‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 108 sur 137 · Voir volume II, p. — 2. Voir volume V, p · texte numérisé non relu

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avoir les premiers entrevu que l’éruption se faisait ■d’une façon plus précoce sur le bucco-pharynx que sur le revêtement cutané. Dans son travail sur la desquamation épithéliale au cours de la rougeole, Heft^ conclut, en 1843, que des taches rouges apparaissent dans cette cavité avant l’exanthème, au moins chez beaucoup de sujets. 11 paraît que Broussais^ partageait le même avis (communication orale de Champouillon à l’Académie de médecine). Lasègue ^ pense aussi que le mal fait sentir ses premiers effets sur la gorge, mais au début il ne décrit qu’une rougeur diffuse ; l’énanthèmene deviendrait, en somme, caractéristique qu’au moment où la peau est intéressée. C’est Girard 4, de Marseille, qui a en somme attiré véritablement l’attention sur cet intéressant problème clinique. Il a noté, plusieurs jours avant toute tache cutanée, un pointillé rouge sur le voile et la face interne des joues; parfois même, celui-ci existerait avant tout symptôme pouvant faire supposer la rougeole.

angine morbilleuse, si peu marquée chez la plupart des malades que les symptômes se réduisent à un peu de congestion, de sécheresse et de dysphagie, ne semble pas cependant avoir toujours cette bénignité, que la plupart des nosologistes du xix® siècle eurent le tort de regarder comme une règle absolue. Bans certaines épidémies, comme celle de Montpellier (1858-1859) rapportée par Chabrier ^, il existait une tendance marquée à ce que l’on appelait alors la pharyngite « sténique », c’est-à-dire franchement inflammatoire. Même à l’état sporadique, quelques individus en présenteraient des exemples, ainsi que cela résulte de l’article sur la rougeole, que

1. Voir volume V, p. 17. — 2. Voir volume V, p. 18. — 3. Voir volume V, p. 14. — 4. Voir volume V, p. 18. — 5. Voir volume V, p. 10.

EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

Monfalcon a écrit, au commencement de la période que nous étudions, pour le Dictionnaire en soixante volumes. Rilliet et Barthez ^ ont vu, dans un cas, survenir une p'hlegmasie gutturale difiPuse de mauvais aspect, avec ramollissement consécutif de la muqueuse et formation de plusieurs ulcères. Ces auteurs^ ont bien décrit les accidents gangreneux, du pharynx qui viennent parfois compliquer le noma. Rappelons que Borsieri avait déjà dit quelques mots sur ces accidents qui furent bientôt assez connus. On en fixa l’ordre d’apparition (convalescence ou fin de mal), le caractère secondaire, le peu de réaction morbide, malgré l’importance des lésions diffuses ou circonscrites.

Les otites signalées déjà par Itard, Kramer, Ménière père, furent l’objet de recherches attentives de la part de Triquet, quand il étudia, vers 1850, les complications auriculaires des maladies générales fébriles. Il rencontra assez fréquemment des désordres étendus. Son maître, Trousseau, dont l’attention avait été probablement éveillée par les différentes remarques de son disciple et vraisemblablement aussi par des faits caractéristiques de sa clientèle, mentionne 3, d’une façon catégorique, l’importance et la fréquence des altérations morbides déterminées par la rougeole du côté de l’appareil de l’ouïe. Étant données les conceptions erronées de l’époque, il croit que le mal se propage de dehors en dedans, c’est-à-dire du conduit vers la caisse; mais, si l’on consent à ne pas trop tenir compte de cette méprise, due surtout à Kramer, le continuateur allemand d’Itard, il faut constater que le grand clinicien possédait déjà sur ces otites rubéoliques

1. Voir volume V, p. 48. — 2. Voir volume IV, p. 315 (angine gangreneuse). — 3. Voir volume V, p. 19.

DÉTERMINATIONS PHARYNGÉES DE LA ROUGEOE 819

bien des notions précieuses. Il signale même la propagation possible à la mastoïdei et l’existence de ■graves symptômes de sinusite, caractérisés surtout par de l’infection purulente typique. Son chef de clinique, Moynier^, a fait une étude détaillée de ces accidents morbides, où il fait jouer aux phlegmasies des cavités annexes un certain rôle. « Nous avons vu un assez grand nombre d’otites simples ou suppurées survenir dans la rougeole à la suite du coryza ou de la pharyngite ». Celles-ci, très fréquentes dans l’épidémie qui régna à Paris en 1857, auraient parfois été précoces. (c II était très fréquent de voir le début de la rougeole se marquer par des douleurs d’oreille, qui n’étaient souvent que de l’otalgie, mais qui souvent dépendaient d’une véritable otite. » L’auteur cite de nombreux cas empruntés à la clientèle dè son père, à celle de Trousseau, de Gubler, de Ménière, et il conclut : (( Ainsi donc, l’otite n’est pas une complication rare de la rougeole, et nous pensons que, si on y apportait plus d’attention, on en trouverait plus souvent. »

Les catarrhes et même les hypertrophies tonsillaires^ , si fréquentes à la suite de la rougeole, n’avaient pas échappé au remarquable esprit d’observation de Lasègue. « Les amygdales, dit-il, participent essentiellement à l’affection ; elles augmentent de volume et restent souvent tuméfiées et irritables ». Comparant ces reliquats durables à la réaction symptomatique si bruyante mais en général si passagère de la scarlatine, il ajoute : « Autant la scarlatine avait de véhémence, de tumulte et

1. Voir volume V, p. 20. — 2. Voir volume V, p. 22. — 3. ■ Voir Lasègue, volume V, p.l3. Les catarrlies dont parle l’auteur et l’altération de la santé générale sont surtout le fait des végétations adénoïdes. Il a constaté la perturbation de l’état général sans voir la cause.

EXPOSÉ SYNTHÉTitjUE

de désordre à ses premières comme à ses secondes manifestations, autant la rougeole est insidieuse et tenace... Le morbilleux, réputé guéri, peut garder des lésions qui se perpétuent et qui s’aggravent pendant

des mois et des années . Le médecin qui voudrait

écrire une histoire complète de la rougeole, en ne bornant pas, comme d’habitude, son enquête à la phase éruptive, en ne la circonscrivant pas, comme j’ai dû le laire, dans une région limitée, et en prolongeant indéfiniment l’observation des malades, aurait à dérouler un des tableaux les plus saisissants de la pathologie. » En effet, en dehors des tuberculoses locales ou pulmonaires, cette fièvre exanthématique est, comme on le sait aujourd’hui, une cause des plus fréquentes de ces végétations adénoïdes dont l’influence délétère s’étend si souvent à tout l’organisme.

B. — Déterminations pharyngées de la scarlatine

Excellents cliniciens, observateurs minutieux et attentifs, et ayant affaire du reste ici à une fièvre exanthématique dont les déterminations pharyngées sont des plus manifestes et souvent des plus bruyantes, les grands épidémiologistes des époques précédentes nous ont laissé, sur l’angine scarlatineuse, des notions très précieuses par leur netteté et par leur abondance. Le champ avait certainement été défriché, et même on y avait recueilli de riches moissons ; mais il serait exagéré de dire que la question avait été épuisée.- Non seulement il fallait rectifier la méprise de Fothergill ^ et de quelques autres, qui confondaient, avec la scarlatine sans

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