CHAPITRE XIII
Influence des émanations marécageuses sur la production de la fièvre jaune et de la peste.
La fièvre j aune ne peut être examinée ici que dans ses rapports avec les émanations marécageuses; ainsi, sa nature , son siège , la question de sa contagion et de son infection , n’appartiennent pas au sujet de cet essai. Cependant l’étude des conditions qui enfantent cette redoutable pyrexie , peut dévoiler son caractère.
Les fièvres de marais nées dans nos climats tempérés , et celles des climats septentrionaux, ont, avec la fièvre jaune, de grandes connexions sous les rapports de la cause et du siège de la maladie. Ces pyrexies affectent les mêmes organes; ne diffèrentelles que du plus au moins ? cette opinion paraît un paradoxe; voyons sur quels fondemens on peut l’asseoir.
Est-il encore des médecins qui fassent, dans l’état
284 rapports de la fièvre de marais actuel des sciences medicales , des maladies spécifiques de la fièvre jaune et des fièvres de marais? la question est bien décidée pour celle-ci; quant à la première , il reste encore quelque divergence dans les opinions; cependant la majorité des esprits éclairés, et les probabilités les plus nombreuses et les plus fortes, se sont prononcées en faveur de cette doctrine : la fièvre jaune est fextréme degré de la fièvre bilieuse; c’est une inflammation gastro-intestinale qui existe ordinairement avec hépatite , et dont la violence est extraordinaire , mais qui n’est nullement une maladie spécifique. La fièvre jaune a été considérée comme une pblegmasie aiguë des appareils digestifs et hépatiques, par MM. Warren, Wolfing, Tommasini, Caillot, Dubreuil, Roeboux, Broussais et son école. Cette opinion repose sur des ouvertures de cadavres nombreuses et positives.
«y a entre la fièvre de marais et la fièvre jaune une identité de causes , de nature et de symptômes (à l’intensité près) vraiment remarquable; l’une et l’autre appartiennent a la classe des maladies produites par l’infection de l’air , surtout à l’absorption par la peau et les membranes muqueuses (pulmonaire surtout), d’émanations délétères nées de la décomposition putride de matières végétales et animales ; l’une et l’autre enfin se développent dans les memes conditions atmosphériques ; union de l’humidité à une chaleur forte et continuelle.
J’ai consulté l’expérience de M. Valentin sur les rapports qui existent entre la fièvre jaune et les émanations marécageuses. Voici un extrait de la lettre que ce savant m’a écrite à ce sujet.