‹ Histoire des marais et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantesChapitre 46 sur 88 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Appréciation des symptômes.

ANALYSONS les phénomènes des fièvres de marais; les voies digestives , le cerveau et le système nerveux sont évidemment affectés; le malaise, l'expression d'abattement et de tristesse de la physionomie, la

DE MARAIS. -— SYMPTOMES. 2jS

faiblesse des muscles , la fréquence du pouls , la céphalalgie , Y affaissement , la stupeur des facultés intellectuelles et sensoriales; enfin, la modification «'prouvée par les sécrétions et par la chaleur , ne sont pas des signes irrécusables de l'existence d'une surexcitation ( je n'ai pas dit d'une phlegmasie ) ; mais d'autres symptômes la décèlent. Si , dans quelques cas , le système nerveux est le siège spécial de la fièvre de marais , les phénomènes de son affection ont eu l'initiative , et se sont toujours montrés en première ligne ; si les viscères abdominaux sont le siège de la pyrexie (cas infiniment plus commun que le précédent) , il existe un grand désordre dans leurs fonctions, mais c'est rarement une inflammation aiguë qui les affecte ; rarement la langue est desséchée, fendillée , rouge à sa pointe et sur ses bords; l'abdomen n'est presque jamais douloureux. L'affection des viscères abdominaux , et par ce mot : viscères, je ne désigne pas exclusivement les voies gastriques, je l'applique encore au foie, à la rate, aux ganglions mésentériques; l'affection des viscères abdominaux, dis- je, est chronique; elle est caractérisée au déclin de la fièvre , lorsqu'une phlegmasie positive a succédé à l'irritation, par la lenteur et l'imperfection des digestions, par la diarrhée, l'empâtement du ventre , la tuméfaction des hypocondres , la chaleur acre et la couleur jaune paille de la peau , enfin par les progrès de la leucophlegmatie. Ne voiià-t-il pas le cortège de symptômes ordinaire aux phîegmasies abdominales chroniques; en manquc-t-il un seul l

Le cœur est affecté pendant les paroxysmes; alors ses contractions sont accélérées , le pouls augmente de fréquence , l'état fébrile a lieu, l'affection gastrique existe souvent sans fièvre, et cette manière d'être a lieu lorsque la modification pathologique qui constitue la pyrexie, n'a pas assez d'intensité pour irriter le cœur sympathiquement. Ces états pathologiques apyrétiques, peuvent encore être expliqués par le peu d'énergie de la susceptibilité individuelle.

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