‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 23 sur 50 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

CLOTAIRE II, ROI DE NCrSTRIE , SOIS LA RÉGEXCE DE FRÉdÉ-

gonde; tiiûodebert, roi d'avstrasie ; tiiierrt, roi de bodbgog>e, sous la regence de brcnehavt.

GouvRi-Ticmrnt de la France. — Victoire et mort de Frc'dc'gonde. — Règne tyrannique de Brunchaut. — Révolte contre elle. — Sa régence en Bourgogne. — Guerres civiles. — Assassinat de Protadc, maire du palais. — Massacre de ïheodebert et de ses enfans. — ^lort de Thierry. — Supplice de Brunchaut. — Son apologie.

Ija mort de Childebert et de Contran laissait Couver-

- , , . , . iiPinPiit lie

les renés de la r rance entre les mains de trois la France enfans et de deux femmes acharnées à se détruire. Clotaire II était âgé de huit ans, Théodebert de dix, et Thierry de neuf. Leur innocence, égarée par la rage de deux reines ambitieuses, eut pour premiers jeux des combats, et pour premier spectacle le sang des Français inondant la France. Les armées des trois rois ne tardèrent pas à se chercher , à se

ig4 CLOTAIRF, H

rencontrer et à s'attaquer; elles virent à leur tête les trois enfans couronnés et leurs implacables mères.

viiioin et Frédéffonde , aussi redoutable par le f^laive

nioitclcFie- . .

dégonrfe. que par le poignard , fut favorisée par la fortune, demeura victorieuse, força ses ennemis à la retraite, et rentra triomphante dans Paris , dont elle conserva l'entière possession à son fils. Cette victoire sanglante fut la dernière joie de sa vie : elle mourut * et reçut probablement dans un autre séjour le châtiment de tous ses crimes , que le sort sur la terre avait constamment couronnés de succès. Le siècle gémit de sa fortune et s'y soumit ; l'histoire est chargée de sa condamnation.

Rèsïne ty- Bruuehaut, délivrée de cette odieuse rivale,

vaiinique de . , it i i • 1 • • Cl'

Biunohaut.ne Vit plus d obstacle a son ambition, aiiecta la puissance absolue, et ternit, par son orgueil, si l'on en croit ses ennemis, un régne que la justice et la modération auraient pu rendre p;lorieux.

Les Huns, attirés par les troubles qui déchiraient et affaiblissaient l'empire français , traversèrent , en les ravageant , la Bohème , l'Esclavonie, la Bavière , et pénétrèrent sur le territoire de la France. Brunehaut, trop occupée des querelles intérieures de l'Etat, n'osa

* 5oG.

point combattre ces formidables ennemis; elle prit le parti timide, et par-là môme dangereux, de les éloigner à prix d'argent.

Cette reine, avide de pouvoir, imita la conduite arbitraire des rois Clotaire et Chilpéric; elle priva de leurs charges et de leurs bénéfices les grands qui lui résistèrent, et donna leurs dépouilles à ses favoris. Sous son régne, la fierté conduisait à la proscription , et la servilité à la fortune. On l'accusa d'avoir fait tuer par ses émissaires le duc Ventrion, dont elle redoutait l'influence et enviait les richesses. Ces spoliations subites, ces fortunes soudaines remplissaient la cour d'intrigues^ et de mécontentemens.

Bientôt tous les leudcs, turbulens, fatigués Revoiie de subir le joug de quelques favoris et les caprices d'une femme, se rassemblent, se liguent, soulèvent le peuple de Metz, forcent le palais, et en chassent ignominieusement Brunehaut. Quelques soldats la conduisirent près d'Arcissur-Aube : là cette reine, naguère si superbe , se vit seule , abandonnée, sans argent, sans asile, et à peine couverte des vètemens de l'indigence. Dans cet état d'isolement, de honte et de détresse, un mendiant qui passait reconnaît la reine, la prend sous sa protection, et l'accompagne jusqu'à Châlons, où son fils Thierry

igÔ CLOTAinK II

la reçut avec un respect mêlé de chagrin et de crainte.

Sa rovrnre Ccpcndaut, commc elle était aussi spirituelle gogaë.'^ et aussi insinuante qu'orgueilleuse , elle prit bientôt un entier ascendant sur ce fils, dont elle amollit le caractère, en le détournant de ses devoirs , et en le livrant aux pièges séducteurs des voluptés. Sous son nom , elle régna en maitre sur la Bourgogne , et une fortune rapide récompensa le pauvre qui l'avait secourue; il devint évêque d'Auxerre.

Guorrrs La gucrrc recommença ^ entre Clotaire et

ci%ile5. . - , - . - - ^.

les rois Thierry et 1 héodebert. ils se livrèrent bataille auprès de Moret : la défaite du roi de Neustrie fut complète; Clotaire perdit trente mille hommes, chercha son salut dans la fuite, et se vit contraint de céder aux rois ses cousins la plus grande partie de ses États. Les princes vainqueurs portèrent ensuite '^^ leurs armes en Aquitaine contre les Gascons , les soumirent et les obligèrent à payer un tribut.

Les grands du royaume de Bourgogne commençaient à trouver à leur tour le joug de Brunehaut dur et pesant; leurs murmures contre ses injustices n'épargnaient point ses mœurs; et, quoique son âge ne lui permît plus d'inspirer de l'amour, ils l'accusaient de s'entourer

d'amans qu'elle éblouissait, non plus par ses charmes , mais par l'appât de ses largesses.

La réputation, le crédit et l'indépendance du patrice Egila Timportunaient : il périt, et Brunehaut donna ses dépouilles à son favori Protade, Romain d'une commune extraction, qu'elle éleva rapidement aux plus hautes dignités; elle lui donna le titre de duc, et elle voulait qu'il occupât la place importante de maire du palais de Bourgogne : c'était pour elle le moyen de dominer et son fils et les grands ; mais cette charge était remplie par Berthoald que défendait l'alTection des leudes, du peuple et de l'armée.

Ne pouvant le renverser par la force, Brunehaut réussit à le perdre par ses artifices, La guerre venait d'éclater de nouveau entre Clotaire et les petits-fils de Brunehaut; la reine fit partir Berthoald pour laNeustrie avec des troupes peu nombreuses , et ne lui envoya point les renforts qu'il attendait.

Landry, comme la reine l'avai^t prévu, l'attaqua, le défit et l'assiégea dans Orléans. Cependant Berthoald par son courage avait échappé aux armes de ses ennemis; Thierry vint le secourir, et livra aux Neustriens une bataille près d'Étampes. Landry fut taillé en pièces ; mais Berthoald périt dans le combat ; et, selon

les di'sirs de la reiiiu, Protade devint maire du palais.

Les rois commençaient à vouloir régner : Théodebert invitait son frère à sortir de la tutelle de Brunchaut. Tous deux marchèrent contre Clotaire; mais, au moment de le combîittre, ils se reconcilièrent avec lui sans consulter la reine , qui ne voyait dans ce même Clotaire que le fils de l'odieuse Frédégonde.

Cet acte d'indépendance avertit Brunehaut que sa puissance allait tomber; furieuse et ne pouvant vivre sans régner, elle conçut, si l'on doit en croire les ennemis de sa mémoire, l'horrible projet d'armer ses enfans l'un contre l'autre; et dans ce dessein elle sut, dit-on, persuader à Thierry que son frère Théodebert n'avait aucun droit légitime au trône , étant le fruit, non de l'hymen de Childebert et de Failleube, mais de l'adultère de cette reine avec un jardinier.

Assassinat Quol Qu'll cu soit, il est certain que les deux

<lc Prota<\e, "^ ^ -Il • 1

maire du frèrcs sc brouillèrent , prirent les armes et marchèrent pour se combattre. Les glaives étaient levés , on avait donné le signal de la bataille, lorsque des deux côtés les leudes, indignés de cette guerre impie, se révoltent, entourent tumultueusement leurs princes, les forcent à se réconcilier, et se précipitent en-

suite dans la tente où se trouvait le maire Protade , qu'ils regardaient comme l'auteur de ces discordes; ils le voient jouant tranquillement aux échecs , l'accablent d'outrages , et le font périr sous leurs coups.

Brunehaut , pour se venger de cet afTront , chercha de nouveaux appuis par de nouveaux crimes \ intimidant Thierry par son audace , gagnant le clergé par ses fondations et par ses largesses, prodiguant, à tous ceux qui voulaient la servir, et ses trésors et ses faveurs, épouvantant les autres par des proscriptions , elle parvint encore à raifermir sa puissance chancelante.

L'évèquc de Lyon, Didier, osa lui adresser des reproches publics sur le scandale de sa conduite : la reine l'exila; on la soupçonna même de l'avoir fait lapider dans une émeute. Thierry voulut quelque temps après demander en mariage la fille du roi des Visigoths; Brunehaut s'y opposa, lui permettant des maîtresses qu'elle méprisait, mais non une femme qui aurait bientôt balancé son pouvoir.

Ce fut alors que le saint abbé Colomban, célèbre par sa piété, vint conjurer Thierry de contracter un lien légitime et de renoncer à ses débauches qui dégradaient le trône; mais l'ardeur de son zèle l'entraîna hors des bornes

de son devoir; il éclata contre le prince et la reine en invectives et en menaces. Brunehaut le bannit ; et Clotaire , en lui donnant un asile, le sauva d'un sort plus funeste.

Dans le même temps Théodcbert épousa une de ses esclaves ; bientôt cette femme périt. Tbéodebert la crut empoisonnée; il en soupçonna Brunehaut, et en accusa même la servile complaisance de Thierry. La guerre recommença entre les deux frères ; vainement les Icudes voulurent encore les rapprocher : Thierry, invité à une conférence , y tomba dans un piège tendu par la perfidie; soudainement entouré et assailli, il se vit contraint, pour sauver ses jours, de céder une partie de son royaume à son frère.

Massacre Tliicrry, excité à la vengeance par l'impla- Lcriei'de ses cable Brunchaut , rassembla de nouvelles troupes, battit Théodcbert à Tours, et le défit une seconde fois près de Tolbiac. Dans ce dernier combat , Tbéodebert , abandonné des siens , fut pris et décapité; on massacra ses enfans ; et quelques auteurs assurent qu'un des soldats de Brunehaut écrasa contre une muraille la tête du dernier de ces princes.

Mon Thierry, maître de la Bourgogne et de l'Aus- ' trasie par ces crnnes, crut peut-être les expier par le châtiment de sa coupable aïeule qui les

lui avait inspirés. Mais, au moment où il méditait sa ruine, la mort le frappa, et Brunehaut fut accusée de ce forfait.

Thierry mourut '*'; il était âgé de vingtsix ans, et en avait régné dix- sept : il laissait six fils; aucun n'était légitime. Cependant les deux plus âgés, Sigebert et Cliildcbert, furent proclamés rois , l'un d'xVustrasie et l'autre de Bourgogne; et Brunehaut put se flatter encore qu'elle allait régner sous leurs noms.

L'indignation excitée par tant de meurtres était devenue générale ; les principaux leudes des deux royaumes forment une vaste conspiration; ils s'entendent secrètement avec Clotaire. Le roi de Neustrie, sûr de leur appui, s'avance à la tète de ses troupes , et réclame hautement l'héritage de Thierry. Bientôt les armées sont en présence; mais, à l'instant où l'on donne le sifrnal du combat , les antrustions, les leudes, les chefs austrasiens et bourguignons se retirent et livrent leurs princes sans défense au pouvoir de Clotaire. Le fils de Frédégonde les condamna tous à la mort , excepté Mérovée qui se fit moine, et Cliildcbert (|ui se sauva, et dont on ne trouva plus jamais ni le nom ni les traces.

Brunehaut ne put échapper au sort terrible Brua«i. «m.

qui l'attendait; poursuivie dans sa fuite, elle fut arrêtée et livrée à la ven.jjeance du fils de Frédégonde. Clotaire, animé dos fureurs de sa mère , dont l'ombre parut encore planer sur la France, ne prévit point qu'il allait porter un coup funeste à la royauté et dé.j^radcr lui-même le trône par le supplice d'une reine. Rassemblant tous les Francs au Cliamp-dc-Mars , il accusa Brunehaut de la mort de dix rois et de tous les crimes commis par sa propre mère : elle fut condamnée.

Cette princesse, dont la misère dut faire oublier l'orgueil , jugée par la haine plus que par la justice, fut livrée aux outrages d'un peuple toujours prompt à fouler aux pieds la puissance devant laquelle il se prosternait la veille : la fille , l'épouse , la mère et l'aïeule des rois , couverte de haillons, se vit promenée sur un chameau pendant trois jours dans le camp , et exposée aux insultes d'une soldatesque effrénée; après ce supplice, plus aflreux pour elle que la mort, on attacha l'infortunée aux crins d'une cavale indomptée qui brisa sa tête sous ses pieds, déchira son corps au milieu des ronces, et écrasa ses membres sur les cailloux : les ilammes consumèrent ses restes ; le vent dispersa ses cendres; il ne resta d'elle que le souvenir de son ambition , de ses crimes , de son

châtiment et de l'horreur presque égale qu'inspirent une telle coupable et de tels juges '*'.

Nous avons répété les arrêts prononcés par s.m plusieurs historiens contre cette reine trop ambitieuse et trop punie : il fallait cependant qu'il y eût dans son caractère quelque mélange de vertus , car elle a trouvé des apologistes aussi zélés que ses ennemis étaient ardcns. Ses défenseurs vantent son habileté, son éloquence, sa générosité et même sa bonté ; ils nient tous les crimes qu'on lui impute, et en accusent ses fils, leurs ministres et les mœurs du temps. Ce qui est certain , c'est que dans les lettres de cette princesse qui sont parvenues jusqu'à nous, et qu'elle adressait à l'empereur Maurice, à rimpératrice Anastasie , aux grands de Constanlinople , à deux papes et à son petit- fils Athanagilde , on remarque de l'urbanité dans le ton, de l'élégance dans le style, beaucoup de douceur et même de sensibilité dans les expressions ; loin de lui reprocher de l'orgueil dans ses correspondances, on voit avec quelque peine qu'elle et son époux , abaissant la fierté du langage que tenaient précédemment les fils de Clovis, sollicitaient avec trop d'empressement la bienveillance et l'appui des empereurs d'Orient, tandis que Maurice leur re-

prochait avec hauteur d'être plus prompts à lui envoyer des ambassadeurs que des soldats.

Les papes Pelage et Grégoire-le-Grand, au moment où ils réprimandaient Chilpéiic et Clotaire, et où ils se plaignaient à Brunehaut des seandales du clergé des Gaules , des désordres des prêtres et de la vente honteuse des dignités ecclésiastiques, donnaient les plus grands éloges à Tadministration sage et à la piété éclairée de la reine d'Austrasie. Ils félicitèrent cette reine d'avoir favorisé la conversion des Anglais à la foi chrétienne. Grégoire attribue à l'éducation qu'a reçue son fils Childebert l'avantage qu'il lui doit de voir son règne plus florissant que celui des autres rois.

Ce qui doit faire croire à la sincérité des louanges de Grégoire , c'est qu'il y mêle de sages conseils contre l'ambition de Brunehaut. « Voulez-vous jouir paisiblement, lui disait-il, » soyez très attentive à n'acquérir que par des » moyens légitimes. Si vous voulez vaincre vos » ennemis, prouvez que vous leur êtes supé- » ricure en vertus : suivez les principes de » Dieu , et Dieu combattra pour vous ; l'auto- » rite doit avoir pour base la justice : vous te- » nez inviolablement à cette règle; on le voit » par la manière digne d'éloges avec laquelle )■) vous flrouvernez tant d'États divers, tant de

ET AUTRES ROIS. 2o5

» peuples diffërens. Comment pourrait-on dou- » ter de votre bonté , quand on voit que votre » p-énérosité pour vos sujets n'a d'autres bor- » nés que celles de votre pouvoir! »

Dans d'autres lettres, vantant toujours le zèle pieux de Brunehaut, et la remerciant du lustre qu'elle répand sur l'Église, il rin\ite à détruire les restes du culte des arbres, des idoles et des sacrifices païens ; il lui demande de ne plus permettre aux juifs d'avoir des esclaves chrétiens , et, comptant sur sa justice sévère, il lui confie les chagrins que lui causent les scandales du clergé des Gaules.

(( Nous avons appris, lui écrit-il, des désor- )) dres qui nous aflligent au-delà de toute expres- )) sion. On assure que certains prêtres de vos » États se comportent d'une manière si impu- » dique et si abominable, que nous n'avons pu » l'entendre raconter sans en ressentir l'oppro- » bre. Puisque cette perversité vous résiste, il » faut la châtier pour qu'une telle dépravation » ne retombe ni sur votre âme ni sur votre » royaume; car ce sont les prêtres qui peuvent' » causer la ruine publique ; en effet , pour- » raient-ils intercéder le ciel pour les crimes » des peuples, quand eux-mêmes en commet- » tent de plus grands ! »

Un autre pontife, Fortunat, évêque de Poi-

tiers, Ht en vers un portrait de Rrunehaiit qui ne peut s'accorder avec riinagc horrible qu'en ont tracée ses détracteurs. « Cette reine, dit- )) il , est belle , modeste , décente , gracieuse , » séduisante, affable, également puissante par » sa naissance royale , par ses charmes et par » son esprit ; aux qualités qui séduisent les » hommes , elle unit les vertus qui plaisent à » Dieu. »

A la vérité Fortunat était poëte, et la poésie exagère souvent; mais cependant un contemporain, un évêque aurait- il pu peindre ainsi Brunehaut s'il l'avait vue baignée dans le sang de sa famille et armée du poignard de Frédégonde? Pour être juste, en ôtant de ces éloges ce qu'on peut attribuer à l'adulation , à la reconnaissance ou à l'enthousiasme , on doit aussi retrancher tout ce que la haine et la crainte du fils de Frédégonde ont pu dicter de calomnies contre une ennemie vaincue et jugée par ses vainqueurs.

Les lettres du pape Grégoire que nous venons de citer nous apprennent que dans ce temps le Saint-Siège possédait en France des revenus qu'on appelait le patrimoine de saint Pierre. L'évêque d'Arles, Virgile, nommé légat du pape, était chargé d'administrer ces revenus; mais ce qu'on y voit encore de plus im-

portant, c'est qu'à l'instant où les leudes et les grands, secouant le joug des rois, s'armaient contre eux , et les forçaient à rendre leurs bénéfices irrévocables , les papes commençaient aussi à tenir aux princes un langage impérieux. On lit, dans un décret de Grégoire qui établit les privilèges du monastère d'Autun, ces singulières paroles : « Si quol(|u'uii des rois , )) des évéques, des juges ou des autres sécu- )) liers, ayant pleine connaissance du présent )) décret , s'avisait d'y porter atteinte , qu'il )) soit dépouillé de sa dignité, de sa puissance, )) de ses honneurs; qu'il soit privé du corps, » du sang de J.-C. , et dévoué à la damnation » éternelle. » Ainsi c'est de ce temps, à la fin du sixième siècle, qu'on peut dater l'époque de l'origine de la noblesse, fondée par l'irrévocabilité des bénéfices, de la domination des grands sur les rois, enfin de la rivalité qui s'établit entre la tiare et la couronne.

208 CLOTAIHE II.

Page 1