CHAPITRE VI. L ECOLE BYZANTINE
Les astrologues des quinzième et seizième siècles faisaient grand usage de ces [arrangements de nombres. Le fameux Cornélius Agrippa (i 486-1 535), en particulier, avait construit des carrés magiques des ordres 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, qui étaient respectivement associés aux sept « planètes » astrologiques : Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure et la Lune. Il enseignait que le carré à une case dans laquelle le nombre 1 était inscrit représentait l'unité et l'éternité de Dieu, tandis que le fait qu'on ne pouvait former un carré du second ordre établissait l'imperfection des quatre éléments, l'air, la terre, le feu et l'eau ; plus tard d'autres écrivains ajoutèrent que cela symbolisait le péché originel. Un carré magique gravé sur une plaque d'argent était souvent recommandé comme un charme contre la peste, et l'un de ceux que nous avons représentés ci- dessus (le premier) se trouve dessiné sur le portrait de la mélancolie peint par Albert Durer vers i'année i5oo. De tels talismans sont encore en usage en Orient.
Les Turcs s'emparèrent de Gonstantinople en i453 et ainsi disparut cejque nous pouvons appeler la dernière image d'une Ecole grecque de^mathématiques. De nombreux grecs se réfugièrent en Italie. EnJOccident le souvenir de la science grecque s'était effacé et on ignorait même les noms des écrivains de cette nationalité à quelques rares exceptions près*. Aussi les ouvrages apportés par ces exilés furent une révélation pour l'Europe et, comme nous le verrons plus loin, donnèrent un stimulant considérable à l'étude de la science.
R. B. — Tome I.