AU CITOYEN J. BRY
Mon cher éditeur,
J'ai besoin de vous remercier pour le soin que vous avez apporté à la publication des Martyrs de ta liberté. Le prix modique auquel vous avez établi un livre chargé de gravures et très convenablement ijnprimé témoigiie que vous n'avez pas eu en vue une spéculation , mais que vous avez voulu élever un monument à la démocratie.
Des retards que je regrette ont interrompu la mise en vente des dernières livraisons ; ces retards tiennent à des circonstances que nous n'avons pu, ni l'un ni l'autre, conjurer. S'il y avait un coupable, ce serait moi. La fidélité des engagements envers le public est un des devoirs que nous imposent nos principes démocratiques : à ce devoir je n'aurais pas manqué sans de graves motifs. Il me suffira de dire que les retards dont se plaignent justement les abonnés ont été dans l'intérêt du livre que je voulais rendre plus digne d'eux.
A mes compliments pour vous, mon cher Bry, permettez - moi de joindre des remerciements et des félicitations pour les artistes qui ont bien voulu me prêter le concours de leur talent. Laissez -moi dire aux citoyens Staal , Célestin Nanteuil, Frère, Demoraine, Beaucé, Mettais, Bocourt, que je suis fier de partager avec eux le succès d'un ouvrage qui appartient à tous.
Je n'oublierai point les ouvriers typographes de l'imprimerie Lacour. En écrivant Vllistoire des Martyrs de la liberté, j'ai pensé plus d'une fois aux martyrs du travail. Que ces collaborateurs reçoivent ici le témoignage de ma sympathie et de ma reconnaissance. Sans eux, sans le secours de leurs mains intelligentes, où en serait la liberté d'écrire? où en serait le progrès des idées? où en serait le monde?
Salut et fraternité,