ÉVACUATIONS SANGUINES
sont souvent indiqués. Il faut y recourir toutes les fois que la pyrexie présente à son début ou plus tard les signes d’une surexcitation violente; il faut les employer alors pour rendre la maladie parfaitement intermittente , et préparer et assurer le succès délinitif de l’émétique ou du quinquina.
Les médecins anglais se sont servis avec succès de la saignée dans le traitement de la fièvre jaune. L’historien de la fièvre rémittente de marais du Bengale, James Johnson, combattit d’abord cette redoutable maladie par des vomitifs , des purgatifs et le quinquina, sans aucun égard pour les rémissions et les exacerbations. L’inflammation gastro-intestinale exaspérée par ce traitement , donnait la mort le troisième ou le quatrième jour. Johnson, éclairé par les ouvertures de cadavres, essaya la saignée, mais d’abord avec une crainte extrême que le succès dissipa. Il phlébotomisa bientôt avec confiance et finit par prendre pour précepte de saigner hardiment et d’une manière décisive jusqu’à cessation complète de la céphalalgie et de l’anxiété précordiale. Alors sa pratique devint aussi heureuse qu’elle l’était peu auparavant. Lorsque la céphalalgie était très intense et qu’il y avait des signes de congestion, ce médecin unissait aux évacuations sanguines les ablutions réfrigérantes, les applications froides sur la tête. Il eut, dit-il, beaucoup à se louer des cathartiques et du calomélas. Johnson donnait dans les vingt-quatre heures jusqu’à soixante et douze grains de ce médicament.
La violence extrême de la fièvre que traitait ce
niédeciii justifie remploi qu’il fit d’abondantes saignées; mais les choses ne se passent pas de la meme manière dans la Bresse et au Bengale. A F intensité moindre de la cause morbide correspond une irritation moindre. De la une modification imporportante dans les indications thérapeutiques, modification commandée encore par Fextrcme différence de constitution des babitans de nos pays marécageux comparés aux peuples indiens.
John Niell traite la fièvre jaune par les saignées, les purgatifs et le calomélas. Lorsque la céphalalgie est intense et que la peau est chaude et sèche, il fait mettre le malade sur son séant, ouvre l’une des veines du hras, et laisse couler le sang jusqu’à ce que la chaleur des tégumens soit descendue à sa température normale.
Si la violence de la surexcitation locale, au début ou pendant le cours de la fièvre de marais , rend la sédation directe nécessaire, à laquelle de la saignée locale ou de la saignée générale faut-il donner la préférence ? le choix n’est pas douteux. 11 faut dégorger la partie irritée , il faut tirer du sang des tissus le plus voisins du siège de la maladie. Ce dé gorgement dans les pays marécageux ne saurait être considérable; on ne doit jamais perdre de vue la constitution propre aux indigènes. Si on leur enlevait brusquement beaucoup de sang , on refroidirait l’extérieur du corps , et la tendance aux congestions sanguines viscérales serait augmentée; on porterait à un plus haut degré ce défaut d’équilibre qui existe entre les capillaires blancs et rouges;
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enfin l’iiydropisie se développerait avec une facilité plus grande.
Lorsqu’on est appelé de bonne heure auprès d’un malade , et que la gastrite n’est pas très intense , il ne faut point attendre pour agir, comme le veut un absurde préjugé, le cinquième, le septième ou le neuvième accès. On laisserait à la surexcitation gastrique le temps de se constituer en inflammation. Il faut , si , ce qui n’est pas rare , les évacuations sanguines ne paraissent pas indispensables , prescrire pendant la première apyrexie, l’acétate de morphine à petite dose, l’eau de poulet ou de veau, avec addition de nitrate de potasse, et, dans le cas où il y a surexcitation encéphalique, substituer aux préparations opiacées des pédiluves très irritans ou des frictions sur les jambes avec du vinaigre chaud et la moutarde. Ces moyens simples suffisent presque toujours pour rendre l’apyrexie complète. Lorsqu’on y est parvenu , le succès de l’une des méthodes suivantes est plus certain.
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