‹ Histoire des marais, et des maladies causées par les émanations des eaux stagnantes. Ouvrage qui a obtenu le prix mis au concours par la Société Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'OrléansChapitre 88 sur 99 · BAINS DE VAPEURS · texte numérisé non relu

BAINS DE VAPEURS

fièvre revint. Après un traitement inutile, quoique dirigé avec méthode et prolongé pendant plusieurs mois, on vint à Lyon confier a M. Rapou la direction du petit malade. Il était d’une maigreur extrême, d’une faiblesse telle qu’il ne pouvait se soutenir, et avait la peau habituellement froide , sale , d’une blancheur singulière , les joues, les lèvres, la langue décolorées ; un frisson avec trembiemens qui parcourait alternativement toutes les parties du corps , se manifestait régulièrement tous les soirs. Pendant sa durée , qui était de plus d’une heure , des nausées , des vomissemens avaient lieu aussitôt que l’enfant prenait quelque chose; 1 a peaudes mains, des pieds et l’épiderme des ongles étaient bleuâtres; l’enfant rendait presque à chaque instant quelques gouttes d’urine très claire. A cet état succédaient ces symptômes : chaleur, céphalalgie, élévation du pouls ordinairement petit et toujours très précipité. La rémission n’avait lieu que le matin, elle était annoncée par une légère moiteur. L’enfant fut placé dans un lieu salubre ; le traitement de sa maladie consista dans l’emploi de bains de vapeurs simples, continués durant quarante jours sans interruption. Chaque fumigation durait au moins une heure; le petit malade acquit chaque jour plus de force, et guérit enfin après avoir recouvré entièrement sa santé et sa fraîcheur.

Lorsque M. R , militaire retraité, âgé de trente

ans, se retira à Lyon sur la fin de i8i8, il avait été depuis un an atteint plusieurs fois d’une fièvre , dont les accès se reproduisaient régulièrement avec

le type tierce. Cette maladie évidemment causée par les émanations maréca^^euses de la Bresse, résista à plusieurs traitemens et se montra particulièrement aux équinoxes et pendant les grandes chaleurs de l’été. M. Rapou lit administrer des fumigations sèches soufrées, après quelques hains généraux préparatoires de vapeurs. Les premières diminuèrent considérablement la durée de l’accès, la cinquième le supprima tout-a-fait. Le rétablissement fut complet et solide à la dix-huitième.

On a pu lire ailleurs un autre exemple remarquable des avantages de la méthode fumigatoire dans le traitement de ces fièvres.

M. Rapou donne une explication plausible de l’application des bains de vapeurs au traitement des fièvres intermittentes. Lorsque l’accès a lieu, les forces, les fluides > les mouvemens organiques se portent brusquement du dehors au dedans, sur un organe dont les relations sympathiques avec les autres tissus et appareils de l’économie sont intimes et nombreuses. Pendant le développement de la congestion interne, la peau se décolore, devient froide au toucher, et fait éprouver une sensation pénible. L’affection des muscles du visage et des membres se manifeste par des mouvemens convulsifs, des horripilations. Le frisson fébrile est expliqué par la soustraction des mouvemens organiques de la circonférence, ainsi que par leur concentration au dedans. Les phénomènes de la surexcitation interne, après s’étre montrés avec une grande énergie pendant un temps déterminé, perdent progressivement de leur

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