I. — ANGINE SIMPLE AIGUË
La vieille compréhension du terme angine, qui, comme synanche, en grec, signifie en latin étrangler, continua à être acceptée par la majorité des auteurs, du moins dans toute la première décade du xix® siècle L L’ambiguïté de cette appellation suscita quelques opposants parmi lesquels Roche, Valleix qui préconisèrent le mot pharyngite comme plus net et plus explicatif 2. Du reste, la séparation des angines en deux grandes classes : maladies gutturales et maladies laryngées, déjà nettement esquissée à la période gréco-romaine, notamment dans Galien, et accentuée de plus en plus au xviii® siècle, était devenue, dès le début de la période que nous étudions, classique.
Comme nous l’avons dit plus haut, toute une série d’espèces morbides se séparèrent, à l’époque que nous
1. Voir volume I pour les anciens et pour le xix® siècle, p. 12 et 14. Dans le Dictionnaire en 60 volumes, on admet des angines pouvant occuper soit les voies digestives, soit les voies respiratoires. On distingue nettement ces deux variétés. C’est de la confusion inhérente à ce terme d’angine qu’est dû son emploi à une affection toute différente, l’angine de poitrine, parce que celle-ci s’ accompagne d’une forte oppression.
2. Voir Dictionnaire en 15 volumes, article Angine, et volnme IV, p. 44.
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
étudions, de l’angine aiguë proprement dite^ : angine herpétique, rhumatismale, érysipélateuse, gangreneuse vraie, diphtérique, sans compter la phlegmoneuse qui en avait été depuis longtemps distinguée anatomiquement et cliniquement. Bien qu’ainsi démantelée, l’angine simple aiguë était encore bien trop compréhensive pour n’avoir point à subir quelques divisions. Les unes furent basées comme autrefois sur la topographie. C’est ainsi que Lasègue, par exemple, distingue soigneusementl’isthmite et la pharyngfite^. En effet, cette dernière, bien qu’elle soit souvent une simple propagation de l'amygdalite, par exemple, résulte bien fréquemment aussi d’une rhinite ou d’une adénoïdite, laissant indemne les tonsilles palatines, au moins dans beaucoup de cas. L’isthmite pouvait, disait-on, être totale ou partielle, c’està-dire occuper isolément le voile, les amygdales ou la base de la langue (glossite de la base 3). La pharyngite à son tour se répartissait en supérieure ^ et en inférieure, suivant le siège qu’elle occupait. Rappelons ici que Sachse avait décrit, vers 1820, de véritables épiglottites de la face antérieure du cartilage.
La forme catarrhale^ avait été depuis longtemps mise
1. Cette tendance est visible dans Boerhaave et Sauvage(voirvolume II). Pinel, au contraire, s’était montré uniciste (Voir p. 12 et 14).