Voir p. 655, volume IV
2. Vers 1860, les Anglais commencèrent à incriminer sérieusement les vidanges défectueuses, les canalisations d’égout imparfaites, car ils avaient observé que certaines maisons, certains quartiers mal tenus étaient particulièrement frappés par des angines gutturales simples et surtout septiques.
3. Le fait avait été signalé dans la période gréco-romaine. Pour l’amygdalite, il a été parfaitement mis en lumière parles auteurs du xviii' siècle. Au XIX' c’était une notion devenue classique.
4. Comme le disait Morgagni, l’angine n’étant pas, en général par elle-même, une maladie mortelle, on ne peut profiter que de quelques coïncidences bien rares, où les processus morbides ne sont pas à l’état de pureté et encore cela n’ arrive-t-il qu’à une période avancée du mal.
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
cellules épithéliales et de mucus concrété sur ks amygdales par exemple et les fausses membranes proprement dites avait été indiquée avec le plus grand soin par Bretonneau, par Trousseau S etc. Les petites érosions ou les ulcères superficiels, légèrement anfractueux, succédant à l’évacuation de petits abcès amygdaliens, avaient été notés; on les distinguait des trous béants résultant de l’orifice élargi des cryptes tonsillaires.
Deux tendances divergeantes se font jour h l’époque que nous étudions. Lesuns, frappés par un ensemble de phénomènes plus ou moins inquiétants, tendentinconsciemment il est vrai, à faire de l’angine l’équivalent d’une maladie générale. C’est pourquoi ils insistent, non seulement sur la présence habituelle de la fièvre, mais sur l’apparition, dès le début du mal, de symptômes généraux plus ou moins accentués 2. Les autres, plus fidèles aux théories de Broussais 3, ne virent dans l’angine qu’une pharyngite à réaction locale ou générale plus ou moins vive c’est-àdire qu’une inflammation banale, occupant un siège bien précis, et n’intéressant nullement, sauf quelques cas exceptionnels, l’ensemble de l’économie.
1. On trouve dans le Guide praticien, de Valleix, dans V Anatomie pathologique de Gruveilhier, dans le Traité des affections pseudo-membraneuses de Laboulbène, le Manuel d' anatomie pathologique de Gornil et Ranvier, 1™ édition, dans celui d’Andral, des considérations intéressantes sur les lésions de l’angine pultacée.
2. Les bumoristes antiques avaient ébauché la doctrine des maladies locales dues à des causes générales (arrêt ou corruption des humeurs) ; au XVIII' siècle, l’école vitaliste de Vienne esquisse l’étude des angines bilieuses, etc. D’autre part, les épidémies de grippe semblaient démontrer que lés déterminations pharyngées sont souvent reliées à d’autresdésordres morbides.
3. G’était la conception organiciste (Bichat, Louis, Broussais, etc.) ; mais même avec les doctrines du physiologisme, l’angine n’était, bien souvent, qu’une propagation, un retentissement des lésions à distance, surtout de la fameuse gastro-entérite.
ANGINE AIGUE SIMPLE
La rougeur, la chaleur, la douleur, la tuméfaction, les symptômes cardinaux de l’angine, ainsi que de toute phlegmasie aiguë, avaient été déjà bien mis en évidence par les anciens. Les nuances consistant dans la variété de la rougeur 1 par exemple, de la sécrétion, delà douleur-, de la tuméfaction seront signalées plus tard, à propos des variétés cliniques.
Mais c’est ici que nous croyons devoir insister sur les progrès qui avaient été effectués du côté de la pathologie du cavum. Les poussées aiguës de pharyngite chronique avaient été entrevues déjà, il est vrai, par certains auteurs (Boisseau^, Tardieu^, etc.), mais le catarrhe aigu du cavum ne fut décrit nettement qu’à partir de 1860, grâce à l’emploi de la rhinoscopie postérieure. Lasègue ^ en donnera une description excellente, qui s’adapte en grande partie à l’adénoïdite, bien qu’il ignore manifestement l’existence des végétations du naso-pharynx. La pharyngite inférieure® reste beaucoup plus dans le vague. Cependant, on trouve cités çà et là des abcès
1. Broussais a très nettement indiqué l’existence d’une angine érythémateuse à rougeur très intense, mais non sécrétante, c’est-à-dire purement hypérémiqne. Billard se borna à dire que la congestion pouvait être prise pour une angine.
2. Des angines ti*ès douloureuses pouvant, malgré la bénignité relative des lésions locales, faire beaucoup souffrir le malade ont été signalées à cette période. On signala même des cas à apparence nettement névralgique déterminant parfois des symptômes caractéristiques du côté du trijumeau. Mais les douleurs très intenses, avec réaction locale modérée, étaient regardées surtout comme caractéristiques des angines septiques, rhumatismales, érysipélateuses. On s’en défiait lorsque le sujeln'était pas évidemment un nerveux.