IL. — Annales de Malacologie. — MAI
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Melnnella Fagotiana, Bourquignat, 1879.
Jolie espèce à test mince, subtransparent (jamais encrassé), d’une teinte marron uniforme passant au noir et cerclé de deux zones supérieures, saillantes, ornées de nodosités épineuses, allongées dans le sens de la direction des zones. Spire assez longue, un tant soit peu scalariforme, conique, à sommet aigu, Six tours, à croissance régulière jusqu’au dernier, plans-tectiformes supérieurement, et séparés par une suture médiocrement prononcée. Dernier tour très grand, convexe, dépassant un peu la moitié de la hauteur. Ouverture bien verticale, oblongue, légèrement évasée à la base, intérieurement d’une teinte plus ou moins vineuse, avec trois à quatre bandes plus foncées du côté externe. Columelle médiocre bien cintrée. Bord externe droit, simple, peu épais; — haut.17, diam. 40 millim.
Cette Mélanelle, dédiée au Malacologiste Paul Fagot, de Villefranche, vit dans la rivière de la Krapina, à Sused, en Croatie.
Meïlanelln krapinensis, Lefourneux, 1879.
Cette espèce, qui se trouve par milliers dans le canal de sortie des eaux thermales (25°) de Krapina-Tœplitz, en Croatie, est la plus petite et la plus délicate des Mélanelles.
Coquille mince, subtransparente, d’une teinte jaune succinée, très rarement encrassée, presque lisse, cerclée par une à trois zones supérieures (ordinairement il n’y en
a qu'une saillante acérée, présentant seulement sur les tours supérieurs quelques nodosités comprimées et alloncées dans le sens spiral). Spire plus ou moins élancée, sensiblement scalariforme, à sommet très aigu. Six tours convexes, déclives-tectiformes supérieurement, à croissance régulière jusqu’au dernier tour, et séparés par une suture accentuée. Dernier tour relativement très grand, dépassant d’un demi-millimètre environ la moitié de la hauteur totale, de forme oblongue-convexe, presque lisse inférieurement au-dessous des zones, de même teinte que les tours supérieurs, sauf vers le bord péristomal, où le test prend un ton plus clair. Ouverture ovalaire, légèrement évasée à la base et un tant soit peu patulescente du côté externe, intérieurement d’un gris-noirâtre nacré. Bord columellaire médiocre, peu arqué, ne descendant pas jusqu’à la base et ordinairement teinte d’un ton noirmarron; — haut. 7, diam. 5 millim.
Melanella giganten, Bourquignat, 1879.
Coquille très allongée, ressemblant comme forme à une Limnée de la série des palustris, remarquable par ses {ours ventrus-convexes, séparés par une suture profonde; par sa spire élancée très aiguë, et par son dernier tour relativement médiocre, puisqu'il n’atteint pas la moitié de la hauteur. Test peu opaque, d’une teinte cornée claire (paraissant violacée, lorsque l’animal existe), finement strié, avec quelques méplans surle dernier tour. Spire très allongée, conique, à sommet très aigu. Huit tours convexes, à croissance lente et régulière, séparés
par une suture profonde. Ouverture ovalaire, légèrement patulescente-évasée à la base, intérieurement d’une teinte nacrée blanche-rosacée ou jaunacée. Péristome tranchant, bien qu’assez encrassé à l’intérieur. Bord externe vertical. Bord columellaire robuste, cintré. Callosité très forte; — haut. 25, diam. 13 millim.
Rivière près d’une villa sur la route de Pregrada, aux environs de Krapina, en Croatie.
Melanelia raphidia, Bourquignat, 1877 (Melania raphidia, Bourguignat, Malac. Bas-Danube, in : Ann. Malac., I, 1870, p. 66).
Espèce de taille plus faible (haut.16-17,diam.8 millim.) que la précédente, caractérisée par une spire allongée aiguë, à tours peu bombés, d’une croissance très lente jusqu’au dernier, qui est relativement plus grand que celui de la gigantea, puisqu'il égale juste la moitié de la hauteur. Ces tours, à peine ventrus, sont séparés par une suture presque linéaire, sauf vers l'ouverture où elle devient un peu plus prononcée.
Test d’un jaune serin, passant parfois au succin et à une teinte marron-rougeâtre, orné de trois zones marron {une supérieure et deux médianes), qui ne sont visibles que sur les échantillons jaunâtres, parce que sur les autres plus foncés, elles se confondent dans le ton général. Stries délicates, sur quelques individus, on remarque sur le dernier tour un cercle supérieur saillant, à nodosités bien nettes. Spire allongée, s’acuminant régulièrement et se terminant par un sommet excessivement aigu. Huit tours, à peine convexes jusqu’au dernier, à croissance très lente (surtout les supérieurs), et séparés par une suture peu
it =
prononcée, sauf vers l'ouverture. Dernier tour convexe, oblong, égalant la moitié de la hauteur. Ouverture ovalaire suboblongue, légèrement évasée à la base, offrant intérieurement une nacre de même teinte que le ton extérieur. Bord externe tranchant, faiblement rétrocédent, Bord columellaire assez robuste, court et cintré. Callosité peu épaisse.
Çà et là dans le Danube au-dessous de Belgrade. Ruisseau du parc de Rohitz et rivière au sud de Krapina, en Croatie.
Melanelln Iævigata, Dourquignat, 1877. — (Melania Holandri, var. lævigata, Rossmässler, Iconogr., X, 1839, f. 66%, et Zschapeck, in : Jabr. Mal., 1881, p. 104, pl. v, fig. À (seulement).
La figure 664 de Rossmässler est excellente et rend bien le port et l’aspect de cette espèce.
Cette Mélanelle est fort abondante en Carmiole, en Croatie, en Serbie, etc. Je la possède non seulement du Danube et de différentes rivières de Carniole, mais encore de plusieurs localités Croates, des alentours de Fiume et des environs de Krapina-Tæplitz, qui ont été si bien explorés par M. le Conseiller Letourneux. Le D' Servain l’a trouvée en Bosnie, près de Zenica. — On rencontre encore en Croatie, dans le canal du pare de Robilz et dans une rivière au sud de Krapina, une vartetas debilis à test plus mince et moitié plus petit.
Melanella afra, Bourquignat, 1877. — Melania afra, Lieqler, in : Rossmassler, Iconogr., X, 1839,
p. 38, £. 665, et Villa, Disp. Moll., p. 36, 1841, et Schmidt, Conch. Krain, p. 25, 1847, et Hauffen, Conch. Krain, p. 20, 1858.
Le type, fort bien rendu dans l’Iconographie, se trouve aux environs de Laybach, en Carniole. En Croatie, l’afra est représenté dans la vallée de Krapina par une forme nn peu plus courte.
Il convient de rapporter à celte espèce à titre de varietas zonata, la figure 666 de Rossmässler.
Melanella Berlani, Bourquignat, 1879.
Coquille écourtée, ventrue, de forme presque globuleuse, à test finement strié, subtransparent, d’une teinte marron-jaunâtre avec une bande médiane plus foncée. Spire courte, très brièvement acuminée, à sommet aigu. jinq tours (les trois supérieurs petits, les deux autres relativement énormes) convexes, à suture accentuée. Dernier tour ventru, dépassant de 4 millim. 14/2 la moitié de la hauteur. Ouverture ovale, faiblement évasée à la base, inférieurement d’un marron orangé, avee une bande plus foncée, correspondant par transparence à la bande externe. Péristome simple, droit, assez tranchant; bord externe faiblement arqué et légèrement rétrocédent imférieurement. Bord columellaire cintré. Callosité médiocre ; — haut. 143, diam. 8 millim. — Le Danube près Ibraila.
Melanella ovoidæn, Bourquignat, 1879.
. Coquille de forme obtuse, oblongue-ovoide, ressem-
Sd =
blant en petit, au point de vue du contour extérieur, à une Auricule de la série des Mide. Test très épais, finement strié (souvent rongé) et d’une coloration marronnoirâtre, Spire brièvement acuminée, subconoïde. Six tours convexes, à croissance régulière jusqu’au dernier, elséparés par une suture médiocrement prononcée. Dernier tour très grand, égalant presque les 2/3 de la hauteur, de forme convexe-oblongue, très obtus à la base. Ouverture faiblement oblique, bien oblongue, dilatée à sa partie inférieure et intérieurement d’une teinte nacrée carnéolée, Bord columellaire très robuste surtout à la base, Callosité épaisse; — haut 18, diam. 10 1/2 millim. Le Danube au-dessus de Routschouk (Bulgarie).
Melnnella ernassn, Bourquignat, 1877. — Melania crassa, Aulschiq, in: Brusina, Moll. Dalm., p. 106, 1866, et Mal. Croatie, p. 13 (en note), 1870, et Bourquignat, in : Ann. Malac., 1, p. 65, 1870.
Cette Mélanelle, remarquable par sa forme obtuseglobuleuse, par son test très épais, par sa spire courte et obtuse, se trouve répandue en Carniole, en Croatie et en Dalmatie. Je la possède de Carniole et de la Cettina, près Ribaric et Sinj, en Dalmatie.
Melnnella ponderosa, Bourquignat, 1877. — Melania ponderosa, Stentz, in: Villa, Disp. Moll., p. 36, 1841.
Cette forme, qui a été confondue par tous les auteurs avec la crassa, est cependant bien distincte. Elle diffère
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de la crassa par sa forme plus obtuse, par sa spire encore plus courte et par son ouverture bien plus développée.
Chez la ponderosa, les tours, à peine convexes, sont séparés par une suture presque linéaire ; la spire est très brièvement conico-obtuse, comme tectiforme, par suite du peu de convexité des tours; le dernier, excessivement grand, atteint presque les 3/4 de la hauteur; enfin, l'ouverture, plus dilatée, est sensiblement plus large inférieurement; — haut. 15, diam. 11, haut. dernier tour 12 millim.
Chez la crassa, l’avant-dernier tour est nettement convexe, par suite de la suture, qui est très prononcée; la spire est plus haute de 2 millim.; le dernier tour n’atteint seulement que les 2/3 de la hauteur; enfin, l'ouverture moins dilatée n’est pas aussi oblongue ; — haut. 15, diam. 10, haut. dern. tour 10 millim.
La ponderosa se trouve également en Carmiole, en Croatie, et en Dalmatie, notamment dans la Cettina, où elle vit en communauté avec la crassa.
Melanella amblya, Bourquignat, 1879.
Espèce de taille moyenne (haut. 11-12, diam. 7-8 millim.) de forme écourtée obtuse-ovalaire, à test épais, bien qu’à un degré moindre que celui des crassa et ponderosa, remarquable par une compression, d'avant en arrière, du dernier tour, compression analogue à cet aplatissement qui caractérise les Hybocystis, ces Cyclostomidæ de l’extrême Orient.
Spire courte el conoïde, cinq tours à peine convexes, plutôt déclives-tectiformes, séparés par une suture pres-
on —
que linéaire. Dernier tour très grand, oblong-convexe, égalant les 2/3 de la hauteur. Ouverture verticale, ovale, patulescente à la base, intérieurement carnéolée. Bord externe faiblement arqué, légèrement rétrocédent inférieurement. Péristome mince. Bord columellaire et callosité excessivement robustes, ne paraissant faire qu'un par suite du fort encrassement.
La Save à Sissek, en Slavonie,
Melanella Letourneuxi, Bourquignat, 1879.
Belle espèce ordinairement brillante, très rarement encrassée, à deux ou trois bandes marron très foncées se détachant sur un fond jaunacé passant au noir bleuâtre vers les tours supérieurs, et embellie par une ouverture entourée d’une teinte d’un beau noir-marron très brillant. Les bandes marron apparaissent par transparence dans la gorge aperturale.
Coquille globuleuse, ovalaire, peu allongée (haut. 1#, diam. 9 millim.), à test solide, bien que subtransparent, très finement strié et offrant quelquefois vers la partie supérieure du dernier tour quelques nodosités obtuses.— Spire brièvement conique, à sommet aigu. — Cinq à six tours plans-tectiformes, à croissance lente jusqu’à moitié de l’avant-dernier, puis se convexant et prenant un grand accroissement. Suture presque linéaire, sauf vers l’ouverture. Dernier tour très grand, égalant presque les 2/3 de la hauteur, ventru, convexe. Ouverture légèrement oblique, ovale, anguleuse supérieurement. Bords con-
tinus (par suite de la callosité), patulescents et souvent réfléchis chez les vieux échantillons.
Le type se trouve dans la rivière d’Ogulin, en Croatie, où il est très abondant. On rencontre une forme presque identique dans la Migliaska, près de Sérajewo.
Ses principales variétés sont :
Var. dilatata. — Dernier tour très ventru-convexe vers l'ouverture, ce qui rend celle-ci presque ronde, — Ogulin.
Var. elongata. — Spire plus allongée et coquille d’une taille un peu plus grande. — Ogulin.
Var. bosnica (Servain). — Spire plus courte que chez le type. — La Migliaska, à Sérajewo (Bosnie); Ostaria (Croatie); — la Save, à Sissek (Slavonie).
Melanella Bourguignati, Letourneux, 1879.
Espèce à peu près de même coloration que la précédente, mais à test plus épais, remarquable par sa suture plus accentuée, surtout profonde entre les deux derniers tours, ce qui rend l’avant-dernier très convexe; par son dernier tour plus arrondi, un peu moins haut; par son ouverture moins ovale, presque subarrondie, par suite de la plus grande convexité du bord externe; par sa base aperturale plus dilatée ; par son bord péristomal non patulescent, etc. — Chez cette espèce, la spire n’est pas brièvement conique, mais plutôt en forme de boule obtuse, par suite de la convexité des tours supérieurs ; — haut. 14, diam. 9 millim.
Rivière d’Ogulin (Croatie) ; la Save, à Sissek {Slavonie).
Melanella enastanen, Pourquignat, 1879.
Coquille d’un marron vineux, avec deux bandes plus foncées que l’on ne remarque guère que par transparence dans l’intérieur de l’ouverture. Test assez mince, non encrassé, finement striolé. Spire courte, obtuse, à sommet émoussé. Cinq tours convexes, à croissance assez rapide, séparés par une suture prononcée. Dernier tour bien convexe, dépassant d’un millimètre la moitié de la hauteur. Ouverture presque verticale, bien ovale, peu anguleuse au sommet, intérieurement d’une teinte vineuse-marron brillante. Péristome mince, non patulescent, sauf légèrement à la base; — haut. 12, diam. 8 millim.
Rivière à Ostaria et à Ogulin (Croatie).
Melanella codiella, Servain, 1884.
Espèce de forme écourtée, ressemblant à une petite boule, remarquable par la forte ventrosité du dernier tour à son origine. Test assez mince, finement strié, à peu près de même coloration que toutes celles de ce groupe. Spire très courte, comme conique-tectiforme bien qu’obtuse. Sommet émoussé. Cinq tours légèrement convexes, à croissance lente jusqu’à l’ouverture. Suture peu prononcée, sauf vers l'insertion du bord externe. Dernier tour très grand, dépassant les deux tiers de la hauteur. Ouverture légèrement oblique, ample, de forme ovale, intérieurement d’un vineux-violacé uniforme ou d’un marron blanc, avec deux bandes vineuses sur le côté interne de la paroi extérieure. Péristome mince, un tant soit peu patulescent; — haut, 9, diam. 7 millim.
La Migliaska à Serajewo (Bosnie) ; Ostaria (Croatie).
Melanella glabrata, Bourquignat, 1877. Paludina glabrata, Ziegler, in : C. Pfeiffer, Naturg.
deutsch. Moll., III, 1828, p. 46, pl. vin, f. 9-10.
Fraüenfeld a classé à tort ce Mollusque parmi les Coquilles marines sous l'appellation de Melaraphe (Turbo) neritoides de Linnæus.
Cette Mélanelle, qui est incontestablement une espèce du groupe des Letourneuxiana, paraît être une forme particulière au Frioul , à lIstrie et à la Croatie maritime. Le type provient de l’Isonzo. — La glabrata est fort bien rendue dans l’ouvrage de GC. Pfeiffer.
Melanelln speciosn, Bourquignat, 1879.
À première vue, la speciosa ressemble beaucoup à la Melanopsis buccinoidæa d'Olivier par sa taille, sa forme et sa coloration.
Cette espèce, en effet, est entièrement, ainsi que son ouverture, d’un noir-marron rouge-vineux. Son test, solide, luisant, jamais encrassé, est si finement striolé, qu’il semble lisse, sauf vers l’ouverture, où l’on remarque quelques stries grossières. Sa spire, allongée, s’acumine dans le sentiment de celle de la buccinoidæa; ses 6-7 tours, presque plans, S’accroissent d’une façon régulière jusqu’au dernier; sa suture est linéaire, sauf vers l’ouverture ; son dernier tour, dont le maximum de la con-
ER
vexité est un peu au-dessous de la ligne médiane, n’atteint pas la moitié de la hauteur : son ouverture, légèrement oblique, ovale, est entourée d’un bord péristomal simple, et patulescent seulement à la base; — haut. 18, diam. 10 millim.
Espèce très abondante dans une assez forte rivière entre Ostaria et Plaski, dans la Croatie méridionale.
BUGESIA, Paladilhe, 1866.
Ce genre a été établi par le D° Paladilhe pour une espèce mélanienne d’une extrême petitesse (haut. 1 1/2, diam. 2/3 millim.) et de toute beauté. Elle est ornée de trois zones de nodosités (deux seulement sur les tours supérieurs) en séries spirales. L’axe columellaire est reculigne, plan, comprimé, avec un sentiment de troncature rudimentaire à la base. Malgré cette apparence subtroncaturale, la réunion de l'extrémité columellaire au bord inféro-apertural se fait sans solution de continuité.
Cette coupe générique est intermédiaire entre celle des Melanella et celle des Fagotia.
On ne connaît jusqu’à présent qu’une forme, la
Bugesia Bourguignati, Paladilhe, in : Nouv. miscell. malac. (1°* fasc., fév. 1866), p. 2, pl. 1, f. 8-10.
Cette espèce est des plus rares, à cause de son extrême exiguité. Le D° Buges n’en a jamais pu découvrir que deux ou trois échantillons ; le D’ Paladilhe en a trouvé un seul. Dernièrement, un de mes bons amis, un chercheur
ee.
infatigable, en a recueilli deux autres, d’après lesquels j'ai fait exécuter de bonnes photographies, qui sont bien semblables aux excellentes figures données par le D' Paladilhe (pl. 1, f. 8-10) dans ses Nouvelles miscellanées malacologiques, et qui suffisent amplement à la connaissance de cette Coquille.
Malgré son extrême petitesse, puisqu'elle n’atteint pas 2 millimètres, cette espèce possède sept tours de spire.
C’est dans les alluvions de la petite rivière du Lez, près de Montpellier (Hérault), que la Bugesia a été trouvée jusqu'à présent.
FAGOTIA.
Les Mollusques que je comprends sous cette nouvelle appellation générique forment un groupe bien naturel, caractérisé par une columelle sans troncature à la base, mais présentant, lorsqu'on regarde obliquement dans l’ouverture, un axe subtordu qui vient s’évanouir à la base sous l'apparence d’une fausse troncature, et par un test {oujours maculé par plusieurs séries de taches vineuses où Marron.
Cette fausse troncature, qui n'empêche pas la base columellaire de se continuer avec le bord inféro-apertural, est due à une sorte de lamelle columellaire se développant le long de l’axe, à partir du tour antépénultième, pour aboutir à son extrémité inférieure. Entre cette lamelle (ou arête) et le contour interne de la base aperturale, on remarque toujours une sorte de sillon canahforme, souvent (suivant les espèces) teinté en un ton très foncé. La lamelle columellaire est parfois si accen-
ER de
tuée et si brusquement terminée, qu'elle donne lieu à une fosse ressemblant à une troncature melanopsidienne, comme chez la Gallandi du lac Sabandija.
Un autre caractère constant et particulier aux Fagoties consiste en la présence sur le test d’une quantité de taches vineuses ou marron, en séries plus ou moins nombreuses, selon les espèces.
Ces taches ne sont pas épidermiques, mais sont inhérentes au test. On les remarque fort bien sur les échantillons morts qui ont supporté les injures de l'air; sur les échantillons vivants, notamment sur la plupart de ceux des séries Locardiana et Letourneuriana, il faut, pour les observer, gratter avec force, non seulement l’enerassement, mais encore la pellicule épidermique.
Toutes les Fagoties, à un degré plus ou moins, sont maculées. 1 n’en existe pas, à ma connaissance, d'immaculées.
Cette nouvelle coupe générique, dédiée au Malacologiste Paul Fagot, de Villefranche, est des plus caractérisées, grâce aux deux singuliers signes distinctifs sur lesquels je viens d'appeler l'attention.
Les Fagoties paraissent répandues dans le bassin du Danube, depuis la Carniole jusqu’en Asie Mineure.
Les diverses formes, que j'ai à faire connaître, peuvent se répartir en quatre groupes :
ESPERIANA.
Esperi, Decussata, Rossmässleri, Berlani, Danubialis, Pfeifleri,
Anceyana, Pusilla, Audebardi.
LOCARDIANA. Locardiana, Ascanica, Gravida, Gallandi.
LETOURNEUXIANA.
Stenostoma, Anatolica, Servainiana, Nocturna, Letourneuxi, Pilariana, Saint-Simoniana, ACROXIANA.
Acroxia, Bourguignati.
Fagotia Esperi, Pourquignat, 1880. — Melanopsis Esperi, Ferussac, Monogr. Mél., in : Mém. Hist. nat. Paris., 1, 1823, p. 160, et Rossmässler, Iconogr., X, 1839, f. 668 (seulement), el Tschapeck, in : Jahr. malac., 1881, p. 107, pl. v, f. N (vue de dos).
Le type se trouve dans la Laybach, à Laybach (Carniole). Il est bien représenté dans l’Iconographie de Rossmässler, fig, 668 (seulement). Quant à la figure 668", re-
présentant l'ouverture agrandie, elle est fautive en ce sens que Rossmässler n’a pas accusé la subtroncature de la base columellaire, bien que, dans son texte, il ait dit « Columella vix truncata, absque sinu in marginem exte- «riorem adeunte. » Les autres figures 669, 670 et 671 de l’Iconographie, inscrites également sous l'appellation d'Esperi, se rapportent à des formes différentes.
La Melanopsis Esperi de C. Pfeiffer (Naturg. deutsch. Moll., II, 1828, p. 52, pl. vu, Î. 26-27) n’est pas la vraie Esperi, mais une forme à part, que je disungue sous le nom de Pfeifferi.
Je connais la véritable Esrert de Laybach (Carniole), de la Savina à Steinbrück (Croatie), de la Save à Sissek (Slavonie), et du Danube à Ibraïla.
Fagotia deeussata, PBourquignat, 1884. Melanopsis decussa!a, Ferussac, Monogr. Mélan.,in : Mém. Hist. nat. Paris, [, 1823, p. 159.
Le lac Balaton, en Hongrie. Environs de Stary Maydan Zabrzewski, en Podolie (Pologne).
Chez cette espèce, les tours sont plans ; la spire aiguë, plus conique ; ouverture plus ample; la subtroncature columellaire moins prononcée, et les maculatures du test bien plus nombreuses.
Fagotia Rossmässleri, Dourquignat, 1880.
Coquille subfusiforme, assez ventrue, de forme oblongue-allongée, àspire conique, à sommet aigu, à test brillant, subtransparent, finement striolé, d’un ton uniformejauneverdacé, sur lequel se détachent de nombreuses macu-