‹ Histoire des marais et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantesChapitre 38 sur 88 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

Embarras gastrique,

JLSEMBARRAS gastrique ne se fait pas reconnaître comme la gastrite $ dans les pays marécageux , par une grande sensibilité de l'épigastre , surtout aii toucher, par la soif, la rougeur de la langue et les vomissemens fréquens; mais bien par le dégoût, la langueur générale, une pesanteur de l'épigastre, l'absence de la soif, la largeur de la langue. Cette expression largeur de la langue est. juste; elle peint bien l'épanouissement et l'état de relâchement du tissu de cet organe. J'ai reconnu cet état à la langue de plusieurs malades de l'hôpital de Bourg; il a été observé souvent par M. Thimécourt , médecin de l'hôpital de Trévoux, qui trouva cette épithète fort exacte , lorsque j'interrogeai son expérience sur ce point. La céphalalgie frontale est un signe de peu de valeur; il manque quelquefois et se fait sentir dans la gastrite et l'embarras gastrique* à peu près de la même manière; mais quand il n'y a pas de fièvre , c'est une sympathie pathologique ordinaire à l'embarras gastrique» Les mal a-* des cherchent à réveiller leur appétit par des alimens et des boissons stimulans; alors l'irritation

2ÔO EMBARRAS GASTRIQUE.

augmente 4 les follicules muqueux commencent à fournir plus de mucosités , l'engorgement du foie s'aggrave {ou plutôt l'irritation s'étend au foie), la sécrétion de la bile devient plus abondante , et de nouveaux symptômes apparaissent. ( Leur cause n'est point la présence de la bile dans des organes irrités; ils sont enfantés par l'extension de l'irritation.) La céphalalgie frontale devient plus profonde ; un goût d'amertume , d'acidité, d'ceufs pourris, poursuit le malade, qui a les substances animales alimentaires en horreur, et désire les boissons froides et acidulés. Un cercle jaune verdâtre entoure les lèvres et les ailes du nez j l'estomac fait éprouver des douleurs plus ou moins fortes à quelquefois atroces , mais il est peu sensible à la pression. (M. Nepple voit dans cet état , non la gastrite , qui cependant est évidente* mais une rétention bilieuse.) Les nausées sont fréquentes , les vomissemens assez rares quand il n'y a pas de fièvre. Lorsque les symptômes bilieux ont persisté pendant quelque temps, il se manifeste assez souvent une diarrhée bilieuse avec coliques, ou bien des exanthèmes d'apparences variées. Mais on voit paraître ordinairement une fièvre intermittente quotidienne , tierce ou quarte. J'ai emprunté cette description de l'embarras gastrique à un médecin qui exerce sa profession dans un pays marécageux (Montluel, département de l'Ain), afin de présenter avec toutes les garanties désirables l'histoire des maladies qui naissent aux environs des eaux stagnantes. Ce soin consciencieux conduit à ce résultat , que l'embarras gastrique des Bressans n'offre

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