CHAPITRE PREMIER
Description générale des marais , mode de leur
formation.
La chute des eaux pluviales sur un sol bas et peu incliné, l’affluence sur le même point des eaux qui viennent de l’intérieur des terres et des monta eues
voisines, et, dans d’autres circonstances, le débordement d’un fleuve, ou l’irruption de la mer, telles
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sont les causes variées qui enfantent et qui nourrissent les marais.
On peut placer au premier rang des conditions de la stagnation des eaux la disposition du plateau ou des plaines dont elles couvrent la surface; elle est telle que la masse de liquide qu’une circonstance accidentelle y a conduite, trop considérable pour s’infiltrer dans le sol ou être évaporée avant d’avoir été renouvelée, ne peut se former en courans, en torrens, en ruisseaux , et se précipiter dans les ondes d’un fleuve ou de la mer. Diverses circonstances concourent à maintenir la masse d’eau sur la plaine qu’elle a envahie. Lestorrens, dans leur cours impétueux, dépouillent les montagnes que des mains imprévoyantes ont dégarnies de bois , d’une grande quantité de débris végétaux, et surtout terreux, qui , déposés en divers lieux du sol , deviennent un obstacle à l’écoulement des eaux. Des plantes , en quantité prodigieuse, naissent et croissent avec une grande énergie autour du sol inondé, et en divers points de sa surface; elles y meurent après la saison des pluies , et leurs débris , mais surtout leurs nombreuses familles , exhaussent de plus en plus le terrain submergé , et le constituent définitivement à l’état de marais.
Il est impossible que cet effet n’ait pas lieu, si une plaine située au-dessous d’un fleuve ou de la mer est inondée par l’un ou fautre, et n’a pas assez de pente pour contraindre le liquide à la quitter. Un marais se formera de toute nécessité , lorsqu’un terrain bas recevra les eaux des toirens nés accidentel-