DÉVELOPPEMENT DE L'ALGÈBRE SYNCOPÉE ET DE LA. TRIGONOMÉTRIE
RegiomontanuB ('). — Parmi les nombreux écrivains distingués de ce temps, Jean Regiomontanus est le plus ancien et l'un des plus habiles. Il naquit à Kœnigsberg le 6 juin i£36, et mourut à Rome le 6 juillet 1^76. Son vrai nom était Jean Millier, mais, suivant la coutume du temps, il faisait paraître ses publications sous un pseudonyme latin tiré de son lieu de naissance. Pour ses amis, ses voisins et tous ceux qui ont eu relations avec lui il peut avoir été Jean Millier, mais le monde scientifique et littéraire ne le connaissait que sous le nom de Regiomontanus, de même qu'il ne connaissait Zepernik que sous le nom de Copernic, et Schwarzerd, sous celui de Melanchton. Ce serait montrer du pédantisme, ou vouloir provoquer une certaine confusion, que de citer un auteur par son nom véritable, lorsqu'il est universellement désigné par un autre ; c'est pourquoi dans tous les cas et autant que possible nous emploierons seulement le nom, latinisé ou non, sous lequel un écrivain est généralement connu.
Regiomontanus étudia les mathématiques, sous la direction de Purbach, à l'université de Vienne, alors l'un des principaux centres d'études mathématiques de l'Europe. Son premier ouvrage, en collaboration avec Purbach, est une analyse de YAlmagesie. Il fait usage des fonctions trigonométriques sinus et cosinus et donne une table des sinus naturels. Purbach mourut avant que le livre fût terminé et celui-ci ne fut publié à Venise qu'en 1496. Après ce premier ouvrage, Regiomontanus en écrivit un autre sur l'astrologie ; il fut publié en 1/I90 avec quelques tables astronomiques et une table des tangentes naturelles.
(£) Sa vie fut écrite par P. Gassendi. La Haye, seconde édition i655. Ses lettres qui renferment beaucoup d'informations curieuses sur les mathématiques de son temps, furent réunies et publiées par G. G. Von Murr. Nuremberg, 1786. On trouvera une étude sur ses œuvres dans Regiomontanus, ein geistiger Vorlâufer des Copernicus. par A. Ziegler. Dresde, 1874 ; voir aussi Castor, chap. lv.