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tion du Levant. Une belle occasion su présentait donc à moi de voir de près des évéiiemenls qui remuaient profondément mon âme comme celle de tous les chrétiens et de tous les amis de l'humanité, et de parcourir quelques points d'une terre à jamais illustre où les souvenirs de la France des Croisades se joignent à ceux de la Bible; je savais d'ailleurs que dans des circonstances d'une certaine gravité ^ un honmie jeune et résolu peut toujours rendre quelques services. Je sollicitai donc le passage à bord du JUéron, et je partis emportant les fonds d'une souscription organisée à Athènes avec un admirable élan de chai^ité, au récit des désastres 3u Liban.
Après quatre jours de traversée, nous arrivâmes à Beyrouth le surlendemain du carnage de Déir-el-Kamar, et j 'eus l'însi^DB bonheur d'y être le premier à distribuer les secours des chrétiens d'Europe aux chrétiens persécutés de la âyrie, le premier messager de l'ardente sympadiie de tout
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r Occident. Je ne demeurai pas bien des semaines dansée pays, et les circonstances ne me permirent pas d'y faire de longues excursions. Hais du moins je vis par mes propres yeux l'étendue des désastres^ j'allai au bivac de Djounih^ serrer là noble main de Kharram^ le défenseur du Ke&raouan, je parcourus les liùpitaux et je . pus semer quelques paroles de consolation et de sympathie. En même temps je reciieillis^ soit par mes observations personnelles, soit de la bouche de témoins et d'acteurs, les premières informations un peu complètes que roii ait rassemblées sur les événements dont la Syrie avait été le théâtre.
Ces informations, transmises d'abord dans quelques lettres à un journal de Paris, je le» ai tontes réunies dans une brochure
écrite immédiatement après mou retour en Grèce, brochure dans laquelle étaient publiées, entre autres, les dépositions mêmes
remises aux consulats européens par les
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rares survivants deHasbeiya, de llascheiya et de Déir-el-Kamar. Mais ce récit contenait quelques erreurs et quelques lacunes, iné- TÎtables de la part de quelqu'un qui écrivait au moment ^méme des événements, alors que les vérifications n'étaient guère * faciles.
Depuis ma course rapide en Syrie^ de nombreux voyageurs français ont parcouru cette terre dévastée. En dehors de ' ceux qui appartiennent à notre vaillante armée, deux surtout méritent une mention spéciale. Le premier èst M. Tabbé de Lavigerie, envoyé pour distribuer les aumônes recueillies par rOEuvre des Écoles d'Orient, et dont la charité a rendu le nom populaire dans toute l'Europe. Le second^ M. Baptistin Poujoulat^ vétéran des voyages dans le Levant, pendant un séjour de cinq mois au Liban et à Damas a procédé à une véritable enquête de laquelle est résulté un gros livre plein de renseigne* ments et de faits d'une haute importance,
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intitulé : La Vérité sur la Syrie et Vexpéditian française.
Lorsque, par une décision récente^ le comité formé à Paris en faveur des chrétiens de Syrie^ m'a fait Thonneur de me confier la mission de rédiger un récit .
d'ensemble des massacres qui pût être lu de tous, et faire juger parle passé l'avenir . qui attend nos itères du Liban et de la terre sainte, si la protection européenne
cesse de les couvrir, j'ai dû, pour arriver
à ce résultat, accomplir une double opération. Reprendre mon premier récit, puis le corriger et le compléter à l'aide des meilleures informations recueillies par ceux qui sont Yen us après moi, particulièrement par celles de M. B. Poujoulat, à qui Ton doit d'avoir le premier révélé le véritable caractère du massacre de Damas.
Ce travail a donné naissance au petit volume que je livre aujourd'hui au public. Plus d'un lecteur trouvera peut-être que les crimes racontés dans ce volume sont
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tellement révoltants qu'ils sont à peine croyables. Cependant, je dois le déclarer id, j'ai raconté l'histoire pure et simple dans sa stricte vérité ; je n'ai voulu accorder aucune part à l'imagination, ni même .avancer quelques détails qui pourraient être douteux. 11 n'est pas un des faits pompris dans ce récit qui ne soit certain, et que je ne pusse au besom, s'il était contesté, prouver par des documents authentiques.
PariB, le 1** mai 1861.