THOUVENIN
Le fait suivant dû au docteur Thouvenin, de Voulzie, démontre qu’en abaissant la racine de la langue et en provoquant en même temps le vomissement, on peut, en faisant contracter ainsi le pharynx, après avoir élargi le passage, se débarrasser assez aisément de corps étrangers dont l’extraction paraissait tout d'abord assez difficile [Bull. Soc. chir..^ 1875).
« Le 29 juillet 1875, une enfant de neuf ans fut amenée au docteur Thouvenin dans le but d’extraire un sou queuette jeune fillette avait avalé cinq heures auparavant. La petite malade avait l’air très inquiet; pourtant elle déclarait qu’elle ne souffrait pas beaucoup et qu’elle n’était même pas très gênée. La respiration était naturelle, la voix n’était pas altérée et la déglutition des corps liquides restait facile. L’enfant, interrogée sur le siège du corps étranger, indiquait invariablement avec le doigt la partie supérieure du cou. La palpation externe, l’introduction du doigt jusqu’à l’orifice de la glotte ne révélaient aucun obstacle. Une sonde flexible terminée par une petite olive fut aussi introduite jusque dans l’estomac sans rencontrer le moindre obstacle. C’était à faire douter de la réalité du fait de la pénétration du corps étranger. Mais la petite malade était très affirmative dans ses réponses et dans l’indication du siège de la douleur qu’elle ressentait ; d’autre part le docteur Thouvenin, éclairé par le fait publié la même année par Guyon (sou dans l’œsophage), pensa que le corps étranger était retenu au niveau de l’isthme cricoïdien et disposé verticalement à plat le long de 'la paroi de la cavité pharyngienne. Il fit incliner la tête de l’enfant en avant, déprima avec l’index la base de la langue et provoqua en même temps par le chatouillement le vomissement. Le sou fut rapidement expulsé au dehors. »
CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
Le fait suivant d’uae plaque supportant des dents artificielles, ayant séjourné cinq mois dans le pharynx, prouve que parfois, malgré la situation gênante des corps étrangers du pharynx, ceux-ci sont bien supportés. Voici l’analyse qu’en donne la Gazette hebdomadaire de 1866.
« M.Geoghégan, chirurgien du City of Dublin hospital, fut consulté par un homme de soixante ans, se plaignant d’une afifection laryngo-pharyngienne, qu’il croyait être le début d’un cancer.
«D’après le malade, cinq mois auparavant, il fut saisi pendant qu’il était au lit, d’une grande difficulté dans la déglutition et la respiration, accompagnée de salivation, de toux convulsive et d’efforts de vomissements. Les symptômes s’amendèrent ensuite, mais le malade cessa de pouvoir prendre autre chose que des aliments liquides.
« En examinant la gorge, on ne voyait qu’une vascularisation très marquée; mais le doigt, enfoncé jusqu’à l’épiglotte, rencontrait un corps étranger dur qui occupait toute la largeur du pharynx. Un cathéter enfoncé à ce niveau donnait un son métallique lorsqu’il rencontrait le corps étranger. Interrogé avec soin, le malade niait avoir avalé aucun corps solide, lorsqu’il se rappela qu’un jour il n’avait plus trouvé au réveil son dentier artificiel, qu’il avait supposé à cette époque avoir été jeté par mégarde par son domestique.
« A l’aide des doigts et de pinces à polypes, le docteur Geoghégan parvint à retirer le corps étranger. C’était une plaque de gutta-percha, ayant toute la largeur de l’arcade dentaire, portant cinq dents artificielles et cinq échancrures répondant à cinq dents naturelles sur lesquelles appuyait le dentier. La plaque avait cinq centimètres de largeur et pesait six grammes. Tout accident cessa après l’extraction. »