INTRODUCTION
Quelques notions de géographie et de statistique sont nécessaires^ ayant de commencer Texposé des faits qui en 1860, ont ensanglanté la Syrie.
Outre les Ottomans et les musulmans arabes
sminis ou ortliodoxes, sur lesquels il n'est besoin, ce me semble, de donner aucune explication, on yerra dans notre récit revenir 80117 Tent le nom de deux races qui complètent la population non chrétienne de la Syrie, les Druses et les Métoualis.
11 n'est certainement personne qui n'ait entendu parler des Druses. Ce peuple n'est pas musulman, mais pour ainsi dire idolâtre, professant une religion toute particulière et
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très-obscure, sur laquelle même le beau livre de SyWestre de Sacy n'a pas jeté une lumière complète. Il semble que ce soit un reste des antiques croyances du paganisme oriental réformé et combiné avec quelques éléments de mabométisme par le calife Hakem, sorte de fou furieux qui régnait au Caire dans le onzième siècle de notre, ère et que les sectateurs de cette religion considèrent comme leur fondateur.
Les Druses adorent un Dieu unique assez analogue au dieu d'Ëpicure, dont Tesprit hu* main ne peut sonder ni l'essence ni le pouvoir, ' qui est apparu quelquefois sur la terre sous une forme humaine et dont la dernière incarnation a eu lieu dans la personne de Hakem.
Ils rendent un culte à la figure d'un veau qui est ponr eux le symbole de cette incarnation. Enfin la vieille doctrine de la métempsycose est admise par ces bizarres fanatiques.
Au reste, ils font tout pour tenir leur religion aussi secrète que possible. Un des pré^ ceptes de leurs livres sacrés dit quQ cette religion étant trop buute pour être connue des infidèles, les Druses, pour mieux en cacher les / mystères, doivent professer extérieurement la religion dominante du pays où ils se trouvent.
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Ainsi, du temps de Témir Beschir, où l élément chrétien était prépondérant dans la montagne, on les voyait venir en masse auprès des missionnaires catholiques et recevoir le baptême ; main* tenant ce sont les musulmans qui dominent, et les mêmes hommes fréquentent régulièrement les mosquées ; dans quelques parties du Liban, des villages entiers de Druses^ pour s'acquérir Tappui de TAngleterre, ont fait profession de protestantisme vingt-quatre heures après Tarrivée du missionnairei avant même qu^il eût commencé ses prédications* Mais qu'ils se 'montrent à l'extérieur catholiques, protestants ou musulmans suivant les circonstances, ils n'en demeurent pas moins Drusee, et célèbrent entre eux les cérémonies de la religion combinée par Hakem.
Parmi les Druses eux-mêmeSy tous ne sont pas initiés d'une manière complète aux mystères de leur religion. La nation se divise en deux classes, les akkals ou « ceux qui savent,» et lés djaheb ou « ceux qui ignorent. » Le chef des akkals, souverain pontife des Druses, réside au village d'Ël-Moutna.
Cette population n'est pas restreinte dans le Liban; il y a aussi des Druses dans les districts de la Célésyrie, particulièrement daus ceux de