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Comme les ecchymoses de la peau

2. Schech (Traité) et Wertheimer ont insisté, il y a quelques années, sur ces ulcères scorbutiques de mauvais aspect, qui ont pour siège principal les tonsilles.

ANGINES TOXIQUES

pharyngées plus ou moins intenses. L’action des solanées vineuses, plutôt fonctionnelle que phlegrnasique, avait été signalée depuis fort longtemps. Au cours du XVII® et du XVIII® siècles, on incrimina les poussières et les gaz irritants. Les ouvriers qui travaillaient dans les fosses d’aisance savaient que, parmi les phénomènes curieux qui caractérisent la mitte (intoxication par les gaz ammoniacaux et sulfhydriques), il y avait parfois, en outre de l’irritation oculaire et de l’enchifrènement, une certaine gêne de la déglutition avec sensation de tuméfaction du gosier. A mesure que l’industrie chimique se développait, les accidents professionnels du côté du gosier allèrent en se multipliant; mais ce n’est pas dans les traités de pathologie et chez les nosographes qu’il faut aller chercher quelques maigres renseignements, c’est dans les Annales d’hygiène où sont des mémoires fort intéressants sur différentes sortes d’affections professionnelles, signalant parfois des phénomènes d’intolérance du côté de la gorge. Les thérapeutes ne tardèrent pas non plus à reconnaître que^l’antimoine, que l’iode, l’ammoniaque, déterminaient parfois des perturbations pharyngées plus ou moins intenses.

Débutons par les plus connues de ces pharyngites toxiques.

Angine mercurielle . — Le gonflement, l’hypersécrétion, la tuméfaction des amygdales et même la production d’ulcères avaient parfaitement été décrits par lés vieux auteurs, qui avaient dépeint sous de vives couleurs la position affreuse du malade en proie à une salivation intense, les dents déchaussées et branlantes, ne pouvant rien avaler et n’osant du reste malgré sa faim augmenter ses souffrances en prenant quelque aliment liquide ou

LÉSIONS INFLAMMATOIRES VULGAIRES

solide ^ . Vers la fin du xviii® siècle et au commencement du XIX®, les ennemis du mercure, et ils étaient nombreux, soutinrent que la doctrine funeste de la salivation à outrance causait un grand nombre des ulcères bucco-pharyngiens que l’on observe chez les syphilitiques D’autre part, la raison physiologique des désordres anatomiques observés fut donnée par Busch, Lobron, Audouard(/oM/’n. de chimie, 1843), qui soutinrent que le mercure s’éliminait par les glandes des muqueuses buccale et pharyngienne, opinion qui fut combattue, il est vraijp^r Bergeret, mais qui est maintenant hors de doute. Un peu plus tard, Kussmaul, dans un remarquable travail, admit l’existence d^une angine mercurielle chronique et d’ulcérations pharyngiennes d’un rouge cuivré, tenaces et fort semblables à celles que détermine la vérole.

Angine stibiée. — Mis en vogue par Paracelse et par ses élèves proscrit par le parlement de Paris sur les instantes demandes de la Faculté, remis en faveur au xvii® siècle au grand scandale des docteurs régents, partisans des anciennes idées (Guy Patin), puis oublié, recommandé parRasori comme l’élément essentiel de la médication contro-stimulante, Fantimoine était devenu entre les mains de Laennec, de Trousseau, de Louis, de Rayer, de Grisolle, l’agent presque unique du traitement des phlegmasies pulmonaires. On Fadministrait, à doses refractéesil est vrai, en quantité considérable. Or Fantimoine est un irritant, et, quand il n’était pas employé sous la forme de pilules, il faisait bientôt sentir sur le pharynx son

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