relu

Histoire des maladies du pharynx. Vol. V

Généralités. — Les processus inflammatoires secondaires du pharynx n’ont pas, comme les angines, cet organe comme théâtre unique ou du moins principal de leur activité. Les affections dont ils dépendent constituent une entité morbide, dont ils ne sont qu’un épiphénomène, parfois sans grande importance ; cependant, ces manifestations ne sauraient être soustraites, sans inconvénient, à la pathologie gutturale. Au point de vue abstrait, il est intéressant de voir quelles sont les analogies et quelles sont aussi les diflerences qui existent entre ces pharyngites secondaires et les pharyngites primitives ; d’ailleurs, les considérations d’ordre pratique ne manquent pas, qui autorisent, en quelque sorte, notre manière de voir. C’est d’abord la gravité des accidents dont le gosier peut devenir le siège, ce sont aussi les complications

1. Le tome IV comprend les processus inflammatoires primitifs, c’està-dire les angines.

LÉSIONS INFLAMMATOIRES VULGAIRES

à distance du côté de l’oreille, dont il est fréquent de voir ces phlegmasies deutéropathiques devenir l’origine, otites qui ont, le plus souvent, une toute autre importance que celles déterminées par les lésions banales dés fosses nasales et du cavuml. Nous pourrions ajouter encore que, noyées dans la description d’ensemble des maladies dont elles dépendent, les angines secondaires n’apparaissent pas toujours avec la netteté désirable dans leur symptomatologie, leur marche et leur pronostic. Il est donc utile et justifié de les étudier à part dans des paragraphes spéciaux 2. Nous les répartirons en deux catégories bien distinctes, suivant que leurs altérations morbides appartiennent à l’inflammation banale ou, au contraire, à l’inflammation nodulaire. La durée et la nature destructive du processus morbide ne sont, en effet, pas les mêmes dans les deux cas. Il est certain que les nosologistes de l’époque que nous étudions n’ont, le, plus souvent, qu’à peine entrevu les hautes questions théoriques que soulevait le sujet, mais il est non moins évident que le côté clinique ne leur a pas complètement échappé et qu’on trouve déjà, çà et là, dans leurs écrits, bien des indications précieuses qu’un ouvrage de cette nature était en droit de recueillir.

1. Voir Triquet, Toynbee .et Trôltsch qui firent connaître les otites des maladies générales.

2. On pourrait également faire remarquer que, même au point de vue pathogénique, cette façon de voir peut être admise, puisque beaucoup de ces troubles morbides sont dus, semble-t-il, à des infections secondaires favorisées par la maladie principale mais indépendantes, en quelque sorte, de celle-ci par leur agent spécifique.

Page 1