‹ Histoire des maladies du pharynx. Vol. VChapitre 120 sur 137 · II. — TUMEURS DU PHARYNX (V^ Volume · texte numérisé non relu

II. — TUMEURS DU PHARYNX (V^ Volume

L’étude des tumeurs du pharynx n’a commencé vérita-

1. Voir volume V, p. 462. — 2. Voir volume V, p. 462. — 3. Voir volume V, p. 464. — 4. Voir volume V, p. 468. — 5. Voir volume V, p. 470. — 6. Voir son traité des angines.

EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

blement qu’à une période assez avancée de la période que nous étudions ; on doit même noter que les travaux d’ensemble, c’est-à-dire les monographies 1, ont eu une apparition des plus tardives, de telle sorte que les matériaux à utiliser se réduisent en réalité à des observations éparses, souvent fort intéressantes il est vrai, mais dont on n’avait pas encore tiré le parti désirable. D’ailleurs,^ malgré l’opération proposée par Malgaigne^ (pharyngotomie sus-hyoïdienne) que nous nous bornerons à citer, les interventions n’étaient guère possibles à une époque où la technique opératoire générale (asepsie, hémostase, anesthésie) n’avait pas encore subi les perfectionnements actuels. Il y a deux manières de classifier les néoplasmes de l’organe. On peut, à l’exemple deMikulicz, les répartir suivant qu’ils occupent la région supérieure, moyenne ou inférieure du pharynx, ou bien les grouper suivant qu’ils appartiennent au voile, à l’amygdale ou au pharynx proprement dit, ces différentes régions jouissant d’une certaine indépendance anatomique et physiologique. Les deux méthodes peuvent également se détendre; nous avons admis la seconde parce qu’elle correspond mieux aux désignations employées par les divers observateurs et à la marche même des connaissances sur ce point important de la pathologie pharyngée.

A. — Tumeurs du voile

En 1844, Vidal de Cassis^ communiqua à la Société de chirurgie un cas de tumeur du voile dont la structure

1. Les thèses de Python, de Passaquay, Parlicle de Kônig dans la chii-urgie de Pitha et Billroth sont postérieures à 1860. — 2. En somme c’était surtout un intéressant exercice de médecine opératoire. — 3. Voir volume V, p. 487.

TUMEURS DU VOILE

anormale intrigua fort la docte assemblée, sans qu’elle pût arrivera une conclusion ferme ^ ; mais, sur ces entrefaites, Lebert ayant fait connaître l’adénome, lorsque Michon^ communiqua un cas célèbre à cette même Société de chirurgie vers 1851, la nature du mal fut cette fois-ci reconnue.

Nélaton fît alors remarquer à Michon qu’il avait oublié de parler de ses droits d’antériorité. En 1887, en effet, ils avaient examiné ensemble avec Récamier ^ une religieuse qui était atteinte d’un néoplasme staphylin de cette nature, que Nélaton opéra avee succès. Un peu plus tard , ce dernier rencontra un nouveau cas 4, sur lequel il fît une leçon, mais sans réussir à attirer, comme le fît plus tard Michon, l’attention du public médical sur le sujet. Velpeau^, Marjolin 6, Laugier'^ en firent bientôt connaître de nouvelles observations. Rouyer^ composa sur le même sujet un important mémoire communiqué à la Société de chirurgie et souvent cité par les contemporains, mais qui n’a pas été publié. Puis vinrent les faits de Letenneur^, de Felizet^o (remarquable par la consistance dure et la structure fibreuse de la tumeur). Voici comment on peut résumer l’idée que se faisaient les contemporains de cette sorte de néoplasme : tumeur assez ferme, bien enkystée, facile par conséquent à énucléer, ne gênant que par son volume qui peut devenir considérable, n’amenant qu’une réaction symptomatique pour ainsi dire purement mécanique. On les considérait depuis Lebert, Robin etDenucé qui avaient pratiqué leur examen histologique, comme

1. Voir volume V, p. 493, un cas semblable de Gosselin. — 2. Voir volume V, p. 487 et surtout p. 497 (id.). — 3. Voir volume V, p. 490. — 4. Voir volume V, p. 492. — 5. Voir volume V, p. 498. — 6. Voir volume V, p. 498. — 7. Voir volume V, p. 499. — 8. Voir volume V, p. 350. — 9. Voir volume V, p. 504. — 10. Voir volume V, p. 505.

des adénomes. Mais cette opinion fut fortement ébranlée par Coynel. Celui-ci, sur une pièce enlevée à un malade deDesprès, constata qu’il s’agissait d^un sarcome. C’était comme une sorte de prélude aux discussions sans fin, qui se sont élevées sur la signification de ce genre de tumeur. Dans son excellente thèse, parue en 1873, Python^ a très bien résumé les travaux de l’époque. Il regarde encore les tumeurs mixtes comme d’origine glandulaire (adénomes).

Les papillomes ne sont connus que depuis la communication de Verneuil ^ àla Société anatomique, en 1858. Dès lors, leur forme pédiculée, leur allure bénigne et leur faible réaction furent signalées. VidaD, Guéneau de Mussy^ et Nepveu® en publièrent de nouveaux exemples peu après. On possède, de la période que nous étudions, quelques cas de myxome'^, de fibrome®, de lipome®, de kyste dermoïde ^0 et de cancer mais qui ne fixèrent pas l’attention du public médical, de telle sorte qu’ils restèrent comme oubliés, du moins pendant un certain temps.

B. — Tumeurs de l’amygdale

Jusqu’en 1875, les seuls néoplasmes connus des tonsilles palatines furent pour ainsi dire les cancers, dont Velpeau'- semble avoir fait la première mention. Chose remarquable, il ne se contenta pas de connaître la nature de l’affection à laquelle il avait affaire, mais pratiqua une

1. Voir volume V, p. 508. — 2. Voir volume V, p. 509. — 3. Voir volume V,p. 510. — 4. Voir volume V, p. 512. — 5. Voir volume V, p. 512. — 6. Voir volume V, p. 512. — 7. Voir volume V, p. 515. — 8. Voir

volume V, p. 516. — 9. Voir volume V, p . 518. 10. Voir volume V,

p. 517. — 11. Voir volume V, p. 520. — 12. Voir volume V, p. 5:!4.

TUMEURS DE l’amYGDALE

intervention, qui aurait été heureuse sans des accidents infectieux très fréquents à l’époque. Peu après, Warren i, en Amérique en faisait connaître un cas intéressant ; et Valleix utilisant ces deux faits, traçait, dans son traité du médecin praticien, un tableau assez fidèle de l’affection. L’observation de Lobstein ^ semble se rapporter à une métastase sarcomateuse d’un cancer du fémur droit. Lebert^, Schaw®, Dufour® en publièrent d’autres faits, ainsi queMarsdeP, qui leur est postérieur. Mais la meilleure étude sur la question est due à Lasègue®, qui eut le mérite d’insister sur une forme lente, à allure longtemps bénigne, à laquèlle il donna, sans raisons bien marquées, le nom d’épithélioma. Le cas d’Erichsen^ semble avoir été un squirrhe de l’amygdale gauche. Vers la fin, les néoplasmes amygdaliens de la leucocythémie et les lymphosarcomes tonsillaires furent tirés de l’obscurité. Polland résuma fort bien les notions de l’époque sur les cancers amygdaliens.

Quant aux tumeurs bénignes, si on en excepte l’hypertrophie amygdalienne qui a été décrite autre part, tout se bornait à un cas de lipome amygdalien opéré par Verneuil.

Comme nous l’avons dit autre part, l’histoire des tumeurs du pharynx proprement dit n’est, jusqu’en 1875,

que celle des polypes naso-pharyngiens^2 Etant donné

1. Voir volume V, p. 526; voir aussi Fano, p. 527. — 2. Voir volume V, p. 527. — 3. Voir volume V, p. 528. — 4. Voir volume V, p. 530. — 5. Voir volume V, p. 530. — 6. Voir volume V, p. 531. — 7. Voir volume V, p. 531. — 8. Voir volume V, p. 532. — 9. Voir volume V, p. 539. — 10. Voir volume V, p. 543. — 11. Voir volume V, p. 541. — 12. Si l'on excepte les néoplasmes cancéreux du cavum, dont il a été dit

EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE

que les auteurs du xviii® siècle avaient déjà fait beaucoup avancer la question, nous n’insisterons que sur les notions qui appartiennent véritablement à la période que nous étudions*. L’étiologie des fibromes restait toujours dans le vague ; mais on ne tarda pas à mettre en relief deux conditions importantes de leur développement, c’est-à-dire l’influence du sexe masculin et celle de la puberté, le néoplasme ne se rencontrant pas à un âge plus avancé. De plus, Nélaton montra que l’insertion pour ainsi dire exclusive était la voûte du cavum, opinion que Gosselin et Robert essayeront de contredire. La structure si nettement fibreuse souleva quelques discussions à propos de la présence ou l’absence de vaisseaux à l’intérieur. Un grave problème se posa bientôt, celui de la dégénérescence cancéreuse des polypes naso-pharyngiens, acceptée par les uns, rejetée par les autres. Mais ce qui progressa' surtout, ce sont les méthodes d’intervention. Si les procédés de destruction (arrachement, cautérisation, rugination, électrolyse, etc.) laissèrent longtemps à désirer, à cause de leur insuffisance (d’où possibilité de récidive) et des accidents hémorragiques ou septiques dont trop souvent ils s’accompagnaient, les méthodes artificielles d’accès- (si on en excepte certaines

quelques mots dans la première partie, tout se réduisait, en dehors desi fibromes du naso-pharynx, aux quelques indications fournies par Busch (über retro-pharyngeal Geschwülste, Charité Annalen, 1857) et Wünsche {Uber retro-pharyngeal Geschwülste. Thèse de Lepsig, 1864), que Kônig a utilisées dans son article de la chirurgie de Pitha et Billrotb, t.III, p. 32) sur le même sujet. C’est une sorte de caputmortuum de tumeurs à sièges très divers (parois pharyngées, tissu cellulaire rétropharyngien,. ganglions rétropharyngien^, colonne vertébrale) et de la nature du

fibrome, du sarcome, du myxome, du chondrome (un cas de Busch).

1. Voir volume II, p. 357. — 2. Voir volume I, les tentatives d’Hippocrate, et volume II, p. 368, celles de Manne, l’instigateur de la vom palatine.

FIBROMES NASO-PHARYNGIENS

tentatives très isolées et en général insuffisantes des époques antérieures) furent véritablement créées au XIX® siècle. Trois grandes voies furent adoptées : la voie palatine, adoptée surtout par Nélaton* ; 2“ la voie nasale avec ses procédés d’auvent nasal latéral (Chassaignac Legouest 3^ Denucé ^), d’auvent nasal supérieur (Langenbeck), d’auvent nasal inférieur (Ollier^) ; 3° la voie maxillaire, soit par résection définitive (Syme 6, Flaubert’^), soit par résection temporaire (Huguier ^ et Langenbeck 9). Des questions assez oiseuses de priorité s’élevèrent entre les Français et les Allemands. Les premiers (Chassaignac, Huguier) conçurent théoriquement les différents temps de l’intervention, mais aux seconds revint le mérite d’avoir appliqué tout d’abord l’intervention sur le vivant.

Les sarcomes du cavum passaient surtout pour des dégénérescences cancéreuses des polypes nasopharyngiens ; mais les cliniciens avaient déjà signalé des cancers primitifs, et on tendait à rattacher à ceux-ci les soidisant fibromes observés chez les femmes.

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