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LES MATHÉMATICIENS ANGLAIS DU XVIII* SIECLE

Nous avons consacré un paragraphe spécial aux mathématiciens Anglais qui vinrent après Newton, afin de pouvoir examiner sans discontinuité les travaux de l'Ecole anglaise. Naturellement, les Anglais adoptèrent tout d'abord la notation de Newton pour le calcul infinitésimal, de préférence à celle de Leibnitz ; en conséquence, le développement de l'Ecole anglaise suivit nécessairement une route un peu différente de celle du continent, où le calcul infinitésimal était propagé uniquement par Leibnitz et les Bernoulli. Mais cette séparation en deux Ecoles distinctes ne devint très accentuée que grâce à l'intervention de Leibnitz et de Jean Bernoulli. Les amis de Newton en éprouvèrent quelque ressentiment et, pendant quarante ou cinquante ans, au grand désavantage de tous, la querelle fut très vive de part et d'autre.

Les principaux représentants de l'Ecole anglaise furent Cotes, de Moivre, Ditton, David Gregory, Halley, Maclaurin, Simpson et Taylor.

Rappelons encore & nos lecteurs que plus nous approchons des temps modernes, plus le nombre des mathématiciens remarquables en Angleterre, en France, en Allemagne et en Italie devient considérable ; mais dans un exposé sans prétention tel que celui-ci, nous nous bornons à mentionner les hommes les plus marquants.

Nous ne consacrerons donc que quelques lignes àGregory, Halley ctDitton.

David Qregory. — David Gregory, le neveu de Jacques Gregory dont il a déjà été parlé, né à Aberdeen le 2/1 juin 166 1 et mort à Maidenhead le 10 octobre 1708, fut nommé professeur à Edinbourgen i684 ; en 1G91 il fut choisi sur la recommandation de Newton pour occuper à Oxford la chaire Savilian. Ses principaux ouvrages sont : un Traité de géométrie paru en 1684 ; un Traité d'Optique publié en 1695, dans lequel (p. 98) est envisagée pour la première fois la possibilité de former une combinaison achromatique de lentilles ; et une étude parue en 1702 sur la géométrie physique et l'astronomie newtonienne.

Halley. — Edmond Halley, né à Londres en iG36 et mort à Greenwich en 17^2, fit ses éludes à Saint-Paul de Londres, et au Collège de la Reine, à Oxford ; en 1 703 il succéda à Wallis, qui occupait la chaire Savilian, et en 1720, il fut nommé astronome Royal après Flamsteed dont il édita en 171 2 YHistoria Cœlestis Britannica (première édition : on y constate quelques imperfections). On ne doit pas citer le nom de ce savant sans rappeler la façon généreuse dont il assura en 1687 la publication des Principia de Newton. La majeure partie de son œuvre personnelle est relative à l'astronomie et à d'autres sujets ne rentrant pas dans le cadre de cet ouvrage ; il faut ajouter cependant que ses travaux sont excellents ; Lalande et Mairan en parlent tous deux dans les meilleurs termes.

Halley restitua le 8° livre perdu d'Apollonius et flt paraître en 17 10 une édition superbe de l'ouvrage complet; il édita également les œuvres de Serenus, de Menelauset quelques-uns des ouvrages peu importants d'Apollonius.

Il fut, à son tour, remplacé à Greenwich, comme Astronome Royal, par Bradley. (l)

('y James Bradley, ne en 1693 à Chalford dans le Glouceslershire, et mort à Sherboinc en 1762, fut l'astronome le plus distingué de la première moitié du xyiii4 siècle. Parmi ses plus importantes découvertes il faut citer : l'explication de l'aberration de la lumière (1729), la découverte de la cause de la nutation (17/48) et sa iormule empirique pour les corrections de la réfraction. On peut dire sans trop s'avancer qu'il fut le premier à faire de l'art des observations une science méthodique.

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