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Melanopsis desertorum, Bourquignat, 1884.
Coquille allongée, très oblongue, peu ventrue, d’un beau noir foncé uniforme, sauf la partie supérieure de la callosité, qui est tuberculeuse-blanchâtre. Test peu épais, très brillant, lisse et orné (sauf vers l’ouverture et à la base du dernier tour) de costulations très émoussées, très distantes. Spire allongée, subconoïde, à sommet
aigu. Neuf tours légèrement convexes, à croissance régulière, séparés par une suture linéaire, bien qu’assez accentuée. Dernier tour (haut. 9 millim.) convexe, très faiblement méplan supérieurement et n’atteignant point la moitié de la hauteur. Ouverture légèrement oblique, ovalaire, anguleuse au sommet, descendant sensiblement plus bas que le niveau de la troncature columellaire, par suite de l'expansion du bord externe à sa base. Columelle cintrée, à extrémité tronquée, aiguë, dirigée en dehors. Bord externe mince, descendant rectilignement. Callosité faible, de même ton que le reste de la coquille, et encrassée seulement vers l'insertion du bord supérieur; — haut. 22, diam. 8 millim.
Ruisseaux entre Tarsous et Mersina (Anatolie), où se trouve le type. Variété dans l’Aïn-el-Bass (plaine du Babr-el-Houlé).
Melanopsis Lortetiana, Locard, Malac. lacs Tibér., p. 77, pl. xx, f, d0-51, 1883.
Cette forme, parfaitement caractérisée, vit dans le lac d’Antioche. Je renvoie pour la connaissance de ses signes distinctifs à l'excellente description de M. Locard. Je ne ferai qu’une réflexion au sujet de la figure 50 qui ne me paraît pas tout à fait exacte. La partie inférieure du bord externe me semble faire ventre d'une façon exagérée. Ce bord, au contraire, offre un are régulier peu ventru de l'insertion supérieure au sinus mélanopsidien.
Chez cette espèce, les costulations sont serrées, régulières et se montrent sur tous les tours, sauf sur les deux embryonnaires et sur la partie inférieure du dernier.
Melanopsis turcien, Parreyss, in : Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8, 75 et 94, pl. xxu1, f. 56-67, 1883 (Melanopsis costata, var. turcica [pars.], Mousson, Coq. Schlæfli, IE, 1874, p. #9 [non turcica de la page #k que je rapporte à l’insignis] ).
Cette Mélanopside est une forme particulière au nord de la Syrie, où on l’a constatée dans le lac d’Antioche et le Karasu (ou Karasa), affluent de ce lac, ainsi que dans l'Oronte et le lac d'Homs.
J'ai reçu, dans le temps, de M. Mousson divers échantillons sous l’appellation de furcica; ceux de Samava, village situé un peu au-dessus du confluent du Tigre et de l’Euphrate, étaient des individus 7eunes de l’énsignis; ceux du Karasa, affluent du lac d’Antioche, étaient : les uns des {urcica, les autres des formes de la série de la Saulcyi, ou de celle de la Sesferr ; c’est par suite de ces confusions que M. Mousson a été amené à méconnaître les caractères de la vraie furcica, et à dire, dans sa description, que les costulations, sur le dernier tour, ne dépassaient pas le niveau de la ligne médiane; ce qui est faux, attendu que les costulations de cette forme s’étendent sur toute la surface du dernier tour, bien qu’elles paraissent un peu obsolètes vers la partie inférieure.
Je renvoie pour les caractères de cette Mélanopside à la description de M. Locard.
Il existe, dans lelac d’Antioche, une forme (var. curta, Locard, loc. sup. cit., p. 76) plus grêle, plus délicate, d’une taille moindre, à spire légèrement plus acuminée et à costulations moins fortes.
Melanopsis subcostata, Parreyss, mss. (Melanopsis costata [non Olivier] in : Encycl. meth. Moll. test., pl. cpxivin, f. 7 et [pars] Lamarck, Anim. s. vert. VI, 2"° partie, 1822, p. 168, et Deshayes, 2° édit. Anim. s. vert. VIIL, p. #89, 1838).
Cette forme, répandue dans les collections sous cette appellation et regardée par les auteurs modernes, soit comme une costata, soit comme une Saulcyi, est une Mélanopside bien différente de ces deux espèces.
C’est une grande (haut. 25-30, diam. 10 millim.) Coquille à sept tours étagés, ornés de grosses costulations nodosiformes très saillantes, distantes, qui, sur le dernier tour, ne se montrent qu’à la partie supérieure (le reste du tour reste lisse). Ces costulations nodosiformes sont tellement accentuées le long de la suture, que la spire en paraît scalariforme.
La subcostata vit dans l’Oronte; elle est fort bien représentée (vue de dos) dans l'Encyclopédie,
Melanopsis Tanousi, Letourneux, 1833.
Coquille remarquable par des ondulations pliciformes (simulant des costulations) régulièrement obliques de droite à gauche sur le dernier tour. Ces plis sont accentués, très distants et bien réguliers.
Test solide, brillant, d’un marron-noir uniforme ou parfois avec une zone rougeâtre, et orné, sur tous les
tours, de plis saillants, devenant obliques seulement sur le dernier. Ces plis ressemblent comme facture à ceux de la Seignetti (F. 1884 des Suites à Rossmässler, inscrite sous le nom erroné de Maresi). Spire allongée, acuminéepyramidale, à sommet très aigu, ordinairement érosé. Huit tours très faiblement renflés le long de la suture qui est linéaire. Croissance régulière. Dernier tour (haut. 9 millim.) plan-déclive jusqu’à la ligne médiane, convexe inférieurement, arrondi vers l’ouverture, offrant une direction descendante accentuée vers l'insertion du bord externe et n’égalant que le tiers de la hauteur. Ouverture verticale, ovale, anguleuse au sommet, avec une fente à peine prolongée, aussi convexe d’un côté que de l’autre à sa partie médiane, et pourvue, à l’intérieur, d’une nacre blanche-bleuacée. Columelle courte, cintrée, s’acuminant en une pointe regardant en dehors. Bord externe rectiligne ou faiblement arqué en avant. Sinus médiocre. Callosité peu épaisse, néanmoins tuberculiforme au sommet; — haut. 27, diam. 8 millim.
Cette espèce, dédiée au Syrien Tanous Farez, le compagnon fidèle du conseiller Letourneux dans toutes ses explorations, a été trouvée dans les cours d’eau de la plaine du Bahr-el-Houlé, non loin d’Aïn-el-Mellahs.
Melanopsis obliqua, Letourneux, 1883.
Cette Mélanopside est caractérisée par de vigoureuses costulations (et non des plis) nodosiformes supérieurement, s'obliquant de droite à gauche d’une façon très accentuée, puis, vers la base du tour, revenant par un contour onduleux de gauche à droite. Chez la Tanousi, les ondulations pliciformes ne sont obliques que sur le
dernier tour ; tandis que chez l’obliqua, les costulations offrent le même degré d’obliquité sur tous les tours. Ces costulations sont saillantes, robustes, régulières et bien distantes; les nodosités supérieures, distribuées en une série spirale le long de la suture, font paraître, par leur élévation, les tours comme étagés.
Coquille brillante, épaisse, d’une teinte uniforme noire-violacée. Spire peu allongée, subconique, subscalariforme, à sommet aigu. Sept tours paraissant renflés près de la suture, plans à croissance régulière. Dernier tour plan-déclive supérieurement, convexe-ventru un peu au-dessous de la ligne médiane et égalant juste la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, très anguleuse au sommet avec une fente étroite assez prolongée. Columelle cintrée, torse, terminée par une pointe regardant en dehors. Bord externe sinueux au-dessous de l'insertion, puis arqué en avant vers sa partie inférieure, Sinus très profond. Callosité blanche, faiblement encrassée au sommet ; — haut. 15, diam. 7 millim.
Le Bélus, près de Saint-Jean-d’Acre.
Melanopsis costata (pars), Ferussac, Monogr. Mélan. in : Mém. Soc. d'Hist. nat. Paris, [, 1823, p. 156 (la plupart des synonymies ne peuvent se rapporter à la costata; quant auxf. 8et9 [pl. vu}, elles représentent des formes fossiles différentes) ; —et Rossmässler, Iconogr., f. 678, 1839 (presque toutes les synonymies mentionnées p. #47 sont erronées); — Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8, 35, 73 et 94, 1883. (Melania costata, Olivier, Voy. Emp. Ottom.IV,
an XII [1804], p. 157, et Atlas [27° livr. 180%], plixxxt, 199);
Je me restreins à ces quelques citations, parce que les autres que je pourrais faire me semblent incertaines. On ne peut savoir, en effet, si, sous l’appellation de costata, les auteurs n’ont pas compris plusieurs formes distinctes.
Les figures données par Olivier (pl. xxx1, f. 3) et par Rossmässler (f. 678) sont parfaites; avec elles, si l’on veut bien les étudier, on pourra toujours reconnaître et distinguer cette Mélanopside.
Le type d'Olivier provient des canaux d’arrosement des jardins qui avoisinent les bords de l’Oronte (Olivier, AND TS 2
Actuellement, par suite, sans aucun doute, d’une modification climatologique dans la température de ce pays, cette espèce y est devenue fort rare. Le type a presque disparu de ce bassin, où il se trouve remplacé par des variélés ou bien par des formes différentes. Ce n’est plus que dans le bassin du Jourdain, notamment dans le lac de Tibériade, que l’on rencontre maintenant le type tel qu'il a été figuré par Olivier. Les costata du bassin des lacs d’Antioche et d'Homs, qui est celui de l’Oronte, sont plus petites, plus délicates, avec des costulations moins saillantes et une suture plus superficielle,
La costata offre de nombreuses variétés, dont les plus intéressantes sont :
Var. acuminata. Coquille à spire allongée-conique, pyramidale, à sommet pointu. Dernier tour relativement
petit. — Le Jourdain, à kilomètres au-dessus de la Mer Morte,
Var. ventrosa. Coquille de petite taille (haut. 14, diam. 8 millim.), à spire courte. Dernier tour très ventru.
Var. obesa (Locard, loc. sup. cit., p. 36).— Le Jourdain et le lac de Tibériade,
Var. pulchella (gracilis de Locard, p. 94). Coquille de petite taille, de forme grèle, un peu élancée, d’une teinte cornée, à ouverture un plus oblongue.— Lac d'Homs et Aïn-el-Mellaha dans la plaine du Bahr-el-Houlé.
Etc... —
Melnnopsis jordaniena, Roth, in : Mousson, Coq. Roth, p. 59, 1861, et Zristam, Moll. Palest., in : Proceed. zool, Soc. London, 1865, p. 542, et Locard, Malac. lacs Tibér., p. 36 (seulement), 1883. — (Melanopsis costata, var. jordanica, Roth, Moll. spec., p. 25, pl. 11, f. 12- 13, 1839, et Spial, Moll., p. 38, 1855, et Rossmässler, Iconogr., f. 679, 1839, et Suites à Rossmässler, Iconogr., f. 1905 seulement [la f. 1906 représente l’ovum |, 1880.)
Cette forme, que j'ai eu le tort, autrefois (Cat. Moll. orient., p. 67, 1853), de considérer comme une variété de la costata, est une Mélanopside que je considère actuellement comme parfaitement distincte. Elle est très abondante dans le lac de Tibériade, mais surtout dans le Jourdain.
M. Mousson (loc. sup. cit.) signale du lac Tibériade, sous l'appellation de vartetas irreqularis, une forme plus courte, {toute noire, à sommet obtus, à ouverture moins
développée, dont le test est sillonné par des côtes tantôt fortes et distantes, tantôt minces et serrées, ou parfois faibles ou à peine accusées. Quid ?
Parmi les nombreux échantillons de cette espèce que j'ai examinés, j'ai constaté les trois variétés suivantes :
Var. conoidæa. Coquille à tours moins étagés et à spire plus régulièrement acuminée. — Lac de Tibériade.
Var. breviuscula. Coquille constamment d’une taille plus faible. — Même localité.
Var. parvula. (Haut. 12, diam. 6 millim.) — Le Jourdain , à 4 kilomètres au-dessus de la Mer Morte ; Aïn-el-Mellaha, dans la plaine du Bahr-el-Houlé.
Melanopsis infracineta, Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8, 1833. (Melanopsis costata, var. infracincta, Martens, Norderasiat. Conch., 1874, p. 32, f. 38 seulement, — et Suites à Rossmässler, Iconogr., f. 1907 de A à C, 1880, — et Melanopsis nodosa [non Ferussac], var. infracincta, Kobelt, Binnenconch., 1881, p. 150.)
Espèce conique, à grosses côtes transversales espacées, nodosiformes, caractérisée à la base du dernier tour par deux côtes spirales, dont l’une très saillante et l’autre beaucoup moins autour de l’axe columellaire. — Haut. 24, diam. 14 millim. Cette forme est bien représentée (f. 38) par Martens, et dans les Suites à Rossmässler (f. 1907 de A à C).
Source de Chabur à Ras-el-Aïn, dans la Mésopotamie.
Var. obsoleta. (Melanopsis costata, var. obsoleta, Martens [loc. sup. cit.], f. 39, et Suites à Rossmässler, f. 1907 2). — Variété diflérant du type par une coquille
de taille plus faible, et par un test lisse ou à peine costulé. — Même source de Chabur.
Var. minor. (Melanopsis costata, var. minor, Martens [loc. sup. cit.], f. #0). — Coquille petite (haut. 8, diam. # millim.), de forme obèse. — Même localité.
Quant à la varietas moderata de Mousson, rapportée à cette espèce par l’auteur des Suites à Rossmässler (Binnenconch., p. 150, 1881), je crois qu'elle doit plutôt être rapprochée de la nodosa.
Melanopsis ovum, Bourquignat, 1882, citée par Locard, Malac. lacs Tibér., p. 8, 1883. (Melanopsis costata, var. — Suites à Rossmässler, Iconogr., f. 1906, 1880.)
Mélanopside écourtée, très ventrue, globuleuse, à spire brièvement conique et sillonnée de grosses côtes très saillantes et très distantes (elles sont trop rapprochées sur la figure 1906 de l’Iconographie).
Test épais, opaque, solide (souvent érosé), d’une teinte noire-vineuse ou bleuâtre-violacée, orné de côtes saillantes, régulières, écartées, sensiblement nodosiformes supérieurement, et pourvu, en arrière de l’axe columellaire, d’une crête cervicale saillante, analogue à la côte spirale inférieure de l’infracincta; seulement, chez cette Mélanopside, cette côte spirale est sensiblement distante de l’axe, tandis que chez l’ovum, la crête contourne et suit la columelle (Sur la figure 1906 des Suites, cette crête n’a pas été bien saisie, et elle n’est pas assez marquée). Spire brièvement conique, à sommet faiblement obtus. Sept tours légèrement étagés, tous transversalement costulés (sauf les deux embryonnaires), à croissance
— 1hkh —
lente jusqu’au dernier, et à suture prononcée, bien que linéaire le plus souvent. Tours médians peu convexes, presque tectiformes, avec une zone déclive le long de la suture. Dernier tour énorme, ventru, globuleux, dépassant la moitié de la hauteur. Ouverture un tant soit peu oblique, ovalaire , anguleuse au sommet (sans fente prolongée), intérieurement d’une belle nacre resplendissante d’un noir bleuâtre ou vineux. Columelle courte, légèrement torse, très cintrée, à extrémité très tronquée, subacuminée, à pointe regardant en dehors. Bord externe mince, descendant rectilignement. Callosité médiocre, néanmoins légèrement épaissie au sommet; — haut. 17, diam. 9-10 millim.
Abondante dans le lac de Tibériade.
Le + +
Melanopsis nodosa (pars), Ferussac, Monogr. Mél., in : Mém. Soc. Hist. nat. Paris, I, 1823, p. 158 (les figures 13 de la planche vu et 8 de la planche vus représentent des formes fossiles tout à fait différentes), et Mousson, Coq. Schlæfli, HT, p. hk, 1874.
Belle Mélanopside remarquable par ses trois séries de grosses nodosités. Quelquefois, ces nodosités s’obsolètent et prennent l’apparence de fortes côtes; c’est alors la variété moderata de Mousson (loc. sup. eit., ead. pag.).
La nodosa est abondante, en Mésopotamie, dans le Tigre et l’Euphrate. Ferussac la mentionne de Bagdad. Je la possède de Mossoul et de Samava.
Melanopsis Feliciani, Bourquignat, 1884.
Cette espèce, ainsi que les deux suivantes (ewmorphia et egregia), appartiennent à une série particulière, inter= médiaire entre celles de la costata et dela nodosa et celle de la Parreyssi de Hongrie.
Petite Mélanopside, dédiée à notre ami Félicien de Saulcy, de forme oblongue, assez écouriée et ventrue, à spire conique, et sillonnée de fortes côtes très nodosiformes supérieurement, présentant inférieurement une inflexion onduleuse très prononcée. Test solide, opaque, brillant, d’un blanc sale corné uniforme ou d’un cornéjaunacé avec trois bandes vineuses très étroites, parfois très larges et d’autres fois se réunissant en une seule, de sorte que la surface est uniformément d’une nuance vineuse foncée. Spire brièvement conique, à sommet subobtus, souvent érosé. Sept tours plus ou moins étagés, suivant que les nodosités sont plus ou moins saillantes ; les deux supérieurs lisses et exigus ; les autres fortement costulés. Croissance spirale lente. Dernier tour relativement très grand, plan-déclive supérieurement, convexe inférieurement, et dépassant la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue, avec une fente supérieure assez prolongée. Columelle cintrée, torse et acuminée, à base tournée en dehors. Sinus très profond. Callosité médiocre, presque sans encrassement au sommet; — haut. 10, diam. 5 millim.
La Feliciani est abondante dans le Jourdain, non loin de son embouchure dans la Mer Morte,