‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 59 sur 99 · AVEC LA FIÈRE JAUNE · texte numérisé non relu

AVEC LA FIÈRE JAUNE

«La fièvre jaune se manifeste presque toujours dans les pdys chauds près des eaux stagnantes ; des fleuves qui laissent de la vase à découvert , non loin de la mer ou sur le littoral même, principalement dans les lieux où feau douce se mêle à l’eau salée. Il y a des exemples des développemens de cette maladie dans l’intérieur des Etats-Unis. Fort loin de la mer, par exemple , près de l’Ohio et du Mississipi , à Galliopolis, petite ville française, fondée depuis vingt-huit ans , sur la rive occidentale de l’Ohio, la fièvre jaune se manifesta en 1796, et plusieurs familles en furent les victimes. (M. Valentin habitait alors la Virginie. ) La troupe cantonnée dans ce lieu, et commandée par le major Prior, de qui on, tient tous ces détails , était exposée aux émanations d’un vaste étang du voisinage. La chaleur et la sécheresse du mois d’août furent si extraordinaires, que l’évaporation de l’eau de l’étang laissa à mu une grande quantité de vase où étaient mêlés des végétaur en putréfaction , d’où s’exhalait une odeur insupportable. Les habitans furent les premiers atteints de la maladie. Le vent ayant changé de direction, et tourné précisément vers le lieu où la troupe était en cantonnement, la moitié des soldats fut prise de la fièvre jaune dans l’espace de cinq jours. Les symptômes de cette fièvre furent absolument ceux qu’elle présente dans les contrées maritimes. En 1794» une escadre espagnole, forte de vingt vaisseaux de ligne , de six ou sept frégates et quelques hâtimens inférieurs , mouille près de Puerto-Cabello , sur le côté atlantique de l’isthme

286 RAPPORTS DE LA FIÈVRE DE MARAIS de Panama; des marais qu’on nomme en Amérique^ Mangliers ou Pateluviers, où l’eau de la mer communique plus ou moins , sont situés vers l’ouest de la ville de Puerto-Cabello ^ qui contient environ six mille âmes. La flotte seule éprouva les effets des émanations de ces marais ^ et douze à quinze cenls hommes périrent de la fièvre jaune. Les indigènes qui composaient toute la population de ce lieu , et dont le visage portait une empreinte cachectique , en fureïit exempts. »

On a toujours considéré le littoral marécageux - des régions équinoxiales j comme un foyer perpétuel de fièvre jaune. Cette maladie habite Vera-Cruz, Panama, la Havane^ St-Domingue, les Antilles, partout où se trouvent des marais sous le ciel brûlant du Nouveau-Monde. Elle fit de grands ravages dans les Etats-Unis d’Amérique, mais des marais abondent auprès des villes de cette république, et ces C‘ités sont situées non loin de la mer ou des ’ ivières. IVI. de Humboldt a fait connaitr'^i f insalubrité de la

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Yera-Cruz. Les plaines sablonneuses dont la ville est environnée , loin d’êlre entièrement arides , sont entrecoupées de terrains marécageux , dans lesquels se l'éunissent les eaux de pluie qui s’infiltrent à travers les dunes. Ces réservoirs d’eaux fangeuses et dormantes sont considérés comme autant de fovers d’infection. On ne trouve au pied des dunes que de petits arbustes de crotoii et de desiiianthiis ; Yeuphorbia tithynialoides ^ le caprarla bijlora^ le jatropha à feuilles de cotonnier, et des ipomæa dont la tige et les fleurs sortent à peine du sable

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