‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 67 sur 99 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Habitations.

1 LU SIEURS écrivains anciens ont défendu d’élever des maisons auprès des marais, et fait connaître le danger qui est inséparable du voisinage des eaux stagnantes. Ce sage avis a été donné par Vitruve, Varron, Palladius et Columelle. La demeure des babitans d’un pays d’étangs , devrait être placée à la plus grande distancé possible de la masse liquide , et,^si les localités le permettaient, sur une hauteur. Ces 1 ieux élevés sont plus insalubres que les plaines lorsqu’ils sont sous le vent d’un marécage; si des maisons présentent cette position fâcheuse, on ne rendra leur séjour praticable qu’après les avoir transportées d’un revers de la montagne â l’autre. C est la pensée que M. Fodéré ne pouvait s’empêcher d’avoir , chaque fois qu’il passait au pied de Châteauneuf- les -Martigues , décimé presque tous les ans par des émanations dégagées abondamment

cl un marais placé en face de cette commune élevée. Mais, dit-il , l’IiaLitant des campagnes est condamné a mourir là ou il est né , et il faut cpie son cceur s endurcisse à la douleur de l’ânie comme à celle du corps.

La position de la chaumière du paysan est déterminée , d’autres conditions de salubrité sont nécessaires. Il faut que cette habitation soit bien percée et maintenue dans une grande propreté. On sait ce que sont, sous ce rapport essentiel, celles des Hollandais et des Flamands; iis les lavent avec un soin extrême souvent, trop souvent peut-être , et couvrent la surface des appartemens avec une concile de sable très bn. Une précaution bonne à prendre, c’est de conserver des feux allumés pendant la saison froide et humide, pour modifier l’état hygrométrique de l’air , donner du mouvement à l’atmosphère, et sécher les vêtemens imprégnés de vapeurs; on tiendra les fenêtres fermées autant que le permettent la nécessité de renouveler l’air et le service de la maison. Beaucoup d’hahitaiis des campagnes entretiennent à 1^^ porte de leur demeure des mares et des amas de fumier, sur lequel ils déposent leurs excrémens et des immondices de toute sorte. On a vu souvent une fermentation vive s’emparer de ces foyers d’infection. La destruction de ces petits marais et de ces masses de matières organiques putrides, est commandée impérieusement par l’hveiène.

M. Bigot de Morogues a donné auxhahitans de la Sologne d’utiles conseils sur le genre de constructions

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