‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 75 sur 99 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Exercices ; trai^aux agricoles.

Les babitans des pays marécageux exécutent des travaux essentiellement insalubres. Ils ne doivent s’y livrer qu’après le lever du soleil , et la prudence veut qu’ils les abandonnent lorsque cet astre est sur

EXERCICES, travaux AGRICOLES. 58l le point de quitter l’horizon. C’est à la chute du jour que les émanations marécageuses se précipitent ahondamment sur toutes les surfaces à leur portée. S’ils doivent avoir les pieds dans l’eau, qu’ils portent, s’il se peut, de hautes bottines faites d’un cuir imperméable.

On a conseillé l’usage à Jeun d’une petite dose de teinture alcoholique de quinquina, qui peut être aisément remplacée par celle de menjanthes trifolium^ ou par l’écorce de Y œsculus hjpocastanum. Toute infusion alcoholique amère aurait le même avantage. Lorsque l’armée française campa dans les marais et sous les murs de Mantoue , on fit distribuer à l’appel de chaque matin une petite mesure d’eau-de-vie, dans laquelle on avait fait infuser du quinquina. L’indigence, et surtout l’extrême incurie des habitans des pays marécageux, ne rendra jamais parmi eux ce moyen hygiénique populaire , mais il convient fort aux ouvriers employés aux desséchemens, et aux armées, aux étrangers forcés de séjourner auprès des eaux stagnantes.

Comme la population des pays de marais est très faible, leurs malheureux habitans sont condamnés à des fatigues excessives lorsque la saison des travaux commence. Ils n’ont alors aucun repos, et c’est précisément dans ce temps que l’action des émanations des eaux stagnantes est le plus redoutable. Comment s’étonner que la fièvre intermittente les frappe si souvent et avec tant de facilité ! Ils se livrent pendant les moissons à un travail forcé , en plein air, à l’ardeur du soleil; et quel est leur travail l

c’est lin sol vaseux qu’ils exploitent ; ils laLourent une fange chargée de matières organic[ues en putréfaction, la tète penchée au devant des exhalaisons pernicieuses qui s’en dégagent, et le corps souvent enveloppé, pénétré, refroidi par des hrouilla rds épais. Comment remédier à cet inconvénient ? en favorisant l’immigration, en appelant les étrangers dans ces contrées, lorsqu’elles auront été enfin soumises à un régime hygiénique hien ordonné. Dès que la population sera augmentée, le cultivateur, aidé par des ouvriers, ne sera pins contraint de forcer le travail , et pourra prendre quelque repos aux heures de la plus forte chaleur du jour. Cette méthode a déjà réussi en Bresse. L’homme qui a pu se délasser, revient à l’ouvrage avec une énergie soutenue, et fait une besogne plus forte et bien meilleure.

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