CHAPITRE XII. DÉVELOPPEMENT DE L* ALGÈBRE SYNCOPÉE
autour du soleil appartient à l'astronomie plutôt qu'aux mathématiques. Cependant nous pouvons ajouter que Copernic écrivit sur la trigonométrie ; les résultats de ses recherches ont été publiés à Wittenberg en i54a, sous forme d'un livre classique ; ils sont clairement exposés, mais ils ne renferment rien de neuf. Il est évident d'après cette publication et d'après son astronomie qu'il était bien au courant de la littérature mathématique, et qu'il en avait la parfaite intelligence. Nous avons mentionné son hypothèse sur le mouvement de la terre comme une simple conjecture de sa part : il Ta en effet émise pour expliquer, d'une façon simple, les phénomènes naturels. Galilée en i632 fut le premier qui essaya de donner un commencement de preuve à l'appui de cette hypothèse.
Recorde. — Le signe employé actuellement pour indiquer l'égalité fut introduit par Robert Recorde (*). Recorde naquit à Tenby dans le Pembrokeshire vers ioio et mourut à Londres en i558. Il entra à Oxford et en i53i devint membre agrégé du Collège d'Ail Soûls ; de là il se rendit à Cambridge, où il prit un grade en médecine en i545. Il retourna alors à Oxford, où il professa, mais finalement il s'établit à Londres et devint médecin d'Edouard VI et de Marie Tudor. Sa fortune fut courte, car au moment de sa mort il était enfermé pour dettes dans la prison du Banc de la Reine.
En i54o il publia une arithmétique, intitulée le Grounde oj Artes (le Jardin des Arts), dans laquelle il emploie le signe -h pour indiquer l'excès et le signe — pour indiquer le déficit ; « -+- xohyche betokenelh too much, as this Une — plaine without a crosse Une, betokeneth too little (2). » Dans ce livre l'égalité de deux rapports est indiquée par deux lignes égales et parallèles dont deux extrémités opposées sont réunies diagonalement, c'est-à-dire par Z . Quelques années plus tard, en iôSy, il écrivit une algèbre à laquelle il donna le titre de Whetslone of Witte. Cet ouvrage est intéressant par ce qu'il contient le plus ancien exemple du signe = pour indiquer l'égalité et il dit qu'il a choisi ce symbole particulier pour cette raison que « noe 2 thynges can be moare equalle » (*)
(*) Voir notre Hulorj of the Study of Mathtmatics at Cambridge, pp. i5-iq. Cambridge, 1889.
(*) + qui indique trop, comme cette ligne — tracée sans un trait transversal indique trop peu.
(s) Deux choses ne peuvent pas ôtre plus égaler.
que deux lignes parallèles. M. Charles Henry a cependant signaléque dans les manuscrits du moyen-âge ce signe est une abréviation reconnue pour le mot est ; et cela semblerait indiquer une origine* plus probable. Dans cet ouvrage Recorde montre comment on peut extraire la racine carrée d'une expression algébrique.
Il écrivit aussi une astronomie. Ces ouvrages donnent une idée nette des connaissances du temps.
Rudolff. Riese. — Vers la même époque en Allemagne, Rudolff' et Riese reprirent la question de l'arithmétique et de l'algèbre. Leurs recherches servirent de base à l'ouvrage bien connu de Stifel. Christophe Rudoljjf (') publia son algèbre en 1025 ; elle est intitulée Die Coss, et s'appuie sur les écrits de Pacioli et peut-être de Jordanus. Rudolff introduisit le signe \J pour indiquer la racine carrée» ce symbole étant une corruption de la lettre initiale du mot radix (racine), de même \J ^ \/ indiquait la racine cubique, et / V~ la racine quatrième. Adam Riese (2) naquit près de Bamberg (Bavière) en 1/189, de parents pauvres ; après avoir travaillé quelques années comme mineur, il put se livrer à l'étude des sciences, et mourut à Annaberg le 3o marg i55q. Il écrivit un traité de géométrie pratique, mais son ouvrage le plus important est une arithmétique bien connue (qui est en même temps une algèbre), publiée en. i536 et basée sur le livre de Pacioli. Riese employait les symboles -+- et — •
Stilel (»). — Les méthodes usitées par Rudolff et Riese et leurs, découvertes furent rassemblées et exposées d'une façon générale dans un ouvrage de Stifel qui se répandit au loin.
Michel Stifel, connu quelquefois sous le nom latin de Stiffelius, naquit à Esslingen en i486 et mourut à Iéna le 19 avril 1067. II fut tout d'abord moine augustin, mais il accepta les doctrines de Luther, dont il était un ami personnel. Il nous raconte dans son» algèbre que ce qui détermina finalement sa conversion fut la re—
(*) Voir E. Wapplbr, Geschichte der deutschen Algebra im XV Jahrlwnderte* Zwickau, 1887.
(3) Voir deux ouvrages, par B. Berlet, lieber Adam Riese, Annaberg, i855;l et Die Coss von Adam Riese. Annaberg, 1860.
(*) Les références sur Stifel Bont données par Caktor, chap. Lia.