V. — CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
Les dimensions assez vastes du pharynx, sa puissante musculature striée, l’impulsion énergique que la contraction du mylo-hyoïdien imprime longtemps au bol alimentaire expliquentpourquoi, contrairementàl’œsophage, les corps étrangers 1 tant soit peu volumineux s’arrêtent exceptionnellement dans la cavité de cet organe. Or ceci est heureux ; car, le pharynx étant un carrefour commun pour les voies digestives et les voies aériennes, un accident de ce genre détermine non seulement de la dysphagie, mais des phénomènes d’étouflPement fort graves, -'Comme le démontrent les faits anciens de Bartholin, de Fabrice de Hilden, de Muys^, et de quelques autres, aux époques précédentes. Dans l’observation de Habicot, latrachéotomie sauva un jeune homme qui avait avalé quelques pièces d’or pour les dérober. C’est la conduite à tenir en effet en pareille circonstance, quand on a le temps. Les , vieillards un peu déments et parésiés, les aliénés voraces sont principalements sujets à ces sortes d^obstruction du gosier, presque toujours rapidement mortelles. Le plus souvent, il y a arrêt dans la partie la plus rétrécie de l’organe, c’est-à-dire au niveau du cartilage cricoïde.
Les esquilles d’os, les arêtes de poissons, en se fichant dans les parois pharyngées, déterminent des phénomènes d’irritation tenaces, des suppurations prolongées, des accidents de dysphagie qui épuisent les malades à la longue et peuvent faire penser à des affections beaucoup plus graves. Il en a été parlé lors de l’angine phlegmoneuse dont elles sont un des facteurs. Hévin,