CHAPITRE VI tl. CRÉATION DES PREMIERES UNIVERSITES l5l
d'études étaient consacrées au trivium, c'est-à-dire à la grammaire latine, à la logique et à la rhétorique. Tout à fait dans les premiers temps, un nombre considérable d'élèves n'allaient pas au-delà de l'étude de la grammaire latine — ils formaient une faculté d'un rang inférieur et ne pouvaient prétendre qu'au grade de maître de grammaire ou maître de rhétorique — mais les étudiants les plus avancés (et dans les derniers temps tous les étudiants) passaient effectivement ces années à étudier le trivium d'une façon complète.
Le titre de bachelier ès-arts était conféré à la fin de cette période et signifiait que l'étudiant n'était plus un écolier et, par suite, ne devait plus être traité comme un élève. On peut estimer que l'âge moyen d'un bachelier était entre dix-sept et dix-huit ans. Ainsi à Cambridge quand un jeune homme se présente pour l'obtention d'un grade, le terme technique encore employé de nos jours est juvenis pour un écolier, tandis que le bachelier est qualifié vir. Le bachelier ne pouvait pas prendre d'élèves et n'était * autorisé à enseigner que sous certaines réserves, il occupait probablement une position présentant beaucoup d'analogie avec celle des étudiants de nos jours. Quelques bacheliers poursuivaient leurs études par le droit civil ou le droit canon, mats on supposait théoriquement qu'ils étudiaient ensuite le quadrivium dont l'enseignement demandait trois ans et qui comprenait à peu près autant de sciences que nous en trouvons dans les écrits de Boëce et d'Isidore.
Le titre de maître ès-arts était accordé à la fin de celte nouvelle période. Dans le douzième et treizième siècles ce titre était tout simplement une permission d'enseigner ; il n'était recherché que par ceux qui avaient l'intention de rester dans l'Université ; et vraisemblablement seuls, ceux particulièrement doués pour l'enseignement songeaient à embrasser une profession aussi mal rétribuée que celle de professeur. Le titre était conféré à tout étudiant ayant régulièrement suivi le cours de ses études et dont la moralité était irréprochable. Les étrangers étaient également admis mais ce n'était pas régulier. Nous pouvons ajouter ici qu'à la fin du quatorzième siècle les étudiants commencèrent à comprendre qu'un grade représentait une certaine valeur pécuniaire et, par la suite, plusieurs universités ne les accordèrent
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