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temps d’inaclioii pour se reposer, couclié sur l’IierLe molle, au bord d’un fosse rempli de vase humide et orn])ra^ë par des saules. Il y reste quelques lieures, eteudu sur son ventre, la face contre terre; on veut le relever, il est mort : on le transporte a Fliôpital. M. Baumes lui fait donner tous les soins prodigués aux asphyxiés, ils sont inutiles. L’autoj^sie cadavérique ne fait voir en lui qu’un emphysème des tégumens du cou et de la partie supérieure du thorax, et, intérieurement, un engorgement des vaisseaux de la tète et de ceux du poumon.
Des soldats de garde à la porte d’Ingouville , au Hâvre-de-Grace , ne pouvaient s’appuyer pendant cinq a six minutes sur le garde-fou construit sur les fossés de cette porte, ouverts du côté d un marais très considérahle , sans ressentir des maux de tête et des étourdissernens.
Ces observations ne suffisent pas pour établir une asphyxie, causée par l’action immédiate des émanations marécageuses sur le système nerveux.
Entérite^ encéphalite sympathique ; guérison due à l emploi judicieuæ des principes de la doctrine physiologique. Dans l’été de 1822, un jeune homme âgé de vingt ans , d’un tempérament lymphatique, vivant sous l’influence des émanations marécageuses, fut pris de malaise et de coliques, avec épreintes , qui l’obligèrent de cesser ses travaux. Il but abondamment du vin pour recouvrer la santé. Son espoir fut déçu; car lorsqu’un médecin devint indispensable (on attendit long-temps), voici quel était son état : abattement de la physio-
DES EMANATIONS MARECAGEUSES, nomie, teint de couleur terreuse, reiiards tristes et fixes, traits ^nappés, langue sèciie , âpre et tretnlilaiiLe; dents couvertes d’un enduit noirâtre, soif inextinguible, ventre Lallonë, déjections involontaires, fétides et bilieuses, entremêlées de caillots d’un sani> noir; peau sèche et rude au toucher, pouls concentré et donnant cent douze pulsations par minute ; délire furieux, qui alternait tantôt avec un profond assoupissement semhlahle à la stupeur , tantôt avec des grincemens de dents. Rarement le malade recouvrait sa connaissance ; il jouissait plus rarement encore d’un sommeil réparateur. Le médecin (M. Faneau de la Cour) a grand soin d’éviter tout ce qui peut accroître la surexcitation abdominale et encéphalique. Il proscrit le vin , le bouillon ; ordonne l’eau de riz acidulée, la limonade, une potion gommeuse , des demi“lavemens émolliens et acidulés , des fomentations émollientes sur le ventre, et l’application de cataplasmes de même nature aux janihes , de compresses imbibées d’orgeat sur la tête , et de soixante sangsues sur les parties latérales du cou. )
Nuit plus tranquille; le délire cesse presque complètement; plus de grincement de dents, un peu de sommeil. Le lendemain , pouls moins concentré, un peu moins fréquent ; il n’existe plus ni carptiologie ni soubresaut des tendons; la langue perd de sa sécheresse et de son âpreté.
Continuation des fomentations froides sur la tête ; trente sangsues sont placées à l’anus pour attaquer la suite de la pblegmasie colite et la suite
de raffeetion ceréLrale clécelee par rassoiipissement. Les déjections cessent d’étre involontaires ; elles sont moins frécpientes , moins fétides. Le malade commence à se reconnaître. Il n’y a plus d’assoupissement le sixième jour, le pouls a pris plus de développement et de fréquence, la langue est plus humide, la soif moins grande, la face plus expressive, le ventre moins tendu, mais le malade se plaint encore de céphalalgie, de lassitudes, de douleurs dans les membres et de quelques coliques. On continue la diète, on prescrit des lavemens, des boissons acidulés , des demi-bains tièdes , des sangsues à l’anus ; la convalescence commence le vingt-neuvième jour, et, le trente-sixième, la guérison est complète.
Cette observation est intéressante sous plusieurs rapports. On y voit un exemple de l’alliance très commune et très redoutable de la gastro- entérite avec une irritation encéphalique, qui devient quelquefois une pblegmasie positive. Cette sympathie pathologique sera étudiée ailleurs. Les pays marécageux montrent plus spécialement chez les indigènes, la complication de l’entérite chronique avec une pblegmasie de la plèvre ou du poumon. Mais lorsque les émanations sévissent sur des jeunes gens, et surtout sur des étrangers, c’est l’irritation encéphalique qui se présente d’ordinaire. Le traitement que M. Faneau de la Cour a suivi est digne d’éloges, et doit servir de modèle dans des circonstances semblables. Les évacuations sanguines sont fort utiles, même aux Bressans , et aux chétifs hahitans de la
DES ÉMANATIONS MARÉCAGEUSES. 2 l 5 Sol ogne et de la Brenne, lorsqu’on les oppose à des inflammations bien prononcées , et lorsqu’on sait les employer avec mesure et à propos.
Ph rénésie^ gastrite; guérison par la méthode anti-phlo gis tique. Un homme d’une petite corpulence, âgé de quarante ans, buveur, habitant près d’un marais, fut pris, dans l’été de 1822, après plusieurs jours de réaction fébrile, d’un délire furieux auquel succéda un état profond de somnolence et de stupeur, tristes suites de l’administration d’un fort purgatif et du vin. M. Faneau de la Cour trouva ce malade avec des vésicatoires aux cuisses, etbeaucoup de chaleur âcre à la peau. Il fit supprimer les révulsifs ; on les remplaça par des cataplasmes j soixante sangsues furent appliquées sur les parties latérales du cou, le malade reprit connaissance pendant plusieurs heures. Le surlendemain, nouvelle application de sangsues, au nombre de trente, sur la région épigastrique ; compresses imbibées d’orgeat sur la tête, cataplasmes aux cuisses poivrés et très chauds. Dès ce moment toute la connaissance revient , le pouls est roide , dur et fréquent; la face rouge , l’œil injecté, la langue sèche, la soif grande, la région épigastrique douloureuse, la céphalalgie forte. On prescrit des lavemens émolliens , des boissons acidulés, l’cqiplication de sangsues à l’anus ; la guérison est complète le quinzième jour.
Les remarques faites sur l’observation précédente conviennent à celle-ci.
Irritation encéphalique gastrite coïncidente ; mort> Un cultivateur résidant à Viliars, dépar-
2i4 action pathologique
tement de l’Ain, doué d’un tempérament vigoureux et d’une constitution forU^ , se plaint, après avoir pendant quinze jours, semé de l’avoine pieds nus dans la Loue , de lassitudes et de frissons. La lièvre est aeeompai^née d’une douleur sus-orLitaire et d’un sentirmmt de poids à l’épigastre. 11 vomit de la Lile et délire le lendemain. Delorme voit eet homme le sixième jour de la maladie et le trouve dans l’état suivant: délire continuel , face colorée, yeux ardens, pouls élevé; le malade crache de la hile, ramasse des flocons et meurt le huitième jour. On n’ouvrit pas le cadavre.
Cette observation est racontée avec assez peu de soin; on y voit l’action pathologique des émanations marécageuses produire une inflammation encéphalique fjui a été évidemment la maladie principale, celle qui a donné la mort.
Fiès^re i nterniiltente apoplectique (^irritation hémorragique cérébrale intermittente). Lue hospitalière de Glmtillon (déparUmaent de l’Ain), âgée de cinquante-deux ans, d’im tempérament bilieux et douée d’une bonne constitution, éprouvait depuis plusieurs jours un peu de malaise. Elle eut un acc ès de fièvre pendant une nuit. Le lendemain matin , pouls élevé, douleur de tête gravative , amertume de la bouche, pesanteur à l’épigastre, propension au sommeil. L’accès se prolongea jusqu’au soir. Le lendemain apvrexie, langue recouverte d’un enduit jaunâtre (tarlrite de potasse antimonié). La malade rendit lieauconp de hile. Accès pendant la nuit. Le lendemain^ sommeil profond (vésicatoires aux jam-
DES EMANATIONS MARECAGEUSES. 2l0 I>es, tisane vineuse, et à la fin de l’accès quinquina à liante dose). Retour du quatrième accès, état apoplectique et mort.
Delorme ne fait aucune mention de fouverture du cadavre.
Fièvre {irritation) gastrique rémittente^ congestion sanguine dans le poumon. Une femme de vingt-cinq ans, d’un tempérament sanguin, vive, quelquefois emportée, avait quitté le séjour de Lyon pour celui d’une campagne isolée et située dans la partie marécageuse de la Bresse. Quelques contrariétés domestiques occasionnèrent l’explosion d’une fièvre intermittente , dont voici les premiers symptômes, assez mal présentés par foLservateur : premier jour, frisson suivi de chaleur et d’une moiteur légère; second jour, visage rouge et animé, yeux ardens, douleur de tête, pouls élevé, oppression ; troisième jour, rémission de quatre heures à peu près, frisson avec chaleur, soif, augmentation de la rougeur du visage; cinquième jour, amertume de la bouche, frisson et chaleur, pouls élevé, visage rouge, oppression, rémission Lien marquée; sixième jour, frisson moindre; septième jour, fièvre moins forte, œdème des jambes et des mains, pouls plein, oppression suffocante; huitième jour, respiration libre, diminution de la fièvre qui cesse le soir, l’œdème disparaît par degrés, et fair natal rétablit entièrement cette femme. Cette observation a été recueillie par Delorme.
Des lièvres intermittentes pernicieuses épidémiques , d’espèces différentes , c’est-à-dire des irrita-
2iG action pathologique
lions de divers organes causées par les émanations des eaux stagnantes, ont été décrites par Diodore de Sicile, Pringle, Flacci, Clievassieu-d’Audebert, Raisin, etc. Un précis de ces faits généraux a précédé les histoires particulières de malades.
Gastro-ataxie; émétique^ purgatifs ^ quinquina. M. Nogarède de Nîmes, bourgeois sexagénaire , après avoir éprouvé de vives alarmes , et humé sans précaution l’air d’une plage marécageuse, est saisi d’un frisson fébrile. Le premier paroxysme est assez fort; cependant il est régulier, et dès qu’il a cessé, M. Baumes donne un émétique (jui opère par le haut et par le bas avec succès. Le second est accablant; il débute par une syncope ; le froid dure quatre heures; la tête s’embarrasse; pendant la période de chaleur le malade est sans force; il délire; la langue est humide, très chargée; le ventre est soupde; la chaleur du corps très modérée. M. Baumes fait appliquer les vésicatoires aux jambes, et placer, pendant la rémittence, un purgatif qui amène des selles al)ondantes, bilieuses, épaisses, très fétides; les urines coulent bien. Le troisième paroxysme, €£ui survient le troisième jour de la maladie, est beaucoup plus grave que celui de la veille; le froid mêlé de frissons, est long et s^accompagne de défaillances légères; le malade est dans un grand accablement; son pouls est misérable; un délire sourd se manifeste pendant le second temps du paroxysme; les plaies des vésicatoires noircissent. M. Baumes donne une once de poudre de quinquina (en quatre doses) , délayée dans une décoction
DES EMANATIONS MARÉCAGEUSES. 2 I 7 faite avec une once et demie d’ecorce du Pérou. Contre l’attente commune, le quatrième paroxysme est prévenu. Le cinquième jour est destiné au repos; la fièvre continue persiste; les signes d’embarras gastrique sont les memes; mais la tête est libre et tous les symptômes sont modérés. M. Baumes répète le purgatif le sixième jour, et le lendemain, le malade prend une once de quinquina en poudre. M. Baumes purge par intervalles, du huitième jour jusqu’à la lin de la fièvre , qui en dure vingt et un; le malade guérit parfaitement.
Cette observation est remarquable à plus d’un égard; la fièvre intermittente pernicieuse s’annonce dès le second accès, par des symptômes graves, et qui le deviennent davantage immédiatement après l’emploi de l’émétique et des purgatifs. Le quinquina enfin donné, et donné à haute dose , triomphe de la gastro-ataxie.
Irritation cérébrale intermittente; émétique^ purgatifs quinquina. Un homme de soixante-six ans , qu’occupaient beaucoup de travaux sur le bord des étangs , se plaignit , pendant quelque temps , d’une existence pénible, et de rêver toutes les nuits d’objets fort disgracieux. Il survint, au cinquième paroxysme , une attaque de convulsions très alarmantes, qui laissa une paralysie de la langue. La maladie commença comme une fièvre catarrhale , mais présenta dès-lors un affaissement particulier, s’accompagnant d’une douleur soutenue dans la région lombaire. M. Baumes fut appelé; les paroxysmes quotidiens, dit ce professeur, marchaient en
3i8 action PA'JTiOLOGIQüE
tîouljle tierce , et leur intensité se correspondait à jours alternatifs. On snda le malade, au moyen de rémétique et des purgatifs; un vésicatoire fut ])lace sur sa nuque, on frictionna rudement ses extrémités inférieures , il prit des potions cordiales , animées avec l’alcohol de potasse et l’acétate d’ammoniaque, et une tisanne de fleurs de camomille romaine. Le lendemain matin la paralysie de la langue n’existait plus; le malade avait l’air étonné, du pencliant à dormir, et le pouls lent et irrégulier sans faiblesse. M. Baumes appliqua les vésicatoires, pour combattre l’état visqueux des fluides, qui, d’après les observations de Lancisi et de Pujati, prédoiaine, dit-il.
dans les fièvres rémittentes des pays marécageux. Les convulsions, la paralysie de la langue, et un grand affaissement reparurent au septième paroxysme. BL Baumes donna le quinquina à haute dose, et la teinture fébrifuge d’Huxbam, comme mieux approjDi'iée à la délnlilé respective, et à la putridité dominante dans les suites des fièvres malignes. Le carbonate d’ammoniaque fut également employé. La fièvre cessa après avoir duré trente-cinq jours. Cette observation est, pour j\l. Baumes, l’exemple d’une fièvre rémittente maligne, qui, non-seulement met au grand jour l’effet graduel du quinquina, mais encore qu' confirme cette règle de séméiotique, que, dans les fièvres doubles tierces, dont les paroxysmes sont ordinairement inégaux pour la violence et pour la durée , le pronostic doit s’appuyer sur l’observation des reprises qui correspondent de deux jours l’un. Elle ne servirait pas de modèle aujourd’hui,, sous le rauuort du traitement.
DES ÉMANATIONS MARÉCAGEUSES. 219 Fièi^re rémittente pernicieuse ataæique {gcistro-arachnoidite); émétique ^ purgatifs ^ quinquina a haute dose. Un homme de cinquante ans, d’une constitution forte, mais dont les humeurs étaient infectées par une acrimonie dartreuse , fut pris d’un frisson, le septième jour qui suivit son exposition , du côté d’ Aigues-Mortes , aux influences dangereuses de l’air marécageux. Ce frisson fut suivi de chaleur et de sueur, et cette succession des pliénomènes consécutifs d’une fièvre intermittente, eut dix-sept heures de durée. Le lendemain, le malade fut bien; à peine tint -il compte d’une courte et légère reprise. Un paroxysme semblable au premier, survint le troisième jour, mais fut un peu moins fort et un peu moins long. Le malade fut émétisé, dit M. Baumes, le quatrième jour de la fièvre, une sorte d’apyréxie eut lieu. Le quatrième paroxysme correspondit au premier et au troisième; il survint le cinquième jour, et fut grave; il y eut délire, assoupissement comateux; l’accès, qui avait débuté par un simple refroidissement des extrémités, dura vingtdeux heures , et se termina par des moiteurs partielles. Le malade fut assez gai le jour suivant; on donna un purgatif, et le lendemain survint un paroxysme, tjui se prolongea pendant trente heures, et s’accompagna de légères syncopes au moment de sa terminaison. Ondonna aussitôt après le quinquina dans un véhicule purgatif. Le 8, jour intercallaire, survint un paroxysme court mais orageux; la langue était sèidie, noirâtre; les soubresauts des tendons se montrèrent; la reprise du 9 fut moins fâcheuse que celle du
220 ACTION PATHOLOGIQUE, etc.
7 à laquelle elle correspondait ; mais le paroxysme du 10, qui devait repondre à celui du 8, fut presque aussi violent que celui du 7. Dès -lors les intervalles des reprises furent courts , le malade restait affnssé , et le paroxysme était divisé en deux périodes; la première marquée par un délire paisible et soutenu , qui durait de huit à dix heures ; la seconde caractérisée par un assoupissement carotique, qui durait autant : ainsi le malade restait seize à vingt heures sans connaissance. On appliqua deux vésicatoires aux jambes ; le malade faisait usage de tisanes aiguisées avec le tartre stihié, et de quinquina purgatif; quoique le paroxsyme des jours pairs fût devenu moins considérable, celui des jours impairs ne perdait rien de son intensité. Fouquet fut consulté : on donna les laxatifs et le quinquina à dose plus forte. M. Baumes, appelé dans le cours du vingt-sixième paroxysme, flotta pendant dix -sept heures ‘feutre la crainte de la mort et l'espoir que cet accès ne serait pas le dernier. Lorsque le paroxysme eut cessé, le malade se plaignit d’anéantissement et de douleurs aux extrémités; son pouls, qui dans les fortes reprises était naturel quant à la fréquence , mais petit , mou , faible , prit un peu plus de consistance et d’irrégularité. M. Baumes fit donner le quin(juina à grandes doses, il ne survint pas d’accès, et le malade entra dès-lors en convalescence qui fut longue et laborieuse , mais sans rechute.
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