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CHAPITRE VII

Les Mathématiques chez les Romains.

Pendant longtemps les Mathématiques ne pénétrèrent pas chez les Romains. Les conquérants du monde n’avaient guère le loisir de s’arrêter aux spéculations scientifiques. Pline ou Varron nous donnent seulement quelques lignes sur leur numération clactylique. Par différentes combinaisons des doigts et des phalanges de la main gauche, ils comptaient jusqu’à 99. Les mêmes signes répétés par leur dextre devenaient des centaines. Ainsi le petit doigt et l’annulaire repliés vers la paume de la main gauche, représentaient 2, à la droite il signifiait 200, et ainsi de suite. C’était là toute leur Arithmétique. La Géométrie enseignée dans les écoles de Rome 11e s’élevait guère plus haut. Elle se bornait aux notions nécessaires aux arpenteurs ( cigri mensores). Les Italiens qui voulaient pousser plus loin leurs études dans cette voie, devaient se rendre à Alexandrie. C’est pourquoi nous 11e nous appesantirons pas beaucoup sur les ouvrages relatifs à cette période. Ils ne nous sont d’ailleurs parvenus qu’en petit nombre ; et à quoi bon surcharger de noms obscurs une Histoire dans laquelle nous nous inquiétons avant tout de la libation des idées et des méthodes ? Nous ne signalerons donc aucun mathématicien avant Cassiodore, né vers 670 à Squillace (Calabre). Il devint successivement ministre de plusieurs rois des Ostrogoths, et se distraya des

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affaires publiques en écrivant un traité De institutions divinarum litterarum , ou exposé des règles d’enseignement du trivium (Grammaire, Rhétorique, Logique) et du quadrivium (Arithmétique, Géométrie, Astronomie et Musique). Ce livre sans grande valeur scientifique a cependant été le vade-mecum de beaucoup d’étudiants au moyen âge. Quant aux Martianus Capella, aux Victorius et aux Priscien, nous les mentionnerons simplement sans nous y arrêter.

Les travaux de Boèce dont nous allons nous occuper maintenant, offrent plus d'intérêt. Il appartenait à une des plus anciennes familles de l’aristocratie romaine. Après avoir commencé ses études à Rome, il alla les continuer à Athènes, et devint à son tour membre du Sénat. Lors de l’entrée de Théodoric dans la Ville Eternelle, il sut gagner ses bonnes grâces, et devint un de ses favoris.

Tout en remplissant les charges les plus importantes, il étudiait les ouvrages d’Aristote et de Platon. Mais son érudition, sa haute culture morale, bien au-dessus de son époque, ne pouvait être apprécié de ses barbares contemporains, et ses rivaux l’accusèrent de comploter avec l’empereur Justinien pour ruiner la domination des Ostrogoths, et affranchir Rome de leur joug. Théodoric, plus intelligent que ses conseillers, résista quelque peu, mais il finit par leur céder. Boèce fut emprisonné à Pavie, et étranglé en 5 26. Sa femme avait partagé son exil, comme le prouve une épitaphe conservée à Saint-Pierre de Rome L

Parmi ses œuvres, son Arithmétique n’est qu’une copie, mal digérée d’ailleurs, de celle de Nicomaque. Son Ars geomelriæ , dont nous donnons ci-contre le fac-similé d’une page, est plus curieux. C’est lui qui fit connaître aux Latins la science euclidienne. Il débute par une traduction littérale ou peu s’en faut des définitions des quatre premiers livres du mathématicien grec, mais les

(1) ItEiLBROrciER. Ilisloria Matheseos universae. Leipzig, 1 742-

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