‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 83 sur 99 · ÉVACUATIONS SANGUINES · texte numérisé non relu

ÉVACUATIONS SANGUINES

nées apres la cessation du flux sanguin périodique. La vigueur de ces femmes, leur embonpoint, la saison, le violent mal de tcte qui se prolongeait même hors le temps de l’accès, la dureté du pouls, l’injection des capillaires du visage, la suppression d’une évacuation sanguine habituelle, et l’absence des signes d’une irritation gastrique, annonçaient que la pléthore était prédominante. M. Carron employa la saignée et la fièvre quarte disparut.

Delorme a observé que chez les étrangers d’un tempérament sanguin, les fièvres de marais se compliquaient quelquefois de diathèse inflammatoire, et résistaient aux fébrifuges qui n’avaient pas été précédés par la saignée. Cette remarque avait été faite par son prédécesseur dans la place de médecin de l’hospice de Châtillon.

Un vigneron du Beaujolais, âgé de vingt-huit ans, d’un tempérament sanguin et doué d’une constitution forte, avait moissonné à Sandrans et y était resté pour battre le blé. Plusieurs accès eurent lieu; on le conduisit à l’hospice de Châtillon (Ain). Voici l’analyse de sa maladie et de son traitement : premier jour de son entrée à l’hospice, frisson avec oppression suivi de chaleur, face rouge, oeil animé , divagation dans les idées, langue rouge et sèche, pouls élevé (limonade); deuxième jour, intermittence de deux heures , retour de l’accès avec les mêmes symptômes; troisième jour, mêmes accidens (saignée de hras); quatrième jour, diminution de l’oppression, accès moindre, intermittence marquée et longue (nouvelle saignée le soir); cinquième

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jour, respiration cntièrenient libre , loger accès de

fièvre; sixième jour, point de fièvre, convalescence.

On a lu ailleurs fhistoire d’une fièvre de marais, traitée avec succès par Delorme d’après les memes principes, la saignée; et deux observations d’irritations cérébrales intenses rémittentes, guéries par l’application d’un très grand nombre de sangsues. (Observations recueillies par M. Faneau de la Cour.)

La question de savoir si des fièvres intermittentes peuvent être guéries par les évacuations sanguines et des boissons délayantes, ne saurait être encore le sujet d’une discussion; des faits nombreux font résolue, elle a été jugée par l’expérience dans les Annales de la médecine physiologique. M. d’Esjiagne a donné à ce recueil périodique sept observations de pyrexies intermittentes, causées par les émanations putrides, et vaincues par les saignées locales. Les Annales contiennent beaucoup de faits analogues. On fait des évacuations sanguines un usage populaire en Bresse; les liabitans de cette contrée s’appliquent d’eux - mêmes des sangsues en grand nombre sur l’épigastre, au début de leurs fièvres : auprès du mal se trouve le remède; ces mêmes marais dont les émanations exercent une action si funeste sur l’organisme, contiennent abondamment dans leurs eaux des vers aquatiques avides de sang , et puissans contre les maladies qu’ils ont enfantées.

N’exagérons point : les évacuations sanguines, je le répète, ne constituent pas la méthode générale de traitement des fièvres de marais , elles ne sont utiles que comme auxiliaires , mais ces auxiliaires

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