‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 21 sur 50 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

CLOTAIRE 11, UOl Dt ?iElSTIllt:; CIIH.DEBERÏ ET ENSUITE SES DEUX FILS TIlÉODEBEIlT ET TIllEURV, «OIS d'aUSTRASIE ET DE «Ol'RCOGiNE.

Ambition de Childcbcrt. — Politique hal)ilc de Fredegondc. — Victoire de son gênerai Landry. — Défaite des Saxons. — Mort de Childeliert et de sa femme. — Changemens dans la loi salique.

^j^.'i'^^'j»^'''- LiiiiLDEBERT, loin dc SG bomer à la possession des deux tiers de la France, en voulait conquérir le reste : il y était excité par la vindicative Brunehaut, dont l'existence était incompatible avec celle de Frédégonde; tous deux espéraient s'emparer promptement de la Neustrie qui n'était défendue et gouvernée que par une femme détestée, que par un faible enfant.

p.)iiii<iiie Frédéfîonde trompa leur attente; cette reine

Frociegomif. déploya autant d adresse dans sa polUique et

de courage contre ses ennemis , qu'elle avait

montré d'audace pour égorger ses victimes;

déjà elle avait regagné raffcctioii d'une partie

du peuple, en décidant son époux à supprimer

les impôts. Redoublant ses efforts pour se concilier les esprits au milieu des orages qui la menaçaient, elle apaise le clergé par des soumissions , gagne les soldats par des largesses , séduit les grands par l'appât des dons et par l'éclat des dignités, rassemble ses troupes, marche intrépidement à leur tète et enflamme leur courage , en leur montrant son fils Clotaire qu'elle portait dans ses bras.

Bientôt les deux armées sont en présence, vicioirc de

son général

non loin de Soissons : celle de Cliildebert était landiy. plus nombreuse , plus aguerrie ; mais , dans cette lutte inégale , Frédégonde sut opposer avec succès la ruse à la force. Au milieu d'une nuit obscure, son général Landry ordonne à chaque soldat de porter un arbre et une lumière ; tout à coup les Austrasiens , réveillés au bruit des trompettes , s'épouvantent à la vue de cette forêt qui marche entourée de feux ; une terreur panique les saisit; ils prennent la fuite, perdent quatre mille hommes daus leur déroute , et Frédégonde triomphe sans avoir combattu.

A la nouvelle des dissensions qui déchiraient Défaii la France, les peuples du Nord espèrent que le moment est arrivé d'envahir de nouveau cette riche proie. Les Saxons, les Anglais, les Hernies accourent en foule dans la Frise, dans

;1e< Saxons.

I^O CLOTAIRK II

la Batavie, et les dévastent. Mais Childebcrt

marche contre eux, les attaque avec rapidité,

les défait et les détruit presque entièrement.

jMortdc Le poëte Fortunat, évéque de Poitiers, célë-

(i .le sa bra par ses vers les exploits du duc Lupus dans

femme. . . . . , 1

cette guerre glorieuse. Une victoire si éclatante faisait espérer aux Français et craindre à Frédégonde le règne d'un noiiveau Clovis; mais, cette même année * y ce jeune roi et sa femme moururent; on les crut empoisonnés; et l'idée du poison s'unit nécessairement dans l'opinion générale au nom de Frédégonde.

Clîildebert avait régné vingt ans, et venait d'atteindre sa vingt-sixième année. On trouve son éloge dans les lettres du pape Grégoire-le- Grand et dans les vers du poëte Fortunat : mais ce qui prouve surtout qu'il en était digne, c'est qu'il fut sincèrement regretté par son peuple.

Ce roi, instruit, actif, brave, s'occupait également d'affermir sa puissance par les armes et de rétablir l'ordre par les lois. Ayant conclu un traité de paix avec Clotaire, après la bataille gagnée par Landry, tous deux signèrent un pacte dont le but était de réprimer les vols devenus trop communs et surtout ceux des serfs : ce pacte forma depuis le quatrième livre de la loi salique.

Un autre décret du même roi '*' introdui- ci.anpr-

, - . , ^ mens à

sit dans la même loi saiique des changemens laioii

ï 1 1 1 lique

importans. Le préambule de cette ordonnance est très remarquable, puisqu'il prouve sans réplique que les assemblées nationales se tenaient régulièrement, et que tout ce qui intéressait l'État y était délibéré.

« Ayant, toutes les années aux calendes de n mars, dit Childcbert , réuni tous les grands )) de nos États, nous avons au nom de Dieu » traité dans ces assemblées de toutes les affai- » res de notre royaume; et notre intention est )) d'en faire connaître à cliacun les résultats. » Le roi rend compte d'abord des décisions prises sur les successions par l'assemblée d'Andernach ou d'Attigny, la vingtième année de son règne, et rapporte de même ensuite les décisions des autres assemblées.

En voici les principales : k Les mariages en- » tre beaux-frères et belles-sœurs , tantes et » neveux, beaux-fds et belles-mères , sont in- » terdits et déclarés incestueux. Le réfractaire » excommunié sera chassé du palais et privé » de ses biens.

)) La peine de mort est attachée au crime de » rapt, par la décision d'une autre assemblée » où tout le peuple, dit le roi, s'était trouvé

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