CHAPITRE XII. DÉVELOPPEMENT DE l/ ALGEBRE SYNCOPÉE
d'un démon ». Ses manières, et de nombreux talents lui procurèrent une place au service du cardinal Ferrando Gonzague ; il s'arrangea de façon à y faire fortune. Ses dissipations influèrent sur sa santé, et, en i565, il se retira à Bologne où il commença à faire des conférences sur les mathématiques. La même année il fut empoisonné, soit par sa sœur qui semble être la seule personne pour laquelle il eut un peu d'affection, soit par l'amant de celle-ci.
Tous les travaux de Ferrari se trouvent dans YArs Magna de Cardan ou dans l'algèbre de Bombelli, mais on ne peut rien lui attribuer d'une façon certaine à l'exception de la solution de l'équation biquadratique. Colla avait proposé comme un défi aux mathématiciens la solution de l'équation
xk -h 6 x* -f- 36 = 6o# ;
équation particulière, probablement trouvée dans quelque livre arabe. On ne connaît rien au sujet de l'histoire de ce problème, si ce n'est que Ferrari réussit là où Tartaglia et Cardan avaient échoué.
Rhéticus. — George Joachim Rheticus né à Feldkirchen le i5 février i5i4 et mort à Kaschau le 4 décembre 1676, était professeur à Wittenberg. Il étudia dans la suite sous la direction de Copernic, qui lui laissa le soin de publier ses ouvrages. Rhéticus construisit diverses tables trigonométriques, dont quelques unes furent publiées en i5g6 par son élève Othon. Elles furent parla suite complétées et étendues par Viete et Pitiscus et servirent ainsi de fondements à celles encore en usage. Rhéticus trouva également les valeurs de sin 26 et sin 30 en fonction de sin 0 et cos Q et il n'ignorait pas que les rapports trigonométriques peuvent se définir au moyen des rapports des côtés d'un triangle rectangle sans faire intervenir le cercle.
Nous ajoutons ici les noms de quelques autres mathématiciens célèbres qui vivaient à peu près à la même époque, bien que leurs ouvrages aient actuellement peu d'intérêt pour nous en dehors des amateurs d'antiquités.
François Morolico. — En latin Maurolycus, né à Messine, en 1/194, de parents grecs et mort en 1575, traduisit de nombreux
ouvrages mathématiques latins et grecs et discuta les coniques considérées comme sections d'un cône. Ses œuvres ont été publiées à Venise en îb'jb.
Jean Borrel. — Né en i4<p, et mort à Grenoble, en 1572,. écrivit une algèbre basée sur celle de Stifel, et une histoire de la quadrature du cercle : ses ouvrages furent publiés à Lyon en i55<).
Guillaume Xylander. — Né à Augsbourg, le 26 décembre i532, et mort le 10 février 1076 à Heidelberg où il était professeur depuis i558; fit paraître en i55G une édition des œuvres de Psellus, en 1662 une édition des Eléments d'Euclide, en 1570 une édition de Y arithmétique de Diophante ; il composa aussi quelques ouvrages de moindre importance qui furent réunis et publiés, en 1577.
Federigo Commandin. — Né en i5og à Urbin et mort dans^ la même ville le 3 septembre 1570, publia en i558 une traduction des œuvres d'Archimède ; en 1 566 des extraits d'Apollonius et de Pappus ; en 1572 une édition des Eléments d'Euclide ; et en 1574 des extraits choisis d'Aristarque, de Ptolémée, d'Héron et de Pappus, qu'il fit suivre de commentaires.
Jacques Peletier. — Né au Mans le 20 juillet 1617 et mort à Paris en juillet i582, écrivit des livres classiques sur l'algèbre et la géométrie : la plupart des résultats de Stifel et de Cardan se trouvent dans le premier de ses ouvrages.
Adrien Romain. — Né à Louvain le 29 septembre 1061 et mort le 4 mai 1626, professeur de mathématiques et de médecine à l'université de Louvain, fut le premier qui établit la formule usuelle donnant le développement de sin (A -+• B). — Et enfin,
Barthélémy Pitiscus. — Né le 2 \ août 1061 et mort à Heidelberg où il était professeur de mathématiques, le 2 juillet i6i3, publia en 1 599 sa Trigonométrie : elle contient les expressions pour sin (A ±: B) et cos (A ± B), en fonction des rapports trigonométriques des angles A et B.