‹ Histoire des mélaniens du système européenChapitre 2 sur 19 · HART · texte numérisé non relu

HART

LÆVIGATÆ.

LÆVIGATIANA. Gigantea, Raphidia, Lævigata, Afra, Berlani.

CRASSIANA.

Ovoidæa, Crassa, Ponderosa, Amblya.

LETOURNEUXIANA.

Letourneuxi, Bourguignati, Castanea, Codiella, Glabrata.

SPECIOSIANA.

Speciosa.

Je vais décrire succinctement chacune de ces Mélanelles, mais auparavant je crois devoir dire quelques mots de certaines formes que je n’ai pas mentionnées dans cette liste. |

Il existe dans les traités ou les catalogues malacologiques une quantité de Mélanelles inédites ou imparfaitement décrites, citées par les auteurs, telles que les costulata, fragihs, atra de Schmidt; rugosa de Sandri; /lava de Zélebor; æquata, atra {non Schmidt) de Ziégler ; varieqata de Grimmer ; fasciata de Stentz; cuspidata,macilenta de Parreyss ; montenegrina de Walderdortf; Sab-

ljarii, detrita, costata, dalmatina, de Kucik, ete... sur lesquelles 11 n’a été impossible de former une opinion parce que ces espèces, ou formes, qui, primitivement, avaient, dans la pensée de leur auteur, leur raison d’être, ont été tout à fait dénaturées en passant par les mains des amateurs ou des collectionneurs.

J'ai fait ce que j'ai pu pour me procurer ces formes inédites, afin de les adopter, s’il y avait lieu; je les ai reques pour la plupart de mes correspondants étrangers, et je dois avouer, qu'après leur réception, je me suis trouvé en présence d’un dédale de fausses déterminations.

Ainsi, de l’un, j'ai reçu, sous le nom de Sabljaru, confondues ensemble la coronata, Veximia et l’'agnata ; d’un autre, sous le même nom, l’elegans, la crassilabris et l’afra; sous l’appellation d'atra, un mélange d’afra de lœvigata, de Holandri et de Letourneuxr; sous celle de variegata, un autre mélange d’Aolandri et de lœvigata, etce.; de telle sorte qu’il ne m’a pas été possible de savoir si la Sabljari devait se rapporter plutôt à la coronata où à l’exèmia qu'à l’agnata, l'elegans ou la crassilabris; si l’atra était plutôt une lœviqata qu’une afra, etc.

I n’y avait pas de motif, en effet, pour que je pusse appliquer un nom à telle forme de préférence à telle autre J'ai dû renoncer à retrouver Le type de ces Mélanelles.

Néanmoins, avant de cesser mes recherches, j'ai désiré consulter la monographie des Mélanies de M. Brot, de Genève, qui, comme on le sait, s’est adonné d’une facon toute spéciale à l'étude et à la connaissance des Coquilles mélaniennes. Je me suis retrouvé encore une fois en présence des mêmes difficultés.

M. Brot, lui, n’admet qu'une espèce, l’Holandri, subdivisée en un grand nombre de variétés.

Or, la forme que cet auteur considère comme type de l’Holandri, n’est pas cette forme, mais l’e/egans;

Sa variété B, qu'il regarde comme la costulata de Schmidt, est, au contraire, l’Holandri;

Ses variétés GC et D, qu'il rapporte encore à une sousforme de la costulata, sont la coronata ;

Sa variété E, à laquelle il applique les synonymes de flava, d'œquata, Sabljarü, ete., est la lœvigata;

Et ainsi de suite.

En présence de semblables déterminations, j'ai pris le parti de laisser de côté tous ces noms de collection ou d'espèces manuscrites, puisqu'il ne m'était pas possible d'arriver à leur connaissance.

Incontestablement, dans le principe, lorsque Kucik, Parreyss, Zelebor ou Ziégler établirent ces noms, ces auteurs le firent à bon escient, d’après des formes à caractères spéciaux. Toutes ces Mélanelles, à l’origine, devaient avoir leur raison d’être, mais, dans la suite, lorsque ces espèces se trouvèrent répandues dans les collections, il advint qu’elles tombèrent, soit sur des auteurs sans coup d’œil, soit sur d’autres, travaillés par la manie des réunions, qui, ne les comprenant pas, les réunirent à des formes différentes et les firent tellement dévier de leurs caractères primitifs, qu’actuellement elles sont devenues méconnaissables.

Melanella divina, Lefourneux, 1879.

Petiteespèce (haut. 11, diam. 8 millim.) de forme globuleuse, d’une teinte cornée, à test assez mince, subtransparent, orné de trois à cinqzones saillantes, aiguës, dont les deux supérieures noduleuses. Sur le dernier tour, la supérieure seule conserve ses nodosités. Sur quelques échantillons, les zones s’atrophient vers l’ouverture. Spire courte, à sommet aigu (le plus souvent rongé). Cinq à six tours arrondis, très ventrus, à croissance très rapide (surtout le dernier). Ouverture semisphérique, blanchâtre. Péristome simple et tranchant du côté externe. Bord columellaire robuste, légèrement dilaté-épanoui à la base. Callosité brunâtre. — Mare du moulin de la Cettina, près Almissa, en Dalmatie.

Melanella coronata, Bourquignat, 1877. — (Melania Coronata, Zelebor, mss.; Melania nodosa Stentz, mss.

Charmante Coquille de forme globuleuse, à spire peu allongée, ornée de cinq à sept (mais le plus souvent de six) zones très saillantes, chargées de nodosités blanches tuberculeuses très prononcées, parfois spinuliformes. Ces nodosités n’existent ordinairement que sur les trois ou quatre zones supérieures. Le sommet de la spire est très aigu; le péristome est simple et tranchant du côté externe.

Cette Mélanelle est très abondante aux environs de

ÆUS =

Steinbrück, dans la Save et la Savina (Croatie), où elle à été recueillie par le conseiller Letourneux. Je la connais encore de la Narenta, en Dalmatie.

La coronata, que les auteurs confondent avec l’'Holandri, bien qu’à mon sens elle en soit très distincte, a été citée par Brusina (Mal. Croat., 1870, p. 14) et par Kreglinger (Binn. Moll., 1870, p. 321), qui l’attribue à Kuster. — Elle a été très bien figurée, vue de dos, sous le nom de Melania Holandri typica, par Tschapeck (in : Jahrb. Malak., avril 1881, pl. v, £. À, B et C). Les figures D et G de la même planche doivent être rapportées également à la coronata à Utre de variété, l’une (fig. D) est sans nodosités, l’autre (fig. G) semiplicata, est caractérisée par des nodosités chevauchant sur les deux zones supérieures. — Je connaisencore une variété (var. catoleia) de la Savina, qui est lisse inférieurement, avec deux zones de nodosités seulement à la partie supérieure.

Melanella HHolandri (pars), Prusina, Moll. Croatie, 1870, p. 143. — Melania Holandri, Ferussae, mss. in : C. Pfeiffer, Nat. Deutseh. Moll., HE, 1828, p. 47, pl. vu, Ê. 6 et 7, et Rossmässler, Iconogr., IX, 1839, f. 662 (seulement), et Tschapeck, in : Jahrb. Malak., 1881, pl. v, f. E (seulement).

Cette forme, assez allongée, à spire plus élancée que celle de la coronata, semble bien spéciale.

Les figures données par C. Pfeiffer ont été exécutées d’après un échantillon pas tout à fait adulte. Celle 662 de Rossmässler est excellente et très exacte.

L'Holandri offre de nombreuses variations dans sa

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