‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 71 sur 99 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Alimens et boissons.

IjA réforme du régime alimentaire des babitans d’un pays de marais, est fune des principales améliorations que leur position misérable exige. S’ils faisaient usage de substances nutritives et de boissons plus salubres , on les verrait moins souvent et moins longtemps altafTués de fièvres intermittentes, d’obstructions et d’hydropisies. Cette importcante révolution rencontre-t-elle dans l’indigence de la population des contrées inondées, un obstacle insurmontable ? non. Que ne peut une volonlé forte et soutenue l Des aîimens et des boissons tels que les demande le climat

d’iin pays de marais ou d’étangs , doivent unir au mérite de la qualité celui de l’économie; voilà le problème à résoudre , essayons d’y parvenir.

Ces alimens doivent être abondans en matière nutritive, et stimulans ; il faut qu’ils fortifient les tissus , qu’ils excitent l’énergie du système capillaire sanguin , et qu’ils donnent à l’organisme la puissance nécessaire pour résister aux atteintes de l’humidité et des émanations marécageuses. Ceux dont les Bressans et les Solognots font usage ont les qualités précisément contraires.

Du pain, des légumes, la viande, voilà les bases de l’alimentation.

Le pain, fait d’ordinaire avec du seigle, est extrêmement grossier ; on l’améliorerait aisément en faisant entrer dans sa confection de l’orge et surtout du froment. Greffier propose de le composer de partie égale de froment et de seigle, avec addition d’un sixième d’orge ou de maïs blanc. Indiquer cette modification, ce n’est point assez, il faudrait encore la faire adopter; et instruire les agriculteurs dans l’art de bien confectionner le pain sous le rapport sanitaire et économique. Si une mauvaise saison n’a pas permis une bonne récolte de céréales, que la pomme de terre supplée à l’orge, au froment et au seigle; on ne saurait trop encourager la culture de ce précieux tubercule ; seul , il remplacerait avec avantage les gauffres, et le pain lourd, grossier, indigeste et peu nourrissant dont le Solognot et le Bressan font usage. Son éducation demande peu de soins, sa multiplication est facile, on lui trouverait

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