CHAPITRE IV. LE 111° SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST
Le récit de l'incendie des vaisseaux romains provoqué par Archimède, en concentrant sur eux au moyen de miroirs concaves, la chaleur solaire n'a été propagé que quelques siècles après sa mort, et est généralement considéré comme apocryphe, mais il n'est pas aussi invraisemblable que Ton pourrait communément le croire. Le miroir d'Archimède était constitué par un hexagone entouré de. plusieurs autres miroirs polygonaux de chacun vingt-quatre côtés, et en 17^7» Buffon (') réussit en n'employant qu'un seul miroir fait sur le même plan et composé de 168 petits miroirs, à enflammer du bois à une distance de i4o pieds. Si on observe que ces expériences ont été faites à Paris, il ne paraît pas invraisemblable qu'Archimède ait pu incendier une flotte romaine en Sicile pendant Télé en utilisant plusieurs miroirs.
L'opération n'aurait môme pas présenté de grandes difficultés sur des navires mouillés tout près de la ville. Il n'est peut-être pas sans intérêt de mentionner qu'une invention du même genre aurait été utilisée en 5i4 après J.-C, lors de la défense de Constantin nople ; le fait est rapporté par des écrivains qui étaient présents, ou qui tenaient leurs [informations de ceux qui assistèrent au siège. Quoi qu'il en soit de cette histoire des miroirs, il n'en est pas moins certain qu'Archimède imagina les catapultes qui eurent pour effet de tenir fort longtemps en échec les Romains qui assiégeaient Syracuse. Ces engins étaient construits de telle sorte que l'on pouvait, à volonté, en diminuer ou en augmenter la portée et qu'il «Hait possible d'envoyer des projectiles à travers le vide des créneaux, sans exposer ceux qui s'en servaient aux coups de l'ennemi. Leur utilité fut si bien constatée que les Romains transformèrent le siège en blocus, et la prise de la ville ( — 212) fut retardée de trois ans.
Archimède fut tué pendant le pillage qui suivit, malgré l'ordre de Marcellus, de respecter sa vie et sa maison. On raconte qu'un soldat interrompit ses méditations pendant qu'il étudiait une figure géométrique tracée sur du sable. Archimède l'ayant invité à s'écarter pour ne pas effacer son dessin, le soldat furieux de s'entendre donner des ordres, et ignorant quel était le vieillard qui lui parlait,
(!) Voir Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, pour 1747. Paris 176a, pp. 82-101.
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