L’idée du catarrhe caractérisé par l’existence d’i
réaction inflam-
ANGINE AIGüE SIMPLE
en contraste avec la forme inflammatoire parenchymateuse. Les Allemands surtout insistèrent sur l’importance delà profondeur des lésions, superficielles dans un cas. interstitielles dans l’autre, distinction sur laquelle, suivant Bamberger, reposerait la pathologie pharyngée tout entière. Une autre classification, basée sur l’anatomie pathologique, était celle des angines érythémateuses sèches et des angines sécrétantes, des angines rouges et des angines blanches, des angines œdémateuses ^ . Cliniquement, Rilliet et Barthez s’étaient contentés de diviser les angines simples aiguës en bénignes et en malignes. A ce propos, disons que les épidémiologistes avaient depuis longtemps remarqué qu’aux époques, où sévissait la diphtérie par exemple, certains sujets, dans des foyers familiaux, ne contractaient qu’une phlegmasie d’apparence vulgaire ; de là l’idée émise par beaucoup de bons auteurs, notamment par Trousseau, que cellesci pouvaient être l’équivalent de la diphtérie classique, qu’elles pouvaient transmettre du reste sous ses formes habituelles. Pour expliquer certaines variétés inflammatoires violentes, ataxiques, adynamiques, septiques, aboutissant souvent à la gangrène, si le mal avait le temps d’évoluer, certains admettaient qu’au facteur morbide ordinaire s’en ajoutait un autre, élément de malignité
matoire modérée et d’une sécrétion abondante est aussi ancienne que la médecine. Son origine humorale (Hippocrate, Galien) est bien connue ; au xviœ siècle, l’école de Vienne (HoËfmann, Stoll) lui donnèrent un regain de vie. Pour beaucoup, l’angine catarrhale n’était que l’angine légère. D’autres attribuèrent la plupart des phénomènes de cette nature à la grippe.
1. Les angines œdémateuses signalées par Boerbaave, Cullen, Moutard- Martin (p. 14) et quelques autres, furent étudiées ensuite, vers 1850, en Allemagne, et regardées comme une entité morbide spéciale, tandis que d’autres y voyaient une variété spéciale d’angine pituiteuse (catarrhale), dont elles constitueraient une sorte de déviation par exagération. Plus tard, on verra surtout dans l’œdème pharyngé un trouble angionévrotique apparenté à l’urticaire (Lasègue).
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
qu’on observerait dans les angines épidémiques, dans la scarlatine, la fièvre typhoïde, la variole, etc., et sur la nature duquel on déclarait rester dans l’ignorance la plus complète. Les anciens, moins embarrassés, affirmaient qu’il y avait alors échauffement, corruption ou mélange d’humeur peccante ; quant à la distinction fondamentale en angines primitives et en angines secondaires, elle était implicitement contenue dans beaucoup des écrits des siècles précédents L Elle devint classique au xix® siècle ; Rilliet et Barthez insistent beaucoup sur ce point.
Très vague même actuellement où l’on n’a pu faire jusqu’ici une part exacte entre le terrain et les microorganismes envahisseurs, l’étiologie était bien plus confuse encore, et pour cause, chez nos prédécesseurs. Ils s’en tenaient aux énumérations banales de leurs devanciers, tels que refroidissement, mets trop chauds ou irritants, poussières, marche contre le vent, gaz et vapeurs irritants, troubles menstruels ou hémorrhoïdaires, dans lesquels la congestion, se déplaçant, venait faire sentir ses effets sur le pharynx. Parfois on invoquait des conditions climatériques plus ou moins obscures en dehors du froid, pour expliquer certaines épidémies, surtout catarrhales 2 ; quelques-uns se résignaient même à invoquer la contagion 3.
1. Cette opinion était courante chez les partisans des idées hippocratiques aux XVII® et xviii® siècles. Elle relève de rhumorisme. Les Arabes signalent souvent des fièvres aggravées par un élément putride (Rhazes,
A vicenn es). Barthez, au milieu du xix® siècle, admettra encore que la diphtérie maligne résulte de l’addition au virus diphtérique d’un facteur septique (p. 482).
2. Ces idées étaient basées, surtout, sur les faits observés en temps d’épidémie de grippe ; celle-ci commença peu à peu à se détacher de l’ensemble confus des phlegmasies vulgaires (Voir volume II).
3. L’idée des constitutions climatériques date d’Hippocrate ; on faisait,^^ d’autre part, jouer au génie épidémique un grand rôle dans la nature et
ANGINE AIGUE SIMPLE
Néanmoins l’étude des faits paraissait démontrer à quelques-uns que tout cela ne suffisait point et qu’il fallait invoquer une prédisposition générale de l’organisme résultant surtout d’une diathèse héréditaire ou acquise, la scrofule mais pouvant être déterminée aussi par la déhilité,, l’épuisement, un facteur morbide inconnu-, ou bien encore par une prédisposition locale résultant d’une attaque antérieure d’amygdalite^. On s’expliquait ainsi pourquoi l’on pouvait, dans des circonstances identiques, contracter une angine ou demeurer indemne.
Faute d’autopsie ou d’expérimentation sur les animaux, l’anatomie pathologique de l’affection, encore fort mal connue maintenant^, sinon par comparaison et induction, faute d’investigations cadavériques, était pour ainsi dire nulle dans les deux premiers tiers du xix® siècle, sauf en ce qui concerne les lésions grossières, visibles à l’œil nu, étant donnée la situation relativement superficielle du pharynx, telles que congestion, œdème, dépôts pultacés ou fibrineux. La distinction entre les amas de
le caractère des affections, pendant la renaissance et les temps modernes. Le caractère contagieux de certaines angines est déjà affirmé par quelquesuns, au XIX® siècle. L’épidémie de Là Ciotat, celle du département du Lot (épidémie de Condom), etc., semblèrent mettre le fait hors de doute. Son authenticité est acceptée par Blache et Chomel. Voir p. 19.