PREMIÈRE PARTIE
Le drame lamentable dont la Syrie s été le théâtre n'a pas éclaté subitement.
Depuis longtemps les musulmans le prépa- • raient. Pour en retrouver toutes les causes il &adrail mnonter jusqu'en 1840, à Tépoque oh des évéoements qui fiiillirent aHumer une guerre européenne brisèrent le sceptre de Vé* voir Besehir. £n 4845 et 4846 une guem analogue à ceUe de ^SCOj marquée aussi par des scènes horribles, mais que les derniers événements ont laissées bien loin dans Tombre, désola le Liban. Cependant une fois cette guem terminée, le pays était rentré dans une paix idatÎTe, et pendant une dizaine d'années on
put croire que les haines dont la première explosion avait eu des résultats si tristes, s'étaient quelque peu apaisées.
Mais à peine la lutte gigantesque entre la France, l'Angleterre et la Russie s'était-elle .terminée par le traité de Paris et la proclamation Auhattùhoumayouny que le fanatisme musulman, humilié par ce dernier acte, où les chrétiens étaient mis sur le même pied que les sectateurs de Yisktm, »e réveilla partout, en Syrie aussi bien que dans le reste de l'Orient. Les scènes sanglantes de Djeddah, de Candie, les massacres de la Bosnie, presque comparables à ceux du Liban, jetèrent une lueur sinistre sur le sort que les passions de la plèbe mahométane réservaient aux chrétiens partout où ceux-ci seraient les moins forts.
Vers le' même temps des symptômes d'une crise prochaine commencèrent à se montrer en Syrie. A partir de 1858, les intrigues musulmanes y prirent un caractère d ardeur tout particulier. Les représentants officiels du gouvernement de la Porte eux-mêmes travaillaient activement à réveiller toutes les vieilles discordes entre les Druses et les Maronites, excitaient sous main parmi ces derniers quelques cerveaux brûlés qui croyaient les circonstances
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faTorablos à une guérit, poussaient d'un autre
coté les idolâtres adorateurs du veau à profiter de leur supériorité militaire pour écraser les serviteurs du Christ èt pour s'enrichir à peu ' . d^ frais par le pillage , enfin pendant ce temps désorganisaient, en faisant appel à lenvie et aux passions démocratiques, Tantique constitution de la montagne chrétienne.
Il y avait bien des torts, et des torts anciens de la part des émirs et des scheikbs maronites Tis*à-vis de leurs paysans, aussi fut^^il facile d'armer ces derniers contre eux et de faire éclater une guerre intestine que le clergé eut le tort de ne pas empêcher*
C'est dans le livre de M. Baptistin Poujoulat que l'on trouvera le récit le plus complet de la révolte des paysans en 1 858, et surtout l'exposé de la part qu'y eurent les autorités musulmanes, ainsi que de la relation qui existait entre cette guerre et les préparatifs d'anéantissement des chrétiens. Nous né le reprôduisons pas ici, car nous voulons être bref, et en même temps nous sommes impatient d'arriver auxfaits mêmes qui ont justement remué tous les cœursen Europe.
Les complications préparées de si longue date et avec autant de soin furent au momént: d'éclater un an plus tôt qu'on ne voulaita^^
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Le 15 août 1859 une querelle au sujet d'un mouton devint le prétexte d*un furieux combat entre Druses et chrétiens, lequel se termina par r incendie complet du village mixte de Beit-Méri, où ces fiûts s'étaient produits. Un moment on craignit de voir les deux peuples qui se partagent le Liban, se lever en masse Tun contre Tautre, et renouveler les combats de i 845 ; maïs Tintervention prompte et énergique des consuls arrêta tout. D'ailleurs, il parait que les musulmans ne trouvaient pas les choses assez prêtes pour l'exécution de leur plan, et craignaient qu'en se révélant trop tôt . il ne fît qu'avorter. En effet, Khourchid-pachai gouverneur générai de Beyrouth , dont nous raconterons plus loin Tinfâme conduite dans les récentes tragédies, déploya Tannée dernière la plus grande activité pour faire cesser le conflit qui s'engageait. Seulement ce conflit lui servit de prétexte pour établir pendant quelques mois un camp de troupes ottomanes à Djounihy au cœur même du Eesraouan. Une propagande révolutionnaire des plus actives partait de ce camp, excitait les paysans maronites contre les émirs, et complétait la désorg^isation des districts chrétiens en y souillant un esprit de désordre.
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L'him se passa là-dessus sans autre chose qu'une grande agitation dans toutes les parties du Liban. De chaque côté on se préparait à une lutte immiueute, et quelques banquiers maronites de Bejijeuih, qui servaient dans la ville de procnreQrsàleurscoirelîgionnairtee, s'efforçaient de faire passer dans la portion chrétienne de la montagne un tain nombre de fosils et de la pondre pour mettre la population, désarmée presque entièrement depuis les événements de i â4ô, eu^tat de se défendre dans le cas dNine agression des Dntses.
Enfin au printemps de 18G0, les. organisateurs musulmans de l'aiïaire jugèrent le mo* ment &vorable vsnn*
Dans les premiers jours du mois de mars^ une réunion secrète eut lieu à Damas daos àne pièoe reculée du sérail ou palais du gouverneur, sous la présidence d^Adimet-padia, gouverneur civil et général des armées de TAlafaistan, Tun des plus brillants officiers de U Turquie, élevé en Oocident, eStëbvt par la défense de Kars qu'il dirigea avec le général Williams. Les nuembres de cette réunion^ car leurs noms méritât d*ètre eonservés dans l'avenir, étaient Abdallah-el-Halébi, scheikhoul-islaQi ou chef de k religion musulmane à
Damas; Zahir-effendi , moufti ou ministre de la religion de Mahomet; puis les principaux notables musulmans de la cité : Amar-effendi* Gliazi, juge au tribunal criminel, Aclimeteffendi-Hassibi-Abd-el-Hadi-el-Oumari , Abdallah- Bey «Nassif - pacha , Mohammed-Bey- Hadmé, Ali-Bey, Assaad- pacha et son père Abdallah-Bey. Ëniln on y remarquait Achmeteffendiy kihaya ou lieutenant du pacha de Beyrouth et de Sayda-Khourchid, venu exprès de Beyrouth pour représenter son chef au conciiiabille et y préndre les dernières instruc* tions sur ce qu'il y avait à faire.
La délibération fut longue et animée. Tous les griefs des croyants contre les infidèles y furent exposés de nouveau : progrès croissant des richesses des chrétiens; prépondérance de plus en plus grande des consuls européens en Turquie; édiction du hatti*houmayoun contraire à Tesprit et à la lettre du Coran ; danger que toutes ces causes faisaient coupr à l'islamisme et à Tempire du sultan.
On chercha les moyens de s'opposer à tant de périls. Enfin , par un fetvaj ou décision religieuse motivée sur un texte du prophète, Abdallah-eUHalébi déclara que les chrétiens ne pouvaient pas être les égaux des musulmans;
qu'ils ne pouvaient être que lolérés au sein de l'islamisme; qu'ils ne pouYaient racheter leur tète qu'en payant le khanUch ou la capitation supprimée par le liatti-houmayoun; qu'un pareil état de choses ne pouvait plus être supporté et qu'on ne pouvait y mettse un terme que par rextermination générale des chrétiens^
Achmet-effendi se ût fort avec Khourcbidpacha de décider lea Druses à concourir à cette œuvre à laquelle ils se préparaient de longue main et à laquelle on les avait vivement excités. Puis après être convenu de tout on se sépara.
Le sort des chrétiens de Syrie était décidé!
Le 17 avril. un parti de Druses envahit subitement le couvent grec catholique d'Ammik, situé dans les environs de Déir-el-Kamar. Le monastère fut pillé et incendié; le P. Atha-
1 . C'est M. Poujoulat qui a mis le premier ces faits eo lumière.
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nase, supérieur, égorgé. L'autorité ne ût même pas mine de rechercher les autenra de cette agression que rien n'avait provoquée.
Quelques jours après Kassim-Bey, scheikh druse au service de Saïd-Bey-Djembiai, protégé anglais, et Ton des diefs les plus influents du pays non chrétien , vint s'établir tout auprès de Sayda suivi de «quelques Druses et de quelques musulmans de TAglin^el-Arkonb.
Des émissaires des autres chefis idolâtres ûrent de même auprès de Beyrouth.
L^20 Kassim-Bey vint en'TÎUe et eut avec le moudîr ou gouverneur de Sayda un long entretien dont rien n'a transpiré. Ce qu^on sait seulement, c'est que dès le lendemain on remarqua une grande agitation dans la population musulmane qui se procurait des armes à tout prix. Le même jour, 27 avril, trois chrétiens du village de^Katouli furent assas-* sinés par les Druses de la suite de Kassim-Bey.
A dater de ce moment il ne se passa pour ainsi dire pas de jour que quelque chrétieu isolé ne fût tué dans une partie ou l'autre des districts druses. Le plus éclatant de ces assassinats fut celui d'un prAtre maronite.
Néanmoins, on espérait encore que les événements tarderaient à éclater jusqu'à la ûn de
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l'été, et que I'qii pourrait peut-être les prévenir. En effet, on apfmehait du moment de Ui récolte des oocoos; et, eomme Vioterruption de cette récolte cause un égal dommage aux DniBes et aux Maronites, d'ordinaire, même •dans les guerres les plus Tives, toutes les hostilités cessent à ce moment.
Mais cette espérance fut bientôt dé^e« Le 14 mai vit aux avirons de Sayda iin pponier ' engagement entre les deux populations rivales. Les ciirétiens de Katouli, assaillis par les Druaesy se défendirent à coups de fusil, tuèrent 4mt de leurs agresseurs et en blessèrent un troisième. Cette échauffourée fut le signal de nouveaux excès de la part des Druses. Les «ntremes seorètes de Kassîm-Bey et du moudir de Sayda devinrent de plus en plus fréquentes.
Campé à la porte de la ville, Kassim-Bey faisait fouiller par ses lummies tous les ehrétiens qui •en sortaient, leur enlevait leurs armes et leurs munitions, ne laissant que les Druses et les Tmras aller et imiir librement, s'iarmer et s'i^ provisionnmr de poudre et de plomb.
Les assassinats se multiplièrent -encore. Le 18 mai, à la suite d'mM quereUe entre un chrétien el n mnsulmaii de^ rEUArkoub, ^ dernier fut blessé d'un coup de couteau. Le
chrétien fut arrêté; mais cela ne suffî sait pas à Kassim-Bey et à ceux dont il était Tagent. Il prit le musuiiiian blessé et le transporta dans la ville de Sayda, suivi d'une centaine de Druses criant aux musulmans que c'était un chien de chrétien qui ayait blessé un des leurs, et qu'il fallait en tirer vengeance. Probablement on espérait amener par là, dès ce jour, un soulèvement de la population mahométane et un massacre des chrétiens. Mais l'intervention de quelques personnes ût éviter le danger, et cette scène si bien combinée n'eut pour résultat que d'augmenter l'excitation de la populace musulmane»
Sans que les choses eussent été encore aussi loin qu'à Sayda et dans les environs, la situation des districts autour de Beyrouth était aussi trèB>grave. Bientôt Thorizon devint tellement menaçant, que le 20 mai les principaux négo> ciauts de Beyrouth, réunis dans une des salles de la Banque ottomane, signèrent une pétition adressée aux consuls des diverses puissances, pour leur demander d'agir auprès du pacha dans le but de maintenir la sécurité de la ville et la paix de la montagne, absolument néces* saires à la continuation des transactions commerciales.
Deux jours après , une petite action avait lieu sur les bords du Naliar-Beyrouth, pour ainsi dire aux portes mêmes de la i^ille. Dix ou douze paysaus druses arrivaient pour chercher quelques-uns des leurs, employés dans des filatures auprès de la rivière, et les emmener avec eux dans la montagne. Us rencontrèrent quelques cbrétieus, armés comme eux.
Des paroles, puis dès injures furent échangées (le part et d'autre, et bientôt des injures on en vint aux coups. Une fusillade s'engagea, dans laquelle, je dois le reconnaître, les premiè- * res- balles partirent du groupe des chrétiens. Les Druses se retranchèrent dans une maisou où ils furent assiégés; et quand cette rixe sanglante se termina, un Druse était étendu mort sur le carreau, et deux autres grièvement blessés, ainsi qu'un chrétien qui fut aussitôt porté à Fhôpital de nos Sœurs de charité fran* çaises.
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L'autorité locale eût pu encore^ après la col* UsMNi du Nahar-Beyroalh, si m intentioi»
afftient été loyales el pseifiques, prendre quel» ques mesures contre les auteurs de cette collisioB, el, par un SKemplei assurer le maintieB de kl traitquinité. EUe n'en fit rien, et le lendemam encore un chrétien l'ut massacré auprès de Déir-ei^lkamar sans que ses assassins fussent ponrsuiTis*
Trois jours se passèrent encore dans cette situation tendue. La guerre pouvait è^e considérée eomme onTerlBy mms de nouveaux cm»
flits n'avaient pas encore éclaté. Le gouvei^ neur de Beyrouth faisait force préparatifs ^militaires et on pouvait espéra encore que c'était avec l'intention d'exercer la police dans le pays. Il n'y avait à Beyrouth que 750 hommes du Nizam ou infanterie régulière; mais le pacha écrivait à Damas, à Naplouse et à Jérusalem qu'on lui envoyât des renfoï'ts, et il ras»
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semblait de tous côtés des bachi-bouzouks , ArnauteB oo ÂlbanaiSy Oitomans de Tripoti, enfin jusqu'à des Bédouins des tribus nomades de la Bekkaa que nous avons vus camper au milieu des places de Beyrouth^ vêtus de leurs abayas rayés de brun eft de blanc, armés de leurs longues lances, sous leurs petites tentes noires en poil de chameau.
Le 29 mai au matin les troupes régulières et irrégulièros sortirent de la ville et vinrent établir uu camp au pied de la montagne, à deux heures environ de Beyrouth, à côté du village de Baabda. Vers le midi Khourcbid-pacha' quitta lui-même le sérail et se rendit au camp, oà sa tente de»
meura dressée depuis lors, pour arrêter, disait-il, les désordres qui commençaient, mais en réalité pour se soustraire à rinâuence des consuls, et pour se mettre dans un rapport plus direct et plus facile avec les chefs des Druses.
n est d'usage que, lorsque le gouverneur général quitte la ville ou y rentre, l'artillerie de la grande casenie fortifiée qui domine Beyroudi, &8ae quelques dédiaiges pour saluer son départ et son arrivée. Dans le cas actuel ces décharges servirent de signal.
Au momeot où les premiers coups de canon retentissaient^ une vive fusillade éclatait subitement dans le village de Beit-Méri, théâtre des événements du 15 août 1859| et bientôt toutes les maisons de ce village , aussi bien dans la partie druse que dans la partie maronite, devinrent la proie dea flammes. Les deux partis en cet endroit étaient prêts au combat; aussi fut-il très-vif. On se fusilla de part et d'autre avec acharnement jusqu'à minuit, et Tobscuritéainsi que la ruine complète du vil* lage mirent seules fin à la lutte. Des deux côtés alors on se replia, évacuant les débris de Beit-Méri, les chrétiens sur Aïn-Saadé, résidence de révèque maronite Tobie, et les Druses sur Abftdîyeh, leur quartier général. Un poste de trente à quarante Albanais irréguliers à la solde du gouvernement se trouvait dans le village de Beit-Méri; ces soldats prirent fait et cause pour les Druses, et la rumeur publique les accuse d'avoir mis eux-mêmes le feu aux prepiiëres maisons chrétiennes incendiées. Ainsi, dès le premier jour, la complicité des troupes du sultan avec les sectateurs de Hakem éclatait d'une manière évidente.
Tandis que cela se passait à Beit-Méri| les
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Druses de MetD incendiaieat la partie chré* tienneda village d*ÂrsQuny brûlaient Keneîseh,
Zendouka et quelques autres petits villages chrétiens dont la population était peu nombreuse, puis, après ces exploits, se repliaient sur Ras-el-MetD, leur principale bourgade dans ce district.
Le lendemain 30 la dévastation s'étendit dans une proportion immense tout autour de
Beyrouth.
Tous les villages situés aù pied de la mon^ tagne, et entourant le camp du pacba^ Areiya,
Baabda, El-Hadeth, Kefr-Scliîiua, et d'autres encore furent pillés et détruits dès le matin. Partout, les bachi-bouzouks, qui étaient sortis de la ville avec le pacha, se répandaient dans la plaine, donnaient la main aux Druses, et rivalisaient d*ardeur avec eux pour Tincendie, le pillage et le massacre. Les horreurs commises dès lors par ces soldats irréguliers sont au-dessus de toute expression -, et en biea des endroits ont révolté les Druses eux-mêmes. En effet, ceux-ci sont féroces et pillards, ils tuent leur ennemi avec des rallinements de cruauté, mais en même temps ils ont certaines vertus chevaleresques qui un jour se sont si
brillamment personniûées dans la ligure de
l'émir Fakr-ed-Dln. Aussi un Druse frappe rarement un être faible et désarmé, un vieillard, une femme, un enfant, surtout jamais il ne tentera de souiller Thonneur d'une femme pri- ' sonnière. Au contraire, dès le premier jour où ils se sont répandus dans la plaine, les bachi-bouzouks n'ont rien épargné, La plume se refuse à décrire tous leurs actes de barbarie ; et nous autres Européens, avec nos mœurs adoucies par la civilisation chrétienne, nous ne pouvons croire à de semblables abominations que lorsque nous les avons vues de nos yeux. Ici c'étaient les enfants que Ton coupait . quartiers ou bien qu'on lançait en l'air pour les recevoir sur la pointe des yatagans ; là déjeunes filles violées et ensuite égorgées; ailleurs des vieillards à qui Ton cassait les quatre membres à coups de crosses de fusil et qu'on laissait mourir lentement sur la place au milieu des plus atroces douleurs. Mais je m'arréte; j'aurai l'occasion de revenir encore bien des fois sur des raffinements de cruauté analogues, et.il me faudrait trop de temps si je voulais énumérer tous les supplices inventés par la fertile imagination des bachi4>ouzouks.
Quant au gouverneur Khourchid , bien loin de s'interposer pour arrêter les incendies et
les massacres y bien lain d'essayer de retenir ses soldats ou de faire marcher contre eux les
compagnies de troupes régulières dont il disposait, il demeurait tranquillement assis à la porte de sa tente, fumant gravement son chi* bouk, et regardant brûler les villages chrétiens. Celui de Baabda fut pillé et détruit à deux portées de fusil au plus de sa tente» sans qu'il sortît de son impassibilité. Il ne se borjaaii même pas là : il encourageait du geste et de la Yoix, en les traitant de héros » de défenseurs de la yraie foi , les Druses qui passaient à portée de lui. Cependant, à la ûn de la journée, il ût une sorte de démonstration, soidisant pour témoigner de son impartialité et de son énergie dans Tœuvre du rétablissement de la paix.
Voici en quoi consista cette démonstration*
Deux coups de canon à poudre ' furent tirés sur un parti de Druses qui se trouvait auprès du camp y et plusieurs coups de canon à mi'traille sur une troupe de cinq cents chrétiens qui venaient des environs de Bikfaiya^ sou& la conduite d'un certain Taiiious*Schahin, au secours de leurs frères attaqués.