‹ Histoire des mélaniens du système européenChapitre 16 sur 19 · MO · texte numérisé non relu

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convexité commence à se faire sentir. Dernier tour grand, dépassant la moitié de la hauteur, légèrement concave supérieurement et assez renflé-convexe vers la base du bord externe, ce qui donne à l’ouverture une apparence : dilatée qui rappelle celle de la Dufouri où de la Maroccana. Ouverture faiblement oblique, oblongue, très anguleuse au sommet, dilatée inférieurement. Bord externe descendant presque rectilignement, sauf une légère sinuosité au niveau du sillon. Columelle courte, cintrée, très tronquée, acuminée, à pointe regardant en bas. Callosité forte, épaisse au sommet; — haut. 18, diam. 7 millim.

Eaux thermales d'Ouargla et près du chott Tiraoun dans le sud de la province de Constantine et de la Tunisie.

Var. Aprica. — Forme d’un brillant éclatant, d’un blanc bleuâtre, avec des flammules transversales marron. Stries en forme de lamelles très serrées, très régulières. — Dans les Seguia des jardins de Miliana, premier ksar au nord de l’oasis d’Insalah, dans le Sahara.

Aux environs de Valence (Espagne), on rencontre assez abondamment une forme plus ventrue, moins allongée, que je ne puis distinguer autrement de cette variété aprica.

Melanopsis Dufouri (pars), férussac, Monogr.

Mélan. in : Ann. Soc. hist. nat. Paris, [, 1823, p. 153 (cette synonymie n’est seulement citée que pour le nom), et, Graëlls, Mol. Espana, 1846, p. 17, f. 20, 91 et 22; et Servain, Moll. Esp., p. 153, 1880. — (Melanopsis Dufourei, Rossmässler, Iconogr., XIIT et XIV, 1854, p. 28 [pars] et f, 835, 836, 838 et 839).

— Melanopsis maroccana, var. zonata, Gassies, Coq. Mayran (Extrait Soc. linn. Bordeaux, XXI, 1856), p. 12 (pars) et f. 5-6.

Les meilleures figures de la Dufouri, qui rendent bien le port et l'aspect de cette Coquille, sont incontestablement celles 835, 836, 838 et 839. Cette dernière figure représente une forme sans zone concave.

Les figures données par Graëlls et Gassies sont bonnes, mais néanmoins inférieures à celles de Rossmässler, que je recommande. Quant à celles que Ferussac (pl. vu, f. 16, et pl. 1x, f. 5) a données comme Dufouri, elles n’ont aucun rapport avec cette Mélanopside.

La Dufouri est une grande espèce caractérisée par des zones spirales plus ou moins concaves et par son ouverture offrant vers la base du bord externe une dilatation convexe analogue à celle des espèces de la série de la Maroccana. Cette dilatation, commune chez toutes les Mélanopsides de cette série, ne se fait pas remarquer chez celles du groupe de la Graëllsi, qui ont, au contraire, une ouverture atténuée à la base.

La Dufouri vit en Espagne, où elle a été constatée à Fortuna (Murcie), aux environs de Valence, d’Alicante, etc.

En Algérie, elle a été recueillie à Mascara et à Aïn- Kadra au sud de la province d'Oran, ainsi qu’à Insalah (Sahara), où le voyageur Soleillet a rencontré une forme minor bien caractérisée.

Je n’ai pas encore connaissance qu’elle ait été trouvée

au Maroc, bien que vraisemblablement elle doit y vivre.

Il. — Annales de Malacologie. — MAT 1884. 8

Melanopsis subgraellsiana, Pourquignat, 1864. Olim, Melanopsis maroccana, var. subgraëllsiana, in : Malac. Algér., Il, 1864, p. 260, pl. xv, f. 26 (seulement), et Melanopsis maroccana, var. Rossmässler, Iconogr., XIIT et XIV, 1854, f. 8:0, 842 et 843.

Chez cette forme, les zones spirales plus concaves, plus étroites, sont limitées par des sillons carénants. Lorsque la zone est unique, 1l y a deux carènes; lorsqu’elle est double, les carènes sont au nombre de trois.

Cette forme, qui est constante (c’est pour ce motif que je l’adopte), est abondante en Espagne, à Alcira, à Burriana, etc.; elle est un peu moins commune en Algérie, où on la rencontre aux environs d'Oran.

Melanopsis acutespira, Pourquignat, 188k. (Melanopsis Dufourei, var. Rossmässler, Iconogr., XIIT et XIV, 1854, f. Shk. — Melanopsis maroccana, var. Subgraellsiana [pars], Bourquignat, Malac. Alg., Il, 1864, pl. xv, f. 24 [seulement]. — Melanopsis marroccana, Paladilhe, Coq. Maroc [Extrait Rev. et Mag. 7001. 1875], p. 21.)

Cette jolie espèce, très reconnaissable par les figures excellentes que je viens de citer, a été trouvée dans l’aqueduc de la Palafanga, près Almazora (Espagne), aux environs de Mascara (Algérie) et dans les alluvions du Sbou, près de Mekinez (Maroc).

Melanopsis Isseli, Bourquignat, 1884, (Olim Melanopsis maroccana, var. in : Malac. Alg., IT, 1864, pl. xv, f. 25 [seulement|.)

Cette belle Mélanopside, à laquelle j’attribue le nom du D' Arturo Issel, de Gênes, est une Coquille coniquepyramidale depuis le sommet jusqu’à une forte carène située au milieu du dernier tour, où se trouve le maximum de ventrosité; à partir de cette carène médiane, le bas de cette Coquille va en s’atténuant sous une apparence parfois subconoïde. Cette atténuation fait que l'ouverture n'offre pas, vers la base du côté externe, cette dilatation convexe caractéristique des formes de la série de la Maroccana ou de celle de la Dufourt.

Test épais, solide, finement ou le plus souvent assez grossièrement strié, d’une teinte uniforme d’un noirbleuâtre pruinosé (je ne puis rendre par un autre mot ma pensée). Spire conique, tectiforme, paraissant parfois un peu scalaire, par suite d’un filet carénant qui fait saillie le long de la suture. Sommet très aigu. Sept tours plans-tectiformes, à croissance régulière et séparés par une suture tantôt linéaire, tantôt accentuée, selon que le filet carénant est plus ou moins prononcé. Dernier tour grand, dépassant la moitié de la hauteur, plan-tectiforme (parfois même un tant soit peu concave) jusqu’à la carène, puis faiblement convexe (ou bien presque plan) jusqu’à la base, devenant néanmoins plus convexe vers l’ouverture; celle-ci, presque verticale, oblongue, allongée, assez étroite inférieurement, est pourvue d’une fente assez

longue au sommet. Bord externe mince descendant rectilignement. Columelle peu cintrée, acuminée, à pointe regardant en bas. Callosité blanche, épaisse, tuberculiforme au sommet ; — haut. 20-24, diam. 9-10 millim.

Le type se trouve dans le lac d’Accesa, près de Massa, en Toscane (Italie). Aux environs d’Oran, on rencontre une forme un tant soit peu scalaire (Malac. Alg., pl. xv, f. 25) à test d’un beau noir-bleu; enfin, dans la vallée du Nabr-el-Kelb, près de Beyrouth, on trouve une autre forme semblable au type italien, seulement à test marron.

Melanopsis Graëllsi, Villa, mss., in: Graëlls, Mol. Espana, p. 17, f. 16-19, 1846, et Servain, Moll. Esp., p. 153, 1880. (Melanopsis Dufourei, var. Graëllsi, Rossmässler, Iconogr. [XIII et XIV, 1854], p. 31, f. 841.)

Le D' Graëlls et Rossmässler ont donné d’excellentes figures de cette espèce. Je ferai remarquer que cette Mélanopside a une ouverture toujours atténuée à la base, et que, sous ce rapport, elle ne peut rentrer dans les sériès des Maroccana et des Dufouri.

Cette espèce est très abondante en Espagne, aux environs de Valence et d’Alicante.

Melanopsis Letourneuxi, Bourquignat, 1872, et Letourneux, Moll. Maroc, in : Soc. Climatol.

Alg., XIIT, 1876, et Crosse, in : Rev. Soc. sav. (2° série), XI, 1877, p. 33, et Bourquignat, Spec. nov. Moll., n° 198, 1878.

ZT =

Coquille caractérisée par un test orné de grosses côtes transverses, espacées, obtuses, trèssaillantes, offrant supérieurement deux rangées de nodosités. Entre ces deux rangées, les côtes disparaissent presque entièrement et sont remplacées par une dépression en forme de sillon. La partie supérieure des tours est en saillie sur la suture (ce qui rend la spire scalariforme), et sur cette saillie s’espacent les nodosités de la rangée supérieure.

L'ouverture, très anguleuse au sommet avec une fente assez longue, est oblongue, très échancrée à la base par le sinus mélanopsidien, qui est fort grand. Le bord externe est légèrement arqué en avant à sa partie inférieure.

Les tours, au nombre de six, s’accroissent régulièrement jusqu’au dernier, qui est peu convexe, allongéoblong, et dont la taille égale près des trois quarts de la hauteur.

Cette magnifique Mélanopside est très abondante dans la source et la rivière de la Moulouiah (ou Mouilah), à l’ouest de Lalla-Maghnia, sur la frontière du Maroc.

Var. tunetana. — Melanopsis tunetana, Morlet, Liste Coq, rec. dans les Chotts, par M. André, in : Arch. miss. scient. minist. instr. publ., (3° série), VII, 1881, p. 396, pl. vi, Î. 3 seulement (la figure 4 n'appartient pas à cette espèce, elle doit être considérée comme une HMaresi non adulte), et in : Journ. Conch., 1881, p. 346, pl. xur, Î. 3.

Cette forme, que je rapporte à titre de variété, est identique comme forme et comme taille à la Lefourneuxt. Elle ne diffère du type que par ses côtes et ses nodosités plus délicates, plus atténuées, et par l'absence d’une seconde rangée de nodosités, Cette variété vit aux alentours de Keriz (sud de la Tunisie), où elle a été recueillie par

M. André et par notre ami H. Duveyrier, qui a accompagné, pendant quelque temps, le capitaine Roudaire dans ses explorations.

Melanopsis callista, Bourquignat, 188%.

Coquille peu ventrue, d’une forme oblongue-allongée, brillante, d’un marron-noir rougeâtre très foncé, presque lisse, malgré tout laissant voir, vers la partie supérieure des tours, des renflements subtuberculiformes obsolètes, s’allongeant dans un sens transversal. Test peu épais, subtransparent. Spire peu allongée, acuminée, à sommet aigu. Sept tours subconvexes, renflés supérieurement le long de la suture, qui, par cela même, paraît prononcée. Croissance spirale bien régulière. Dernier tour oblong, peu convexe, méplan dans sa partie médiane et dépassant faiblement la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, très anguleuse supérieurement, très cintrée du côté columellaire, à peine convexe du côté externe et d’une teinte foncée vineuse-violacée à l’intérieur. Columelle blanchâtre, fluette, légèrement torse, tout en étant-rectiligne,acuminée et à extrémité portée en dehors. Bord externe mince, non arqué en avant, mais offrant à la base une dilatation descendant plus bas que le niveau du sinus. Callosité mince, tuberculiforme au sommet; — haut. 13, diam. 6 millim.

Sadjour-Sou entre Ain-Taïb et Alep.

Melanopsis Sesteri, Bourquignat, 188h4.

Espèce ventrue, oblongue, subconoïde, à tours convexes, séparés par une suture accentuée. Coquille solide, subopaque, brillante, d’une teinte marron plus ou moins claire, avec une large zone supérieure plus foncée. Test lisse ou substriolé, avec des velléités de nodosités émoussées à la partie supérieure des tours. Spire acuminée, à sommet pointu. 8-9 tours assez convexes, à croissance régulière, séparés par une suture accentuée. Dernier tour (haut. 13 millim.) convexe, dépassant un peu la moitié de la hauteur, paraissant surtout faire ventre audessus de l’axe columellaire, par suite du cintrement de la columelle. Ouverture verticale, ovalaire, très cintrée du côté columellaire, peu convexe du côté externe, et pourvue d'une fente étroite à son sommet. Columelle courte, fortement cintrée de face et du côté apertural, vigoureusement tronquée, à extrémité regardant en avant et en dehors. Bord externe descendant rectilignement. Callosité médiocre, blanche, très tuberculiforme vers l’insertion ; — haut. 25, diam. 10 millim.

Petit cours d’eau à Sadjour-Sou, entre Aïn-Taïb et Alep, où elle a été recueillie par l’ingénieur Sester ; Aïn-el-Bass, dans la plaine du Babr-el-Houlé (Syrie).

Var. Diadema. — On rencontre quelquefois, dans ces localités, des échantillons de taille moindre (haut. 18 millim.), dont les tours (sauf le dernier) sont ornés de nodosités saillantes, émoussées et également distantes.

Melanopsis Alepi, Bourquignat, 188h.

Charmante Mélanopside allongée, À peine ventrue, à

tours convexes, à nodosités prononcées (seulement sur les tours médians), séparés par une suture presque profonde, et remarquable par son dernier tour comprimé, comme subconcave à sa partie médiane.

Test épais, opaque, solide, brillant, d’uneteinte marron feuille morte, avec une zone médiane plus foncée, à surface presque lisse, et orné, sur les trois tours médians, de nodosités tuberculiformes émoussées, néanmoins très saillantes, qui s’'évanouissent sur le dernier. Spire allongée, effilée-acuminée, à sommet aigu. Neuf tours convexes, à croissance régulière, séparés par une suture assez profonde; les supérieurs lisses et exigus; les médians ornés de larges nodosités obsolètes et le dernier oblong, allongé, non ventru, mais assez sensiblement méplan-subconcave à sa partie médiane et n’atteignant pas la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, très anguleuse au sommet avec une fente assez prolongée, à peine convexe du côté externe, très cintrée, au contraire, du côté columellaire, et offrant à l’intérieur une belle nacre blanche. Columelle très cintrée, à base fortement tronquée et regardant en dedans, tout en étant projetée en avant. Bord externe mince, rectiligne. Sinus très profond. Callosité médiocre, encrassée seulement supérieurement ; — haut. 91e diam. 7 millim.

Cours d’eau des environs d’Alep.

Melanopsis stephanota, Bourquignat, 1884. (Melanopsis costata [non Olivier], Suites à Rossmässler, Iconogr., 1880, f. 1899 et 1900.)

Les figures données par l’auteur des Suites à Rossmässler sont suffisantes pour la connaissance de cette forme. Ces

no

figures ne diffèrent de nos échantillons que par leur sommet obtus, comme rongé, tandis que l’extrémité supérieure de nos individus est toujours intacte et bien aiguë.

La stephanota est une forme allongée, acuminée, à tours renflés supérieurement et ornés de grosses nodosités tuberculeuses saillantes, qui, sur le dernier tour, ne descendent que jusqu’à moitié (la partie inférieure du tour reste lisse) ; Le test est brillant, d’une teinte foncée marronrougeâtre; les tours, au nombre de huit à neuf, s’aceroissent avec régularité et sont séparés par une suture prononcée; le dernier tour oblong, peu renflé, est un peu inférieur à la moitié, bien que sur les figures 1899 et 1900, il paraisse égal, par suite de la corrosion apicale, qui diminue un tant soit peu la hauteur de la coquille; la columelle, très cintrée en avant et du côté apertural, offre une extrémité sabacuminée, regardant en dehors {sur les figures 1899 et 1900, le caractère de l’extrémité columellaire a été mal rendu); la callosité est médiocre, sauf à son sommet, où elle est souvent fortement tuberculeuse.

Cette forme est abondante à Aïn-Taib, près d'Alep. L'auteur des Suites à Rossmässler ne donne aucune indication précise d'habitat.

La stephanota ne ressemble nullement à la costata, comme l’on peut s’en convaincre par la comparaison des figures 1899 et 1900 avec celle de l'Atlas (pl. xxxr, f. 3) d'Olivier.

Melanopsis hiera, Lefourneux. (Melanopsis costata [non Olivier], Suites à Rossmässler, 1880,

Cette espèce est signalée des sources du Jourdain par

l’auteur des Suites. Je la possède d’Aïn-el-Mellaha, dans la plaine du Babr-el-Houlé ; enfin, je crois que les deux variétés des lacs d’Homs et d’Antioche, indiquées, sous l'appellation de costata, par À. Locard (Malac. lacs Tibér., etc.…., p. 73 et 9%, 1883), doivent être rapportées à cette forme, qui, bien qu'ayantune apparence de costata, en diffère néanmoins suffisamment pour mériter d’être élevée au rang spécifique.

La figure 190% rend assez bien le port et la physionomie de l’htera. Chez cette forme, les costulations sont plus délicates, bien moins distantes sur les tours supérieurs que celles de la costata; sur le dernier tour, elles sont peu régulières, moins saillantes, enfin elles s’étendent sur toute la surface de la suture à la base, en allant en diminuant; la columelle, plus cintrée, est moins robuste; les tours, bien qu’un peu renflés supérieurement, ne sont pas étagés; la suture est peu prononcée, souvent elle est linéaire; le dernier tour, relativement plus grand que celui de la costata, offre, à sa partie moyenne, une Zone CONCave, souvent très accentuée, etc.

Melanopsis Chantrei, Locard, Malac. lacs Tibér.,

p.74, pl. xxur, Î. 44-49, 1883. (Melanopsis

costata [non Olivier], Suites à Rossmässler, Iconogr., f. 1902 et 1903, 1880.)

Cette Mélanopside vit dans le lac d’Antioche (Syrie). Elle est très bien représentée (f. 1902 et 1903) dans les Suites à Rossmässler, et parfaitement décrite dans l’ouvrage du savant Malacologiste A. Locard. On rencontre encore, dans ce lac, une variété /ævigata (Locard, loc.

sup. cit., p. 75) tout à fait lisse et ne présentant aucune trace de nodosités tuberculiformes.

Dans le Catalogue des espèces de la faune européenne (Binnenconchylien , 2° édit., 1881), l’auteur des Swtes rapporte à cette Coquille le nom fantaisiste de bullio de Parreyss. Ce nom manuscrit, composé de la première personne du verbe bulho (je bous), est une appellation entièrement contraire aux règles de la nomenclature.

Melanopsis insignis, Parreyss, mss. in : Martens, Vorderasiat. conch., p. 67, 1874, et Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8, 1883. (Melanopsis turcica [non Parreyss], Mousson, Coq. Schlæfli, III, p. 44 [non furcica de la page 29 du même ouvrage], 1874.)

Cette forme, pour ainsi dire inconnue, habite les régions du Tigre et de l’'Euphrate. Je l'ai recue, dans le temps, de M. Mousson, sous le nom erroné de furcica. La turcica de Parreyss est une forme différente, qui semble spéciale au nord de la Syrie, notamment au bassin du lac d’Antioche.

Coquille ovalaire-ventrue, peu allongée, à test lisse, brillant, subtransparent, d’un corné jaunâtre avec trois bandes brunes, et orné, sur le dernier tour, de grosses côtes émoussées, légèrement obliques, onduleuses, ne descendant que jusqu’à moitié, et offrant sur chacune d'elles, à leurs parties supérieure et inférieure, comme un sentiment de renflement nodosiforme. Spire brièvement conique, à sommet aigu. Huit tours; les supérieurs très petits, lisses, le dernier relativement énorme, ventru, fortement costulé supérieurement (côtes très espa-

cées), et dépassant la moitié de la hauteur. Suture linéaire. Ouverture verticale, dilatée à sa partie médiane, atténuée à son sommet et à sa base, aussi cintrée du côté columellaire que du côté externe. Columelle délicate, recüligne, légèrement torse, acuminée, à extrémité regardant en bas. Sinus médiocre. Bord externe mince, faiblement arqué en avant. Callosité délicate, subvitracée-transparente ; — haut. 14, diam. 6 millim.

Environs de Mossoul et de Samava, dans le Tigre et l'Euphrate.

Melanopsis vespertina, Bourquignat, 188h.

Coquille ovoide, renflée, atténuée en haut et en bas, à spire courte, conoïde, à test assez mince, brillant, d’un marron-vineux foncé, et orné de costulations, peu saillantes, espacées, régulières et lamelliformes. Spire brièvement conique, à sommet subobtus. Sept tours à croissance régulière ; les supérieurs petits et lisses ; le dernier très grand, oblong, régulièrement convexe, dépassant les deux tiers de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, très anguleuse au sommet et se prolongeant en une fente étroite atténuée à la base, régulièrement convexe du côté externe, un peu plus cintrée du côté columellaire. Bord externe mince, descendant rectilignement, à base dépassant sensiblement le niveau du sinus. Columelle délicate, cintrée, fortement tronquée, à extrémité tournée légèrement en dehors. Sinus profond. Callosité mince, subtuberculeuse au sommet; — haut. 13, diam. 6 millim.

Var. lævis. — Coquille d’une taille un peu moindre, à test sans costulations.

Ouchda près Lalla Maghnia, sur la frontière du Maroc. La variété /œvrs dans un ruisseau de l’île d’Ivice, aux Baléares.

Melanopsis Hotsehyi, PAilippi, Abbild. Conch., Il, p. 175 (fév. 1847), Melan., pl. 1v, f. 11. — (Melania Kotschyi, v. de Busch.)

Espèce de très petite taille (haut. 6, diam. 3 1/2 millimètres), oblongue, assez ventrue, d’un corné olivâtre et sillonnée par des costulations délicates, flexueuses, serrées, au nombre de seize à vingt sur le dernier tour, qui atteint à peu près la moitié de la hauteur et qui offre, au-dessous de la suture, un sillon légèrement concave.

Cours d’eau à Persépolis, en Perse.

Melanopsis Charpenticri, Parreyss, in : Brot, Melan., p. #30, pl. xzvr, f. 8, 1874.

Coquille courte, ovoïde-ventrue, à spire érosée. Test d’un corné-rougeâtre uniforme, sillonné par de petites côtes délicates, régulières, serrées, offrant, chacune, une faible nodosité près de la suture. Tours (restants) au nombre de trois ou quatre, convexes, présentant supérieurement une zone méplane. Dernier tour très développé. Ouverture ovalaire. Columelle fortement tronquée. Callosité puissante ; — haut. 12, diam. 7 1/2 millim.

Environs de Schiraz, en Perse.

Melanopsis jebusitica, Letourneux, 1882.

Toutes les formes de cette série, à l’exception de la cerithiopsis, chez laquelle les costulations se font sentir presque jusqu’à la base, possèdent un dernier tour 4sse inférieurement et seulement costulé supérieurement de la suture à la partie médiane ou bien un peu au delà. Toutes ces formes (7ebusitica, Saulcyt, aterrima, faseolaria, Sancta et cerithiopsis) sont d’une teinte marron-vineuse noire ou, en tous cas, très foncée.

Sous le nom de #wrcica (non furcica du bassin du Tigre et de l'Euphrate, qui est l’énsignis, nec turcica du lac d’Antioche, qui est la vraie), M. Mousson a amalgamé quelques-unes des espèces de cette série. C’est, sans aucun doute, par suite de cette confusion, que les caractères de la Saulcyi n’ont pu être saisis par cet auteur.

La 7ebusitica, recueillie dans quelques sources de la plaine de Jéricho (Syrie), se distingue de la Saulcyà, avec laquelle elle a le plus de rapport : par son test terne, toujours sale ; par sa forme moins allongée, plus ventrue; par sa spire plus courte, à sommet assez obtus (celui de la Saulcyi est aigu); par ses costulations plus fortes, plus distantes les unes des autres; par son dernier tour un peu moins haut; par son axe columellaire moins cintré du côté apertural, tandis qu’elle est plus en avant que celui de la Saulcyi; par son ouverture moins ovalaire, plus courte et plus arrondie du côté externe.

Melanopsis Sauleyi, Bourqguignat, Cat. rais. Moll. Orient, p. 66, pl.u, f. 52-53, 1853, et Tristam, Moll. Palest. in : Proceed. zool. Soc. London, 1865, p. 542, et Brot, Melan., p. #29, pl. xzvi, f. 10 et 11 seulement (non la figure 12 qui peut être rapportée, à la rigueur, à la brevis), et Suites à Rossmässler, Iconogr., 1880, f. 1908, et Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8 et 93, 1883.

Le type vit à Artouze en Syrie. On a constaté encore la Saulcyi aux environs de Jéricho dans la fontaine de Jérémie (Aïn-Solthan); à Aïn-el-Bass, dans la plaine du Babr-el-Houlé, ainsi que dans le lac d'Homs.

Cette Mélanopside a été très bien représentée dans Brot (pl. xzvi, f. 10 et 11 seulement), dans les Suites à Rossmässler (f. 1908), et dans mon ouvrage sur les Mollusques d'Orient (pl. 11, f. 52-53). Si l’on veut bien étudier les figures que je viens de signaler, figures suffisantes pour la connaissance de cette espèce, on restera convaincu de sa valeur spéeitique.

Melanopsis aterrima, Bourquignat, 1884.

Mélanopside remarquable par ses costulations fout à fait obliques de droite à qauche sur le dernier tour. Ces costulations, plus fines, plus serrées que celles de la Saulcyi, descendent un peu plus bas; elles s'étendent sur presque les trois quarts de la hauteur du tour ; la base seule reste lisse. Chez la Saulcyi, les costulations sont droites et ne dépassent jamais la ligne médiane. Chez

l’aterrima, la spire est allongée-pyramidale, le maximum de la ventrosité au lieu de se trouver, ainsi que chez les jebusitica et Saulcyr, presque à la partie médiane, s'accuse plus vers la base; les tours sont plans-tectiformes, séparés par une suture très linéaire; le dernier n’atteint pas la moitié de la hauteur; l’ouverture est courte et l’axe columellaire, excessivement cintré à son extrémité, est très porté en dehors.

Cette espèce, d’un noir foncé, comme l'indique son nom, a 45 de haut sur 5 de diamètre. Elle a été trouvée dans deux ou trois sources de la plaine de Jéricho (Syrie).

Melanopsis faseolaria, Parreyss, mss. (Melanopsis variabilis [non v. d. Busch] var. B faseolaria, Brot, Mélan., p. 425, pl. xivi, f. 24 et 25 seulement [les figures 22 et 23 ne peuvent se rapporter à cette forme, voir page 90].)

Charmante Coquille excessivement abondante dans plusieurs fontaines (Aïn) de la plaine du Bahr-el-Houlé, notamment dans l’Aïn-el-Mellaha. On la trouve aussi communément dans le Bélus, près de Saint-Jean-d’Acre (Syrie).

Quelques auteurs la signalent en Perse; il est probable que ces personnes ont pris pour elle la Kofschyr, qui est une forme persane.

Les figures données par le D' Brot sont bonnes et rendent bien la physionomie de cette petite espèce, qui n’a guère que 9 de haut sur & de diamètre.

Coquille globuleuse, courte, de forme ovale-ovoïde, à test tantôt d’un beau noir brillant (échant. de la plaine du Babr-el-Houlé), tantôt d’une nuance marron (échant. du

Bélus), orné, à l’instar de la Sauleyi, de costulations saillantes qui descendent un peu au-dessous de la partie médiane du dernier tour (vers l’ouverture, les costulation se poursuivent souvent presque jusqu’à la base). Spire courte, obtuse, à sommet très souvent tronqué ou corrodé. Six tours faiblement convexes, augmentant avec rapidité en grosseur et avec régularité en hauteur. Dernier tour gros, ventru, dépassant un peu la moitié. Ouverture verticale, oblongue, fortement anguleuse au sommet, très cintrée du côté columellaire. Bord externe mince, parfaitement arqué en avant. Columelle courte, légèrement torse, très cintrée, acuminée et à extrémité portée en dehors. Callosité délicate, fortement tuberculeuse au sommet,

Melanopsis Saneta, Letourneur, 1882. (Melanopsis costata [non Olivier], Suites à Rossmässler, Iconogr., f. 1901, 1880.)

Coquille assez répandue dans les sources de la plane de Jéricho, notamment dans celles d'Élie et de Jérémie (Aïn-Solthan), ainsi que dans celle d’Aïn-el-Plaça, dans la plaine du Babr-el-Houlé (partie supérieure du bassin jordanique). Elle a encore été rencontrée dans le Jourdain, à # kilomètres au-dessus de la Mer Morte.

La figure 1901 des Suites à Rossmässler est suffisante pour la connaissance de cette forme. On verra, d’après elle, que la sancta est une Coquille avec des costulations supérieures analogues à celles de la Sauleyi ; que son axe columellaire, très cintré, possède une extrémité tournée en dedans; que le bord externe apertural

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