chapitre ii. — l'école pythagoricienne
ments de la journée précédente ; ils se traçaient ensuite un programme pour la journée qui s'ouvrait, et enfin en se retirant pour le repos du soir ils étaient tenus de comparer leurs actes avec le plan imposé.
L'un des symboles qu'ils employaient pour se reconnaître était le pentagramme appelé aussi quelquefois le triple triangle —
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Le pentagramme qui est tout simplement un pentagone régulier étoile était considéré comme symbolisant la santé, et les sommets étaient probablement désignés par les lettres du mot i>yiti*t la diphtongue et étant remplacée par un 6. Notons que la figure consiste en une simple ligne brisée à laquelle on attribuait une certaine importance mystique (l).
Jamblique, à qui nous devons la révélation de ce symbole, raconte qu'un Pythagoricien étant en voyage, tomba malade dans une auberge où il s'était arrêté pour passer la nuit ; il était pauvre et fatigué, mais l'aubergiste, homme compatissant, le soigna charitablement et fit tout ce qui dépendait de lui pour le ramener à la santé. Cependant, en dépit de ses soins, l'état du malade empirait. Comprenant qu'il allait mourir et ne pouvant payer à l'aubergiste ce qu'il lui devait, le Pythagoricien demanda alors une tablette sur laquelle il traça la fameuse étoile symbolique ; puis, la présentant à son hôte il le pria de la suspendre à l'extérieur de façon que tous les passants pussent la voir, en l'assurant qu'un jour ou l'autre sa charité serait récompensée. L'étudiant mourut, fut enterré convenablement et la tablette exposée comme il l'avait demandé.
Un long intervalle de temps s'était déjà écoulé lorsqu'un jour le symbole sacré attira l'attention d'un voyageur qui passait devant l'auberge ; mettant pied à terre il entra dans l'établissement et
(f) Au sujet de la théorie de ces figures on peut consulter nos « Récréations mathématiques » Paris. Hermann. 1899.
après avoir entendu le récit de l'hôtelier le récompensa généreusement.
Telle est l'anecdote de Jamblique et il faut reconnaître que si elle n'est pas vraie, elle est tout au moins intéressante.
La majeure partie de ceux qui suivaient les leçons de Pythagore se composait seulement « d'auditeurs » mais sa philosophie devait servir de guide à ses disciples dans leur existence, soit politique, soit sociale. En recommandant l'empire sur soi-même, en réclamant la direction des affaires pour les hommes les plus capables de l'Etat, l'obéissance absolue aux autorités légalement constituées, en faisant appel aux éternels principes des peines et des récompenses, il avait en vue une société totalement différente do celle de son époque constituée par le parti démocratique, et par suite, naturellement la plupart des membres de la confrérie appartenait à Faristocratie.
L'association avait également des membres affiliés dans beaucoup de villes voisines et par son organisation spéciale et sa discipline rigoureuse elle possédait un grand pouvoir politique ; mais de même que toutes les sociétés secrètes, elle était un objet de suspicion pour tous ceux qui n'en faisaient pas partie.
Les Pythagoriciens furent tout puissants pendant un court intervalle de temps ; en — 5oi une révolte populaire renversa le gouvernement et au milieu des émeutes qui accompagnèrent l'insurrection, la populace incendia la maison de Milo (où vivaient les étudiants) et mit à mort un grand nombre des membres les plus marquants de l'Ecole. Pythagore lui-même se réfugia à Tarcnle, puis de là à Métaponte où il fut tué en — 5oo dans une autre révolte populaire.
Bien que privés de leur chef et brisés comme société politique, les Pythagoriciens -semblent cependant s'être reconstitués à la fois comme société philosophique et mathématique avec Tarente comme centre de réunion. Ils continuèrent à prospérer pendant cent ou cent cinquante ans après la mort de leur fondateur, mais jusqu'à la fin, leur société demeura secrète et nous ignorons, par conséquent, les détails de leur histoire.
Pythagore lui-même, ne permettait pas l'usage des manuels ; le principe de l'Ecole était que non seulement toutes les connaissances devaient être considérées comme acquises en commun et dissimu-