COLLECTIONS PURULENTES PÉRI-PHARYNGIENNES
s’ulcérant, le pus ferait issue dans le tissu cellulaire périamygdalien. Il l’envahirait sur une étendue plus ou moins vaste, mais tendrait toujours à gagner la région sus-amygdalienne, entre les deux piliers, immédiatement au-dessous du voile ; celui-ci serait rapidement intéressé et deviendrait le siège d’une tuméfaction très apparente, principalement au-dessus de la luette où le gonflement peut être énorme.
Les symptômes généraux, une fois la phase cryptaire terminée, seraient le plus souvent très intenses, analogues par leur violence aux phlegmasies les plus accentuées, telles que la pneumonie. Les signes locaux sont très marqués aussi. En outre d’une violente douleur, d’une dysphagie très pénible entravant la déglutition plus ou moins complètement, il y aurait rejet en dedans de l’amygdale, qui paraît ainsi plus saillante; de plus, la tonsille serait recouverte d une exsudation mince, opaline, surtout visible le long des piliers, et s’enfonçant plus ou moins nettement dans les cryptes. Au-dessus de l’amygdale existerait en outre une surface rouge, tendue, qui empiète sur le voile. Le plus souvent, il y aurait ouverture spontanée du côté du pharynx, mais ordinairement l’orifice de décharge resterait inaperçu. Quant à la fluctuation, elle serait peu nette à cause de la difficulté de l’examen dans une région si profonde. • Très souvent, du reste, le pus sortirait difficilement et à plusieurs reprises, au lieu de s’évacuer en une seule fois.
Ahcès rétro- pharyngiens. — Les abcès rétro-pharyngiens liés à des lésions gutturales n’ont été véritablement signalésqu’à une époque toute récente. Les anciens ^neconnaissaient quela variété due à une carie du rachis Ambroise
1. Voir Hippocrate, volume I. — 2. Voir aussi Galien, volume I.
EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
Paré^, J.-L. Petit 2 ne distinguèrent pas suffisamment ces collections de celles du voisinage. Desault Rousille- Chauseru^, Dupuytren®, Abercrombie^, Friou''. Mott^^ Forget Mandre-Dassit Bouvier se contentèrent d’en publier des cas certainement intéressants, mais qui restaient à l’état d’observations isolées. C’est à Fleming^'^ et surtout à Mondièresl^ que l’on doit en réalité la connaissance exacte de cette affection dontl’étude complète a été faite par Gillette. C’est à ce dernier que l’on est redevable de cette notion fondamentale que l’abcès rétro-pharyngien est le résultat de la fonte purulente de deux ganglionslymphatiques situés au niveau des deux premières vertèbres cervicales, glandes qui assez bien développées chez l’enfant, s’atrophient peu à peu chez l’adulte! Ainsi se trouvaient expliqués très facilement et le mécanisme jusqu’ici obscur de ces collections purulentes et leur présence presque exclusive dans le jeune âge (voir vol. IV, p. 158 et 159).
Mondières sépara nettement les abcès rétro-pharyngiens idiopathiques (liés à une affection gutturale) des abcès rétro-pharyngiens denteropathiques (carie de la colonne vertébrale, infection purulente, etc.) et les répartit en deux variétés : l’une aiguë, l’autre chronique.
En outre du siège qu’il a précisé avec beaucoup de netteté, cet auteur a bien mis en relief la douleur profonde, la dysphagie, l’existence d’une saillie plus ou moins con-
1. Voir volume IV, p. 115. — 2. Voir volume IV, p. 110. — 3. Voir note volume IV, p. 115. — 4. Voir volume IV, p. 116 — 5. Voir volume IV, p. 116. — 6. Voir volume IV, p. 117. — 7. Voir volume IV, p. 119. — 8. Voir volume IV, p. 119. — 9. Voir volume IV, p. 120. — 10. Voir volume IV, p. 122. — 11. Voir volume IV, p. 123. — 12. Voir volume IV, p. 126. — 13. Voir volume IV, p. 132. — 14. Certes, Flenning a nettement entrevu l’existence des abcès rétropharyngiens, dont il cite des cas fort intéressants ; mais son travail est loin d’avoir l’ampleur de celui de Mondières. Il ne s'agit en somme que de remarques cliniques à propos des faits observés.
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sidérable, lisse, arrondie au fond de la gorge, qui constitue un obstacle mécanique à la respiration et à la déglutition. Parfois il y aurait refoulement du larynx en avant ou bien oedème de l’épiglotte. Le cou deviendrait en certains cas le siège d’une tuméfaction apparente. Malgré l’existence d’un certain nombre de phénomènes communs entre cette affection et l’amygdalite aiguë suppurée, le diagnostic serait vite fait grâce à l’absence de tuméfaction des tonsilles ; mais la confusion avec le croup, éventualité signalée par Detmold, lui semble beaucoup plus difficile à éviter parce que le mal siège parfois très bas et qu’il se présente généralement chez des jeunes enfants dont la gorge est difficile à examiner, à cause de la petitesse des parties et de la résistance des malades. La continuité des accidents, qu’on ne constate pas dansla diphtérie, devrait mettre cependant l’esprit en éveil.
Gillette^ distingue, en outre des variétés à marche aiguë et chronique de Mondières, de l’abcès idiopathique et de l’abcès deuteropathique, une forme cii’conscrite et une forme diffuse. Le siège pourrait être supérieur, moyen ou inférieur; dans ce dernier cas, ces collections seraient souvent confondues avec celles qui occupent les parties postérieures de l’œsophage. Parfois Iranchement médians, ils sembleraient plus souvent latéraux, du moins au début. Cet auteur a insisté, plus que ne l’avait fait Mondières, sur le jeune âge des sujets, au moins dans la majorité des cas. Il a montré que le début pouvait être très insidieux ou rappeler celui d’une angine banale. Il a parfaitement décrit l’aspect variable de la saillie rétro-pharyngienne, sa consistance spéciale, et a indiqué le moyen le plus propre à s’assurer de l’existence de la fluctuation.