‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 25 sur 99 · ANALYSE · texte numérisé non relu

ANALYSE

peu de chose. Celte decouverte ne changerait en rien la théorie des -fièvres interinitlentes et rémittentes de marais; celles-ci une fois établies, devraient être traitées comme si leur cause était enveloppée encore d’un mystère impénétrable; il n’y aurait aucune liaison, aucune dépendance entre celte connaissance de la composition des émanations marécageuses, et les indications thérapeuticpies à établir ; elle n’enfanterait enfin aucun moyen spécial de rendre salubres les contrées infectées par les eaux stagnantes; et le meilleur moyen d’oter aux marais leur pernicieuse influence sur la vie de l’homme, consisterait toujours dans l’anéantissement de ces foyers d’infection redoutables. Ainsi, consolons -nous de notre ignorance, et ne désirons pas trop vivement des connaissances dont l’utilité pratique paraît au moins équivoque.

Quelques médecins ont tranché la difficulté ; ils ne pouvaient saisir et étudier les émanations marécageuses , et ils ont dit : Les émanations marécageuses n’existent pas. Telle est l’opinion de Giannini et de Lafont-Gouzy. Si ces particules , dit le premier , existaient réellement, elles auraient un effet spécifique et uniforme, elles produiraient une maladie particulière cmistamment la même ; et on ne leur attribuerait pas une multitude d’affections morbides, de nature fort diverse, par exemple la peste, des fièvres j^étécbiales, intermittentes, etc.

Le raisonnement de Giannini n’a pas une grande exactitude. Une même cause de maladies peut affecter divers appareils organiques, et avoir, par couse-

DES EMANATIONS MARECAGEUSES. 83 quent, dans les mêmes circonstances, des effets très diffêrens ; ainsi, le froid humide, par exemple, donnera à cet individu un catarrhe, a cet autre une gastro-entérite, à celui-ci une pleurésie, suivant la constitution et les prédispositions individuelles. L’ohjection de Giannini n’aurait quelque poids qu’autant que tout en admettant l’existence des émanations marécageuses, on en ferait un virus , hypothèse dont personne iie s’est encore avisé. Mais si ce principe de maladies n’a rien de spécifique , il exerce sur l’organisme une modification générale , uniforme ; il donne un air de famille à tous les individus sur lesquels il exerce hahituellement son influence, et aux fièvres intermittentes et rémittentes qui sont le résultat de son action pathologique. Si les émanations marécageuses produisent ici des pyrexies à marche fort lente ^ des obstructions, des hydropisies, et là des inflammations d’une violence extrême^ le choléra morhus^ l’iléus, la fièvre jaune, la peste, c’est quelles agissent sur des individus de tempérament divers^ dans des circonstances de climat et de température essentiellement différentes , et fort influentes sur l’espèce et l’intensité des maladies. La meilleure réponse aux partisans de l’opinion de Giannini , c’est un voyage dans la Bresse ou. dans la Sologne.

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