C4 MARAIS DE LA FRAIXCE
nient opiniâtre à des pratiques routinières, et Tin-
do îence , mère de la pauvreté.
Les actes publics des paroisses de la plaine du Forez , constatent que la vie y est courte; les races s’y éteignent promptement, la population y décroît avec une grande rapidité. C’est à sa diminution progressive qu’il faut atlribiier l’augmentation continuelle de la rareté des gens de service , et le liaut prix de la main-d’œuvre. Ce vaste bassin serait un désert si la fertilité de son sol n’y appelait des colonies de montagnards, qui ne tardent pas à dépérir et à s’éteindre. Ses liabitans sont constamment valétudinaires ; on peut les comparer â des squelettes ambulans; la vieillesse commence pour eux â la quarante-cinquième année; ils sont décrépits h cinquante-cinq ans : peu, très peu prolongent leur carrière jusqu’à soixante.
Il existait autrefois , aux environs et meme dans le sein de Feurs et de Montbrison, de vastes cloaques qui servaient de réceptacles aux eaux stagnantes, et devenaient un foyer perpétuel de lièvres intermittentes. Cet état de choses a changé. Le séjour de Montbrison était considéi'é na^uères comnie le prototype de l’insalubrité; mais depuis que le zèle éclairé d’un maire, M. Lachèse, a remplacé les fossés marécageux dont la ville était entourée il y a quinze ans, par des boulevards couverts de belles plantations et de maisons élégantes, le chef-lieu du département de la Loire perd chaque jour son antique renommée.
Les lièvres intermittentes régnent continuellement
dans la plaine du Forez; on ne peut habiter ce plateau impunément qu’en hiver , ou pendant la première moitié du printemps. Ces pyrexies constituent ou accompagnent le pins grand nombre des maladies qui surviennent dans cette contrée. Elles paraissent au mois d’avril ou de mai , et surtout en août, septembre et octobre. On peut les considérer comme endémiques , en certains lieux voisins des étangs ou des marécages.
Faciles à guérir dans presque tous les temps , mais surtout à leur début , elles ne deviennent meurtrières que lorsque, abandonnées a leur marche naturelle , ou mal traitées dès leur principe , elles s’exaspèrent et se compliquent de l’irritation chronique des organes de la poitrine, et plus souvent encore d’une pblegmasie lente de l’un des viscères abdominaux. Le foie et ses annexes, affectés en même temps que la muqueuse digestive ou bientôt après, modifient l’organisme, et donnent à son extérieur une couleur jaunâtre et plombée , signe caractéristique de la fièvre quarte dans la plaine , et ce fades malheureux qui apprend si bien la nature du mal et sa cause au praticien exercé. En même temps que des engorgemens se forment dans la rate, le pancréas et les ganglions mésentériques deviennent le siège d’inflammations chroniques. L’œdème commence par les membres inférieurs, et bientôt l’hydropisie est générale.