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CONNAISSANCES MATHÉMATIQUES DE SOURCES GRECQUES

Suivant leurs propres traditions, par elles-mêmes très vraisemblables, les Arabes ont puisé leurs premières connaissances scientifiques chez les médecins grecs qui soignèrent les Califes à Bagdad. On raconte que lorsque les conquérants Arabes établirent leurs résidences dans les villes ils éprouvèrent des maladies qui leur avaient été complètement inconnues quand ils habitaient le

(') Le sujet est longuement traité par Caxtor, chap. xxxi-xxxv ; par Ha!hbl, pp. 173-293, et par A. von Kremer dans Kulturgeschichte des Orientes untcr den Chalifen. Vienne, 1877 et par H. Suter, Die Mathematiker und Astronomen der Araber und ihre Werke, Zeiischrift fur Malhematik und Physik, Ahhandlungen zur Geschichle der Malhematik. Leipzig, vol. XLV, 1900. Voir aussi Matériaux pour servir à l'histoire comparée des Sciences mathématiques chez les Grecs et les Orientaux, par L. A Sedillot. Paris, 1 845-49 ; et les articles suivants de Fn. Wgbpcke, «Sur l'introduction de l'arithmétique Indienne en Occident. Rome, 1859 ; Sur r histoire des Sciences mathématiques chez les Orientaux. Paris, 1860 ; et Mémoires sur la propagation des chiffres Indiens. Paris, i863.

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désert. L'étude de la médecine était à cette époque entre les mains des Grecs et des Juifs, et plusieurs d'entre eux, encouragés par les Califes, s'établirent à Bagdad, à Damas et dans d'autres villes ; leurs connaissances scientifiques étaient bien plus étendues et plus exactes que celles des Arabes, et l'instruction de la jeunesse, . comme il arrive souvent en pareil cas, ne tarda pas à leur être confiée.

L'introduction de la science européenne était rendue d'autant plus facile que plusieurs petites écoles grecques existaient dans les contrées soumises aux Arabes : il y en avait une depuis plusieurs années à Edesse, au milieu des chrétiens Nestoriens et d'autres encore à Antioche, Emesse et même à Damas, qui avaient conservé les traditions et quelques uns des résultats de l'enseignement grec.

Les Arabes remarquèrent bientôt que les Grecs tiraient leurs connaissances médicales des ouvrages d'Hippocrate, d'Aristote et de Galien, et ces livres furent traduits en arabe, vers l'année 800, sur l'ordre du Calife Haroun al Raschid. Cette traduction excita tellement l'intérêt que son successeur Al-Mamoun (81 3-833) envoya à Constantinople et dans l'Inde, des commissions chargées de prendre des copies du plus grand nombre possible d'ouvrages scientifiques.

Il engagea en même temps un nombreux personnel de clercs syriens pour traduire ces livres en Arabe et en Syriaque. Afin de désarmer le fanatisme, ces clercs furent d'abord appelés les docteurs du Calife, mais en 85 1 ils formèrent une académie et le Calife Mutawakkil (847-861) en donna la direction au plus célèbre d'entre eux, Honein ibn Ishak.

Ce dernier et son fils Ishak ibn Honein revisèrent les traductions avant de les livrer à la publicité. Us ne connaissaient ni l'un ni l'autre, les mathématiques, et de ce fait plusieurs erreurs se glissèrent dans leurs écrits, mais un autre membre de l'académie, Tabit Ibn Korra fit paraître peu, après, de nouvelles éditions qui devinrent par la suite les textes officiels.

Les Arabes possédèrent ainsi, avant la fin du neuvième siècle, des traductions des œuvres d'Euclide, d'Archimède, d'AppoBonius, de Ptolémée et de plusieurs autres : quelques uns de ces ouvrages ne nous sont parvenus que par leurs traductions arabes.

Un fait curieux et qui montre dans quel oubli était tombé

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