‹ Histoire des marins français sous la RépubliqueChapitre 57 sur 71 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

CUBOMiQU£â PLâ TOATS.

BOULOGME, AMBLBTEUSB, TIMERBUX, ETC., ETC.

On ne 8*oocupa que de la conetraction des canonmères et des bateaun plats sur tons les chantiers de la France el de la

Hollande, et plusieurs ports du littoral, notamment Boulogne,

:\niblefeuse, Vinioreux, prirent tout à coup une grande importance, en raison des millions que le gouveruemeut y dépensa.

Dans la première de ces villes, on crensa un vaste bassin capable de contenir pins de 4 000 bateanx ; on l'entoora de quais et d'estacades.

Tous les rivages furent hérissés de canons, garnis de fours à rougir les boulets, gardés avec une grande surveillance.

Une armée de 40 000 hommes établit ses C cHiipements dans les environs deBoulogne, et toutes les barques de la flottilloi partagées en neuf divisions» furent placées sons le commandement du meilleur de nos amiraux , le brave Lalouche- Tréville; 9 bataillons de ligne, continuellement exercés aux manœuvres de la marine, étaient destinés à compléter les armements.

Les Anglais s'émurent de ces préparatifs, et réfléchirent que leurs amiraux, en bloquant Brest et Toulon, ne les pnn iégeraient nullement contre des milliers de bateaux pouvant porter , à l'improviste , sur leurs c6tes , une armée de 100000 bommest les nidlleurs soldats du monde, comman-

dés par des gonôrnnx déjà tann u\, sous !a direction d*uo héros, dont la rêputalioQ s était faite avec tant d éclat.

De même que les conventîoonels en 4793| ils proclamèrent . la levée en masse da peuple anglais, rassemblèrent, à Tembouchure des rivières, des chaloupes canonnières» armèrent tous leurs caboteurs.

Nelson, rappelé de la Baltique, prit lo commandement de l'escadre des dunes, et reçut Tordre de s opposer au rassemblement de notre flottille, oe qui n'empêcha pas cette opération de réussir à merveille.

Nos bateaux arrivèrent de tous côtés, longeant les o6te8, relâchant, au besoin, dans les criques, naviguant de cap en cap, profitaiil des ombres de la nuit, des eouianls, des vents favorables i puis, à roccasion^ échangeant des coups de canon.

Nous verrons, dans le chapitre suivant, que Tamiral anglais tenta de bombarder Boulogne dans les premiers jours d'août 4801, mais n'obtint aucun résultat, grâce aux dispositions que prit Latouche-Tréville.

Peu de jours après, le 45 août, il conçut un autre dessein. Toutes les chaloupes, tous les canots arniés en guei re des nombreux bâtiments qui formaient son escadre, se portèrent avec ensemble, à la faveur de l'obscurité, sur la ligne d*embossage de notre flottille.

On en vint à Tabordage ; on se battit à l'arme blanche, et, après une lutte sanglante, nos marins remportèrent la vie* toire.

A cette occasion, Latouche-Tréville donna une grande féte à la bravoure. Par ordre du premier consul, 42 hachei d'honneur, 6 fusils, 4 grenades furent distribués à ceux qui s'étaient particulièrement distingués.

Le contre-aniiral Nielly, quand il fut nommé préfet maritime du 1" arrundissenient, dont Anvers était le chef-lieu, obtint de résider à Dunkerque, et s occupa tout d abord de faire solder aux ouvriers des arriérés de solde qui remontaient i Tan V de la République.

Ayant calmé, par cette mesure* l'agitation qui s*étalt produite, il se procura fiicilement beaucoup d'hommes de bonne

volonté. II établit sa sollicitude sur toutes les parties du service, fit des tournées d'inspection, dirigea les liialadcs sur les hèpilaux d'AaverSi rapatria, lors de la paix d'Amiens, beau** coup de marins déserteurs, et se procura des matériaux en aboodance pour la coostruclioD des bateaux de la flottille (4).

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