CHAPITRE Vm. CRÉATION DES PREMIERES UNIVERSITÉS l
dès les premiers temps de sa création. Les municipalités et les nombreuses sociétés qui existaient en Italie fournirent de nombreux modèles pour rétablissement de ces règlements, mais il est probable que quelques uns d'entre eux dérivèrent de ceux qui étaient en vigueur dans les écoles mahométanes de Cordoue.
Il est évident que nous sommes à peu près dans l'impossibilité de fixer la date exacte de l'origine de ces associations volontaires, mais elles existaient à Paris, Bologne, Salerne, Oxford et Cambridge avant la fin du douzième siècle : ce sont là les universités qui peuvent être considérées comme les plus anciennes en Europe. L'enseignement donné à Salerne et Bologne était principalement technique — pour la médecine à Salerne, pour le droit à Bologne — et on a contesté à ces deux centres d'instruction la prétention d'être des universités, aussi longtemps qu'ils ne furent que de simples écoles techniques ; le titre d'université était généralement attribué à tout corps enseignant aussitôt qu'il était reconnu comme un studium générale.
Bien que par leur organisation ces premières universités fussent indépendantes des écoles paroissiales ou monastiques voisines, elles paraissent leur avoir été unies en général, tout au moins à l'origine, et elles leur empruntèrent peut-être leurs salles de réunion, etc. Les universités ou corporations (se gouvernant ellesmêmes et formées par les maîtres et les étudiants) et les Ecoles voisines (sous le contrôle direct de l'Eglise ou du Monastère) continuèrent à vivre côte à côte, mais avec le temps les dernières diminuèrent d'importance, et finirent souvent par être soumises aux règlements des Universités. Presque toutes les Universités du moyen-âge prospérèrent sous la protection d'un évêque (ou d'un abbé) et furent, dans un certain domaine, placées sous son autorité ou sous celle de son chancelier ; c'est d'ailleurs de ce dernier que le chef de l'Université prit par la suite son titre. Cependant les Universités ne constituaient pas une corporation ecclésiastique et bien que la masse de leurs membres fut dans les ordres, leur liaison avec l'église provenait principalement de ce fait, que les clercs formaient alors la seule classe de la communauté ayant la faculté de continuer des études intellectuelles.
Quand une universitas magistroram et scholarium était parvenue à grouper un certain nombre d'étudiants, elle réclamait toujours
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après un certain temps d'existence, des privilèges légaux, tels que le.droit de fixer le prix de ses cours et celui d'exercer toutes actions légales intéressant ses membres.
Ces privilèges lui faisaient généralement reconnaître le pouvoir d'accorder des grades qui conféraient à leurs détenteurs le droit d'enseigner dans tout le royaume et fréquemment l'Université était créée à ce moment là.
Paris reçut ses chartes en 1200 et fut probablement la plus ancienne université de l'Europe ainsi reconnue d'une façon officielle. Des privilèges légaux furent accordés à Oxford en 1 11 4 et à Cambridge en 1 23 1 ; le développement de ces deux centres d'instruction suivit de près celui de Paris, qu'ils avaient pris comme | modèle lors de leur organisation. Dans le cours du treizième
! siècle des universités furent créées à Naples, Orléans, Padoue et
i Prague (entre autres villes à citer) ; et dans le cours du quatorzième
! siècle, à Pavie et à Vienne.
; Les plus fameuses universités du moyen-âge aspirèrent à un
i pouvoir encore plus grand, et le dernier degré dans leur évolution
ascendante fut la reconnaissance par le pape ou l'empereur du j droit attaché aux grades qu'elles conféraient autorisant les titulaires
à enseigner dans toute l'étendue du monde chrétien — de telles universités étaient en relations étroites les unes avec les autres. Celle de Paris fut ainsi constituée en 1283, celle d'Oxford en 1296 et celle de Cambridge en i3i8.
Le programme de l'enseignement des mathématiques fut complètement fixé par les Universités, et la plupart des mathématiciens qui se firent ultérieurement connaître eurent des attaches étroites avec une ou plusieurs d'entre elles ; on nous permettra par conséquent d'ajouter quelques mots sur la marche générale des études (l) dans une université du moyen-âge.
Les élèves étaient admis encore jeunes, quelquefois à onze ou douze ans. Ce serait une erreur de les présenter comme étudiants, car leur âge, leurs études, la discipline à laquelle ils étaient soumis, et leur situation dans l'université montrent qu'ils étaient de simples écoliers. On peut admettre que leurs quatre premières années
(*) Pour de plus amples détails sur l'organisation des études, le mode d'instruction, et leur constitution, voir notre Hislory of the Stady of Mathematics at Cambridge. Cambridge, 1889.