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II. — Annales de Malacologie. — MAI

Melanopsis eumorphia, Bourquignat, 188k.

Coquille de faible taille, fortement ventrue un peu audessous de la partie médiane, sensiblement atténuée inférieurement et d’une forme conique, très aiguë supérieurement. Test subopaque, assez solide, brillant, d’une teinte marron-corné ou marron-vineux, avec deux étroites bandes foncées, qui ne s’aperçoivent guère que par transparence dans l’intérieur de l’ouverture. Costulations fortes, saillantes, très distantes, très onduleuses sur le dernier tour et nodosiformes à leur sommet. Spire conique, peu allongée, à sommet très aigu, acéré. Sept tours à croissance lente et à suture prononcée entre les inférieurs; les deux supérieurs lisses, excessivement ténus et pointus ; les médians médiocres et costulés ; le dernier développé, plan-déclive supérieurement, convexe inférieurement et dépassant la moitié de la hauteur. Ouverture verticale, ovalaire, atténuée en haut et en bas, sans fente supérieure prononcée. Columelle forte, très cintrée, aussi forte vers sa base qu’au sommet, très vigoureusement tronquée et se terminant par une extrémité regardant en dehors. Sinus très profond. Bord externe faiblement arqué en avant. Callosité mince assez encrassée au sommet; — haut. 10, diam. 5 millim.

Le type se trouve dans le Jourdain, à k kilomètres audessus de la Mer Morte. Une variété minor se rencontre à Aïn-el-Bass, dans la plaine du Bahr-el-Houlé,.

Melanopsis egregia, Bourquignat, 188k.

Charmante petite espèce de forme ovalaire, obèse, peu ventrue, à spire atténuée-subobtuse et sillonnée de costu-

lations nombreuses, serrées, délicates, régulières, onduleuses et nodosiformes supérieurement. Test mince, subtransparent, brillant, d’une teinte cornée-vineuse uniforme. Spire courte, atténuée, subobtuse, se terminant par un sommet aigu, excessivement petit. Six tours planstectiformes, à croissance assez rapide, à suture peu accentuée. Dernier tour relativement grand, plan-déclive jusqu’à la partie médiane, atténuée-convexe inférieurement, arrondi vers l’ouverture, et égalant presque les deux tiers de la hauteur. Ouverture verticale, oblongue , avec une fente très étroite peu prolongée au sommet, convexe du côté externe, notamment vers la partie inférieure, où le tour prend en cet endroit une ventrosité sensiblement plus forte. Columelle presque rectiligne, un tant soit peu oblique de gauche à droite, non acuminée et à extrémité regardant en bas. Bord externe faiblement arqué. Callosité presque nulle, seulement légèrement encrassée au sommet; — haut. 8, diam. # millim.

Cette Mélanopside, par l’ensemble de ses caractères, est celle qui se rapproche le plus de la Parreyssi et de la cariosa; elle vit dans le Jourdain. Une variété à côtes moins serrées a été trouvée dans le Belus près de Saint- Jean-d’Acre.

+ CE à

Melanopsis Parreyssi, Mühlfeldt, mss. — et Philippi, Abbild. conch., 1, p. 176 (fév. 1847), Mélan., pl. 1v, f. 15, et Suites à Rossmässler, Iconogr., 1880, f, 1909.

Magnifique espèce des cours d’eau du sud de la Hongrie. Je la possède de la Deva.

Les figures données par Philippi, et celle (1909) des Suites à Rossmässler rendent bien les caractères de cette Coquille.

On rencontre également, en Hongrie, une forme un peu plus courte, à tours étagés. C’est la Melanopsis scalaris de Parreyss (Iconogr., f. 19090), qu’il ne faut pas confondre avec la scalaris de Gassies, espèce algérienne toute différente de celle-ci.

NMelanopsis cariosa, Bourquignat, 1884. (Non Mel. cariosa de ous les auteurs.) — (Murex cariosus, Linnœus, Syst. nat, [édit. 12, 1766], n° 220, et Hanley, Ipsa Linnæi conch., p. 298, pl. u, f. 6, 1855). |

Voici la description de Linnæus : « testa ecaudata, subplicata, ovata, acuminala, apice carioso. — habitat in aquæductu ad Sevillam (CI. Alstrôm). Testa magnitudine fabæ, ovata, oblonga, acuminata, cinerea, subdiaphana, longitudinaliter sulcata sed obsoletius. Apex cariosus, basis emarginata. »

L'échantillon type de la collection linnéenne, figuré par Hanley, mesure 17 de haut sur 8 de diamètre, etson dernier tour, 9 de hauteur. Ce tour est, par conséquent, un peu plus grand que tous les autres réunis.

Les principaux signes distinctifs sont donc, une forme ovale-oblongue, une spire acuminée et un test subtransparent sillonné de côtes transversales émoussées, D'après

la figure 6 donnée par Hanley, ces côtes sont peu nombreuses et paraissent espacées.

Je ne considère pas comme des signes distinctifs le sommet rongé, ni la base « emarginata », parce que toutes les Mélanopsides sont plus ou moins emarginata, et que le plus grand nombre ont sommet rongé.

En présence d’une description aussi imparfaite, il est juste de reconnaître qu'il était impossible aux auteurs d'arriver à la compréhension de cette espèce. S'ils y étaient arrivés, le faif aurait été des plus extraordinaires.

Cette cariosa, si mal décrite par Linnæus, et si bien représentée, très heureusement, par Hanley, est une {orme minor de cette coquille répandue dans les collections sous le nom fautif de Sevrllensis (1), forme minor qu'il ne faut pas confondre avec cette autre /orme Minor que le D' Grateloup a réunie à son espèce, et qui n’est que la costellata de Ferussac.

Dans l'intention de faire comprendre cet amalgame incroyable de Mélanopsides, je ne puis faire mieux que de présenter le tableau de ces espèces, ainsi :

1° Sevillensis de Grateloup. — Forme spéciale;

2° Sevillensis des auteurs et des collections, (Sous cette appellation erronée sont comprises trois espèces : A,la Sevullensis type [forme peu commune]; B, une autre Sevillensis major, qui est la forme major du cariosus de Linnæus; et G, une autre forme minor qui est le type linnéen);

3° Enfin, une seconde forme minor globuleuse (différente de la minor ci-dessus signalée), forme que le

D' Grateloup avait réunie, à titre de variété, à sa

(1) La vraie Sevillensis de Grateloup est une espèce différente.

Sevillensis, et qui n’est, en réalité, que la costellata de Ferussac.

En résumé, trois espèces sous cette même appellation : 4° La Sevillensis (pl. 1v, f. 10 de Grateloup) ; 2° une autre Sevillensis major et minor (cariosus de Linnæus), et 3° une troisième Sevillensis, var. minor (pl. 1v, f. 11) de Grateloup (costellata de Ferussac).

Hanley, lui-même, qui vraisemblablement n’avait pas étudié les descriptions, ni comparé les figures des deux formes major (Sevellensis type) et minor (costellata) du D’ Grateloup, a émis une opinion erronée (p. 298), en déclarant la cariosa identique à la costellata. Cette opinion erronée avait déjà été produite par Deshayes, dans la seconde édition des « Animaux sans vertèbres ». Le fait est que la vraie cariosa est une espèce distincte des deux formes Grateloupiennes, de même qu’elle est différente de celle du Maroc figurée par Chemnitz (£. 2082-83), à laquelle j'attribue le nom de magnifica, et de cette autre représentée (f. 680) par Rossmässler que j'ai dédiée au savant Malacologiste allemand.

La cariosa type offre les caractères suivants :

Coquille de forme irrégulièrement oblongue-allongée, à tours un peu étagés, à spire allant régulièrement en s’atténuant, tout en ayant un sommet obtus, remarquable par son ouverture ovalaire-arrondie, dont le contour externe très convexe offre cette dilatation caractéristique des espèces de la série des Maroccana ou de celle des Dufouri.

Test peu épais, d’un cendré-corné violacé, assez terne, sillonné de grosses côtes transversales émoussées, rectilignes, distantes et offrant supérieurement, sur chacune d'elles, une nodosité plus ou moins accentuée. Spire

assez allongée, régulièrement atténuée ou, si l’on veut, subacuminée, à sommet obtus. Six tours étagés, légèrement plans-déclives entre la suture (qui est linéaire) et la série des nodosités ; les supérieurs presque toujours rongés, très exigus; les autres à croissance assez rapide; dernier tour dépassant un peu la moitié de la hauteur, sillonné de grosses côtes émoussées, plan et même un tant soit peu concave entre la série des nodosités et sa partie moyenne, puis convexe, plus ventru et prenant, vers l’ouverture, une apparence convexe-arrondie, très accentuée, ce qui la fait paraître, par cela même, légèrement excentrique. Ouverture verticale, ovalaire-subarrondie, dilatée-ventrue du côté inféro-externe, et pourvue supérieurement d’une fente assez longue très étroite. Bord externe un tant soit peu obtus. Columelle cintrée, courte, fortement tronquée, à base regardant en dedans. Échancrure profonde. Callosité médiocre, épaissie au sommet; — haut. 17, diam. 8 millim.

Var. major. (Haut.25, diam. 12 millim.) — Semblable au type, comme caractères généraux, mais en différant par une coquille plus épaisse, plus robuste, par des côtes plus grosses et plus saillantes.

Var. ventrosa. (Haut. 20, diam. 13 millim.) — Coquille aussi épaisse que chez la variété précédente, mais s’en distinguant par des tours supérieurs plus ramassés sur eux-mêmes et par une ventrosité plus considérable.

Le type et ces deux variétés sont excessivement abondants dans les aqueducs de Séville et dans le Guadalquivir.

Melanopsis magnifica, Bourquignat, 1884. (Buccina maroccana [pars], Chemnitz, Conch. cab.., pl. cex, f. 2082-83, 1795. — Melanopsis marOCCana Ou Cariosa des auteurs.)

Cette forme, spéciale au Maroc (environs de Fez), se distingue de la cariosa var. MAJOR, avec laquelle elle a le plus de ressemblance, par son test sillonné de côtes moins larges et moins volumineuses; par sa forme non régulièrement acuminée, mais convexe à la base, cylindrique dans toute sa partie moyenne, et conique seulement vers le sommet (cette partie conique est assez courte) ; par son dernier tour cylindriforme (non acuminé à sa partie supérieure), devenant frês ventru-arrondi vers l’ouverture, et n’atteignant pas la moitié de la hauteur; par son ouverture, moins haute, plus ronde, à fente supérieure moins prolongée, à columelle plus cintrée.

Le sommet, chez cette espèce, très petit, pointu, forme saillie. Les tours sont étagés et offrent le long de la suture un petit plan incliné.

Melanopsis Sevillensis, Grateloup, Mém. sur plus. esp. coq. nouv. (Extr. Soc. linn., Bordeaux, 1840), p. 47, pl. 1v, £. 10 seulement (la f. 11 représente la costellata de Ferussac).

Les caractères de cette Mélanopside, qui est restée jusqu'à présent incomprise, consistent en une ouverture très haute, régulièrement oblongue, allant en se rétrécissant peu à peu vers le sommet, et n’offrant pas, sur le côté

externe {qui est peu convexe), cette expansion arrondie que l’on remarque chez la cariosa et les autres formes de cette série (voir la f. 10 de Grateloup, qui est excellente); par une columelle robuste, très épaisse, non cintrée, descendant en ligne droite et à troncature obtuse, bien que le sinus soit accentué, puisqu'il donne lieu à une forte arête cervicale; par sa callosité épaisse, épatée, recouvrant une grande portion de la convexité du dernier tour, et médiocrement tuberculiforme vers l’insertion, ce qui rend l’ouverture non rétrécie à l’état de fente à sa partie supérieure; par son bord externe se détachant et devenant libre au lieu de suivre l’encrassement de la callosité comme chez la cariosa; par un test sillonné de côtes bien plus saillantes, à arête moins émoussée; par son dernier tour égalant près des deux tiers de la hauteur.

La Sevillensis a 35 de haut sur 18 de diamètre. Il existe une forme plus petite qui mesure 22, sur 10 millim.

Son axe columellaire rectiligne, encrassé, robuste, émoussé à sa base, ainsi que la forme de son ouverture sont trèsremarquables. Ces caractères sontconstants, ainsi que j'ai pu m'en assurer sur un grand nombre d'individus.

La vraie Sevillensis est très abondante près de Séville, dans la Guadaira.

Melanopsis costellata (pars), Ferussac, Mém. Mélan. in : Mém. Soc. Hist. nat. Paris, [, 1823, p. 157 (Il faut retrancher les synonymies et la variété À).

Les Malacologistes se sont rous trompés sur les caractères de cette espèce, en la confondant avec la costata

d'Olivier, forme spéciale à la Syrie, ou avec la cariosa (murex) de Linnæus, ou enfin avec les figures 2082 et 83 de Chemnitz, qui représentent I: magnifica, forme particulière que Ferussac avait comprise dans sa vartetas major et elatior.

La véritable costellata est cette variété minor de la Melanopsis sevillensis de Grateloup (pl. 1v, Î.II du Mémoire de ce docteur).

Ferussac attribue à sa costellata un test ovale-oblong, une spire courte, dont le dernier tour égale trois fois autant que les autres (ultimo reliquis triplo); enfin, des côtes transversales très nombreuses formant près de la suture une série de nodosités.

Ce sont justement ces côtes nombreuses et serrées qui ont motivé l'appellation de costellata.

Cette Mélanopside est excessivement commune à Séville, dans le Guadalquivir et les aqueducs. J’en ai reçu plusieurs centaines, et, sur cette grande quantité, j'ai à peine remarqué des variations. Je la connais aussi d'Ouazzan (Maroc), où elle est bien typique.

Cette espèce, dont on peut se faire une idée par la figure 11 de la planche 1v du Mémoire du D° Grateloup (1), est une coquille ovalaire, très ventrue, trapue, courte, à test solide subtransparent, d’un corné-blanchâtre ou violacé, sillonné par des côtes très saillantes, peu larges, assez rapprochées, rectilignes ou parfois légèrement flexueuses et pourvues à leur sommet d’une nodosité accentuée tuberculiforme. Spire très courte, comme écrasée, ayant l’inclinaison d’un toit, bien que les deux derniers tours (surtout le dernier) soient étagés.

(1) Mém. sur plus. esp. nouv, (Extrait Soc, linn. Bord.), 1840.

Sommet très pointu. Sept tours; les trois supérieurs lisses, brillants, transparents (jamais érosés) formant saillie sur les autres; tours médians d’abord médiocrement, puis de plus en plus costulés et devenant anguleux à l’endroit des nodosités; dernier tour énorme, atteignant presque les trois quarts de la hauteur, oblong, cylindriforme à sa partie médiane, plus ou moins convexe inférieurement, et présentant, à sa partie supérieure, un méplan incliné le long de la suture, puis une partie anguleuse ornée d’une série de nodosités (une sur chaque côte). Ouverture verticale, de forme irrégulièrement oblongue, anguleuse avec une fente prolongée au sommet, offrant du côté externe, d’abord un contour descendant presque rectüilignement, puis finissant par s’arrondir vers le bas, etdu côté de la callosité, en un contour très cintré. Columelle droite, robuste, obtusément acuminée, à extrémité regardant en bas. Bord externe aigu, le plus souvent descendant en ligne droite, ou quelquefois arqué en avant vers sa partie inférieure. Sinus prononcé. Callosité forte, épatée, nacrée, blanche, plus épaisse au sommet; — haut. 12-15, diam. 8-9 millim.

Il existe une variété à taille un peu plus forte, à côtes plus saillantes et à bord externe plus convexe.

Melanopsis pleuroplagia, Bourquignat, 188k.

Belle espèce remarquable par ses grosses côtes espacées, tout à fait obliques de droite à gauche, et par son ouverture ayant un cerlain air excentrique, par suite de la courbure de l’axe columellaire dont la base est portée à droite, et par suite encore de la grande ventrosité du

dernier tour, qui rend le côté externe apertural très convexe-arrondi.

Coquille épaisse, opaque, d’un cendré-jaunacé uniforme, sillonné de grosses côtes (8 à 10 sur le dernier tour, à partir du niveau de l'insertion du bord externe), espacées, obliques, très saillantes, ornées au sommet d’une forte nodosité tuberculiforme. Spire courte, étagée, à sommet aigu et saillant. Sept tours : les supérieurs très petits, lisses, transparents et formant saillie sur les autres qui commencent à s’étager et à se costuler : tours médians, comme écrasés, de plus en plus costulés, méplans supérieurement avec une rangée de nodosités augmentant graduellement. Suture d’abord linéaire, puis accentuée, prenant une direction très descendante à partir de l’origine du dernier tour. Ce tour très grand (haut. 45 millim.), égalant les trois quarts de la hauteur, d’une forme oblongue, convexe à sa partiemoyenne, devient plusrenflé près l’ouverture, vers la partie presque inférieure du bord externe. Ouverture verticale, oblongue, anguleuse, avec une fente étroite assez prolongée supérieurement, très cintrée du côté columellaire et convexe-dilatée du côté inféro-externe, enfin, offrant à l’intérieur une belle nacre blanche. Columelle très cintrée, courte, robuste, à base regardant du côté apertural. Bord externe mince, descendant rectilignement. Callosité épaisse, d’une nacre blanche épatée, plus encrassée au sommet; — haut. 20, diam. 42 millim.

Dans le Viar et le Carbanès, entre Cordoue et Séville (Espagne).

Melanopsis macrostoma, Pourquignat, 1884.

Chez cette Mélanopside, la partie supérieure du bord externe, au lieu de suivre, comme chez les autres formes de cette série, l’encrassement supérieur de la eallosité, se détache et donne lieu à une fente supéro-aperturale prolongée et sensiblement large.

Coquille de taille médiocre (haut. 15, diam. 8 millim.), oblongue, assez renflée, pourvue d’une ouverture très grande, égalant plus des trois quarts de la hauteur. Test assez épais, opaque, d’un cendré-jaunâtre ou d’un violetvineux uniforme, sillonné par des côtes très saillantes, droites, assez serrées (elles sont toujours au nombre de seize à dix-huit sur le dernier tour) et pourvues d’une nodosité au sommet. Spire très courte, étagée, à sommet pointu et effilé. Six tours : les supérieurs excessivement petits, effilés, lisses, transparents et formant saillie; les médians médiocres, commençant à se costuler et à s’étager ; le dernier très grand, dépassant les trois quarts de la hauteur, peu renflé. Suture linéaire, devenant plus accentuée vers les tours inférieurs, et ne prenant pas, comme chez l’espèce précédente, une direction descendante. Ouverture verticale, ovalaire-allongée, avec une fente assez large et prolongée au sommet, peu convexe du côté externe, où le bord, au lieu de se convexer, reste presque droit pour s’arrondir seulement vers la base. Columelle droite, assez longue, robuste et s’acuminant inférieurement en une pointe regardant en bas. Bord externe mince, descendant rectilignement ou parfois légèrement arqué en avant. Callosité d’une belle nacre blanche,

(ainsi que l’ouverture), très épatée, épaisse surtout au sommet.

Var. major (haut. 21, diam. 11 millim.) à côtes plus fortes et plus robustes, et à test plus épais.

Le Guadalquivir aux environs de Séville.

Melanopsis Rossmässleri, Bourquignat, 1884.(Melanopsis cariosa [non Murex cariosus de Linnæus], Rossmässler, Iconogr., IX et X, 1839, p. 42, f. 680).

Cette forme est une espèce très distincte de la vraie cariosa. C’est une forme ovalaire-écourtée, érès ventrue dans un sens oblique de gauche à droite, à sommet court, obtus, à tours non étagés, sillonnés de costulations serrées, nombreuses, légèrement onduleuses et à nodosités supérieures peu prononcées; son ouverture, légèrement excentrique dans une direction de gauche à droite par suite de la grande ventrosité du bord externe à sa partie inférieure (ce qui donne à cette espèce cette apparence obliquement ventrue), est petite, oblongue, entourée du côté pariétal d’une vaste callosité épaisse et étalée; la columelle, courte, très large, est faiblement cintrée avec une extrémité regardant du côté droit. Le dernier tour, qui est fort renflé et ventru, égale les trois quarts de la hauteur; enfin, les tours n’offrent pas à leur partie supérieure, le long de la suture, de zone méplane ; — haut, 15, diam. 10 millim.

La diagnose latine donnée par Rossmässler ne concorde pas parfaitement avec les caractères de la figure, qui a cependant l'air d’être très correctement dessinée. Cette

espèce, signalée de l'Espagne, sans indication précise de localité, pourrait bien être, au contraire, une forme du nord de l'Afrique.

Melanopsis microstoma, Bourquignat, 188k.

Petite espèce, ovale-suboblongue dans le sens vertical (et non dans un sens oblique de gauche à droite, comme la Rossmässleri), remarquable par l’exiguité de son ouverture, dont la partie supéro-aperturale est totalement obstruée par l’encrassement de la callosité.

Test solide, opaque, corné, sillonné de côtes saillantes (obliques-onduleuses sur le dernier tour) sans nodosité supérieure, seulement un tant soit peu renflées. Spire courte, conique, à sommet très aigu. Sept tours : les quatre supérieurs très exigus, lisses et transparents; les trois inférieurs de plus en plus costulés, ne présentant pas de méplans le long de la suture, mais simplement un léger renflement. Dernier tour oblong, égalant les deux tiers de la hauteur. Ouverture verticale, très petite, ovale, obstruée au sommet, sur une hauteur de # millimètres par l’encrassement de la callosité, sur lequel vient se coller le bord supéro-externe, et offrant inférieurement une dilatation prononcée. Columelle robuste, cintrée, bien tronquée, subacuminée, à extrémité regardant en bas. Bord externe légèrement arqué et se projetant sensiblement en avant à sa partie inférieure. Callosité forte, excessivement volumineuse au sommet; — haut, 13, diam. 7 millim.

Ruisseau de la source de la Moulouiah, près de Lalla- Maghnia sur la frontière marocaine (prov. d'Oran). Cette

forme est commune dans les dépôts quaternaires de ce ruisseau.

Cette Mélanopside est la dernière que je connaisse actuellement de la série de la cariosa, qui comprend 8 formes différentes et bien distinctes les unes des autres : cariosa, — magnifica, — Sevillensis, — costellata, — pleuroplagia, — macrostoma, — Rossmässleri, — et microstoma.

Les autres espèces qu’il me reste à signaler, appartiennent à des séries différentes : deux (Pechaudi et heliophila) à celle des Pechaudiana, et les trois autres dernières (ovula, turrita et Maresi) à celle des Maresiana.

Melanopsis Peehaudi, Bourquignat, 1882.

Espèce allongée, à sommet conique, 4 partie moyenne cylindrique, et à base atténuée, convexe seulement vers le côté externe de l'ouverture.

Test solide, opaque, fortement sillonné de côtes saillantes, légèrement obliques, sans nodosité supérieure. Spire allongée, conique-pyramidale à partir seulement du dernier tour. Sommet très pointu. Neuf tours, à croissance régulière : les quatre supérieurs lisses, les autres costulés. Suture prononcée, seulement entre les inférieurs. Dernier tour grand, égalant juste moitié de la hauteur, cylindrique, convexe seulement vers l’ouverture; celle-ci verticale, ovalaire, très rétrécie à sa partie supérieure par un fort encrassement de la callosité, paraît par cela même exiguë, Columelle forte, cintrée, acuminée

(base regardant en bas). Sinus profond. Bord externe faiblement arqué. Callosité robuste, encrassée surtout au sommet ; — haut. 22, diam. 9 millim.

Cette espèce, dédiée à M. Jean Pechaud, a été trouvée dans les dépôts quaternaires de la source de la Moulouiah, au nord de Lalla-Maghnia, près des frontières du Maroc.

Melanopsis heliophila, Bourquignat, 1872.

Cette nouvelle Mélanopside a été recueillie par le capitaine Seignette dans l’oasis d’Aïn-Chair, à l'extrême sud saharien du Maroc, lors de Pexpédition (1870) du général Wimpflen. Cette Aeliophala est une forme globuleuse, écourtée, brièvement conique, très renflée à son milieu, atténuée inférieurement, et remarquable par ses tours supérieurs lisses, excessivement acérés, d’une extrême petitesse, paraissant comme juxtaposées au sommet spiral.

Test solide, transparent, très brillant, d’un cendréjaunacé ou corné, et orné de fortes côtes onduleuses, peu distantes les unes des autres, à arête comprimée et sans nodosité supérieure, sauf sur le dernier tour, vers l’inserlion du bord externe. Spire courte, conique, pointue. Huit tours: les quatre supérieurs lisses, plans-tectiformes ; les autres devenant de plus en plus costulés et convexes. Suture linéaire. Dernier tour très convexe-ventru, dépassant la moitié de la hauteur, et offrant supérieurement le long de la suture un léger renflement déclive. Ouverture verticale, ovalaire, bien convexe à droite et à gauche, munie à son sommet d’une longue fente très étroite par suite du fort encrassement de la callosité. Columelle cin-

Il. — Annales de Malacologie. — MAI 1884. 11

trée en avant et du côté apertural, subacuminée, à base regardant légèrement en dehors. Sinus médiocre. Bord externe fortement arqué en avant. Callosité tuberculiforme au sommet; — haut. 14, diam. 7 millim.

Melanopsis ovula, Bourquignat, 188.

Coquille en forme d’œuf allongé, subfusiforme, atténuée inférieurement et subacuminée-obtuse supérieurement, régulièrement convexe à sa partie moyenne, el remarquable par son axe columellaire robuste, bien nacré, non acuminé, descendant reculignement dans une direction un tant soit peu rétrocédente.

Test fragile, peu épais, terne, subtransparent, d’un cendré jaunacé, sillonné par des côtes nombreuses, peu saillantes, légèrement flexueuses avec un sentiment de nodosité à leur partie supérieure. Spire peu allongée, subacuminée, obtuse. Sept tours à croissance régulière, faiblement convexes, légèrement renflés le long de la suture. Dernier tour oblong, renflé-convexe juste à sa partie moyenne, égalant les deux tiers de la hauteur. Ouverture suboblique, très oblongue et très anguleuse au sommet, d’une belle nacre blanche à l’intérieur. Columelle nacrée, rectiligne, rétrocédente, aussi forte à sa base qu’à sa partie supérieure. Bord externe régulièrement arqué. Callosité médiocre, non épaissie au sommet; — haut. 16, diam. 7 millim.

Le Guadalquivir entre Séville et Cordoue.

Melanopsis turrita, Servain, Moll. Esp., p. 154, 1880. (Melanopsis cariosa, var. turrita, Rossmaâssler, conogr., XII et XIV, 1854, p. 33, f. 846. — Melanopsis tingitana, Morelet, in : Journ. Conch., 4864, p. 155 et Malac. Maroc [Extr. Journ. Conch., 4880], p. 71, pl. mm, f. 8.)

On n’a qu’à prendre lIconographie de Rosmässler et la Malacologie du Maroc de M. Morelet, et comparer la figure 846 avec celle de la #ngitana (pl. ut, f. 8) pour rester convaincu de l'identité parfaite de ces deux espèces. Il n’y a pas de différence, surtout entre l’échantillon représenté, à droite, au-dessus de la figure 10.

Sur cette planche, qui accompagne son travail, M. Morelet a donné la représentation de quatre échantillons : le premier, n° 8, à droite, au-dessus de la figure 10, est, comme je viens de le dire, semblable à la #rrota (f. 846) de Rossmässler; le second, n° 8, placé à gauche, au-dessus de la figure 9, est un peu plus ventru et plus court, avec une série de nodosités subsuturales à l’état rudimentaire ; les deux autres n% 8, au bas de la planche, entre les n*® 9 et 10, représentent deux formes de taille plus grande, remarquables par une seconde rangée de nodosités, séparée de la supérieure par une zone légèrement concave.

Comme, entre ces diverses formes, il n’y a pas de différences bien appréciables dans le mode spiral, dans Ja forme du sommet, dans l'aspect de l'axe columellaire, dans le contour de l'ouverture, etc., je suis naturellement

amené à réunir ces quatre formes morelehiennes à une seule espèce, à la furrita.

Cette Mélanopside, d’abord découverte en Espagne dans le Guadalquivir, a été depuis recueillie dans plusieurs localités du Maroc, notamment près de Tanger, dans la Souanl.

La forme, à deux séries de nodosités, vit dans les cours d’eau entre Mogador et Maroc; quant à celle de la fontaine Ourika (province de Demnate), remarquable par sa taille courte, par son test orné de côtes plus fines, moins régulières et plus espacées, par son ouverture brune-rougeâtre, à callosité blanche et épaisse, etc., que M. Morelet assimile (p. 75) à sa fingitana, je la crois distincte, d’après ces quelques signes différentiels.

Melanopsis Maresi, Bourquignat, Paléont. Alg., p 105, pl. vi, f. 4-4, 1862, et Malacol. Alg., IL, 186%, p. 265, pl. xvi, f. 21-2#.

Le type provient de la Daya de Habessa, dans le sud saharien de la province d'Oran, où il a été trouvé dans un dépôt quaternaire. On le rencontre encore dans le ruisseau de Keriz, près du Chott-el-Djerid (sud de la Tunisie). C’est un échantillon jeune de cette localité qui a été figuré (pl. vi, f. #, Arch. miss. scient. Inst. publ.), par mégarde sans aucun doute, parmi les funetana, par le commandant Morlet.

Je ne crois pas que les Mélanopsides signalées des eaux douces de Mekinez ou d'Ouch-da (ou Oudjdah), par le

D' Paladilhe (1), sous l'appellation de Maresi, puissent être rapportées à mon espèce, qui est une forme essentiellement saharienne.

La Waresi, sillonnée par de grosses côtes légèrement flexueuses, par suite d’une zone supérieure faiblement concave sur le dernier tour, est remarquable par sa robuste columelle descendant rectilignement aussi grosse en bas qu'à son sommet, et si fortement échancrée que le sinus, qui donne lieu, en arrière, à une arête cervicale, permet à l’œil (lorsqu'on regarde la Coquille en-dessous) de plonger dans l’intérieur (Voir Malac. Alg., pl. xvr, f. 22). Le bord externe est presque régulièrement convexe-arrondi, sans dilatation à base.

Toutes les espèces, ou formes, que je viens de signaler, ont leur raison d’être. Toutes sont établies d’après les règles de la nouvelle méthode.

J'ai été, dans la discussion des formes spécifiques, d’une grande impartialité ; lorsqu'il l’a fallu, je me suis donné tort, aussi bien que je l’ai donné aux autres. Je n'ai eu, en écrivant cet aperçu historique, aucune arrièrepensée. Je n’ai pas cherché à dénaturer les espèces créées par les auteurs de l’ancienne école, comme ceux-e1 s'amusent à le faire pour celles des Malacologistes de la nouvelle.

J'ai cherché la vérité. Si je me suis égaré dans cette voie difficile, je l’ai fait involontairement.

(1) Coq. Maroc., 1875, p. 20 (du tirage à part).

Les auteurs qui désireront comprendre les espèces Mélaniennes devront agir comme j'ai agi; ils devront faire {able rase de toutes leurs dénominations, les trois quarts fautives, et, avant d’asseoir leur jugement, se reporter aux descriptions premières ; s'ils ne suivent pas cette ligne de conduite, tout ce que j'ai écrit dans cet aperçu leur paraîtra erroné, parce qu'ils partiront de points faux.

Un exemple à l'appui de cette assertion.

Un Malacologiste a écrit ces années dernières ces paroles :

« On doit savoir gré à M. Brot d’avoir fait disparaître du genre Melanopsis, dans la nouvelle édition de l’ouvrage allemand, le nom de maroccana,quin’exprimait rien de précis et qui n’était propre qu’à perpétuer les difficultés du sujet, » Et plus loin : « Les Conchyliologues qui se sont occupés accessoirement du même sujet, ont jugé, d’un commun accord, que les figures 2078 et 2079 de Chemnitz ne pouvaient s'appliquer qu’à la prærosa de Linné, et que les groupes suivants (2080-81, 2082-83) ne constituaient qu’une seule espèce » (Journ. Conch., 1880).

N'est-ce pas phénoménal d'entendre les gens de l’ancienne école se vanter d’un « commun accord » pour supprimer telle ou telle forme qu’ils ne comprennent pas ou qui les embarrasse ?

En somme, qu'y a-t-il d’embarrassant dans l’espèce de Chemnitz publiée sous le nom de maroceana ?

Sous cette appellation, Chemnitz a fait représenter trois formes bien distinctes :

1° 2079-79, une forme nettement définie, qui doit conserver, d’après les règles de la nomenclature, le nom de maroccana, puisque étant la première, elle prime les deux suivantes ;

2 2080-81, une autre forme semblable à l’hammamensis de Gassies ;

3° 2082-83, une troisième forme, vigoureusement costulée, qui n’est pas la costata du Jourdain, mais une espèce particulière au Maroc, la magnifica.

Ces deux dernières formes, 2080-81, 2082-83, bien que Chemnitz les ait placées sous le vocable maroccana, ne peuvent incontestablement conserver ce nom, puisqu’elles se trouvent primées par la première forme (2078- 79). Il est donc impossible d'annuler l'appellation de Maroccana, ainsi que l’a fait le D' Brot, sans enfreindre toutes les règles admises, sans aller contre tous les principes reconnus.

Le nom de maroccana doit rester comme nom d’espèce, et j’ajouterai que cette espèce est bien différente de la præmorsa de Linnæus, et que les deux autres formes chemnitziennes : Jammamensis (2080-81) et Magrafica (2082-83) n’ont aucun rapport avec la costata du Jourdain.

Admettons maintenant que les Conchyliologues qui professent des idées aussi fausses aient la velléité de vouloir comprendre les espèces Mélaniennes de cette histoire, qu'arrivera-t-il ? Il adviendra que, partant de points erronés, tout leur paraîtra mal nommé, par cela même que leur maroccana n’est pas la præmorsa ; que la forme 2082-83 n’est pas la costata, etc.

Cetexemple montre denc qu’il est nécessaire de laisser

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de côté toutes les anciennes opinions, de rejeter toutes les dénominations des Brot et consorts, si l’on a le désir d'arriver à la vérité.

Les Malacologistes qui auront le courage d’agir ainsi, reconnaîtront que j'ai eu raison de faire les rectifications que j'ai faites, et que la science nouvelle, ennemie des compromis, est une science autrement sûre et sérieuse que celle des « communs accords » de l’ancienne école.

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