Ces localisations sont bien d'allure vénérienne
LÉSIONS INFLAMMATOIRES NODULAIRES
sujet que Hunter avait insisté sur l’indolence habituelle de ces altérations morbides. La symptomatologie est empruntée à Bell, notamment en ce qui concerne les troubles auriculaires. Le diagnostic différentiel avec l’ulcère scorbutique est pris dans Fabre : « Les ulcères vénériens commencent ordinairement par attaquer les amygdales et s’étendent successivement jusqu’aux gencives, au lieu que, dans le scorbut, les ulcères commencent par les gencives et parviennent successivement jusqu’aux amygdales ; en ce qui concerne les ulcères véroliques, ceuxci sont bornés, circonscrits, ordinairement ronds et n’occupent que certains endroits, au lieu que les ulcères scorbutiques s’élèvent et produisent des chancres fongueux ; . . . les ulcères véroliques ont. les bords rouges et le fond grisâtre, au lieu que les scorbutiques sont toujours entièrement livides, enfin . ulcères véroliques sont accom¬
pagnés ou précédés de quelques autres signes de vérole et ...les scorbutiques le sont des signes du scorbut. »
L’article Syphilis du Dictionnaire en soixante volumes, n’ofîre rien d'intéressant sur le sujet ; il en est de même du Traité d’ALiBERT, le créateur du terme de syphilide, qui sera désormais employé pour toutes les lésions du revêtement cutané et du tégument interne.
Cet auteur déclare que les syphilides, quel qu’en soit le siège, peuvent parfois survenir avant le chancre apparent, mais que ces cas sont extrêmement rares et qu’en définitive. elles sont, comme l’avait dit Hunter, un des principaux attributs de la syphilis constitutionnelle.
Dans sa Pathologie interne, Raquin compte parmi les accidents secondaires « certaines phlegmasies muqueuses qui, sans être aussi caractéristiques que les syphilides (cutanées), n’en ont pas moins, elles aussi, une essence
SYPHILIS
spécifique et présentent généralement dans leur aspect •et leur allure quelque chose de plus ou moins suspect, de plus ou moins propre à trahir la nature du mal ; ce sont le plus souvent des phlegmasies ulcéreuses, en un mot des vrais chancres tels que ceux que l’on voit si souvent se développer à l’intérieur de la gorge C’est parfois aussi, mais à titre d’accident bien moins commun, une sorte aridité érythémoïde plus ou moins incommode, qui se fait particulièrement remarquer dans les fosses nasales, la bouche et le pharynx. »
Dans les éditions nombreuses de son ouvrage sur les maladies vénériennes, qui, du simple aide-mémoire, s’est transformé peu à peu en un véritable Traité, Lagneau s’est toujours montré un disciple fidèle de Hunter et de Bell. Il a su résister aux hérésies du physiologisme de Broussais, •comme le lui reproche Devergie. Voici ce qu’il dit (p. 305) des ulcères vénériens de la gorge dans l’édition de 1812. Ces ulcères se développent le plus souvent au gosier, à la face des joues et sur la langue, mais quelquefois aussi ils paraissent aux parties génitales (pmZcc, scrotum). L’apparition des ulcères gutturaux est précédée pendant quelques jours par un sentiment de gêne dans l’arrière-bouche-, que le malade prend souvent pour une de ces angines éphémères produites par l’exposition au froid ; mais, quand, après ce temps, la persévérance de la douleur porte à examiner la gorge, on est surpris d’y voir une ou plusieurs ulcérations. Toutes les régions de l’arrière-bouche peuvent en être affectées : les amygdales, les piliers, le voile et la voûte palatine, la paroi postérieure du pharynx, •etc., mais les tonsilles en sont le siège le plus fréquent.