‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 29 sur 50 · CI-OVIS'U, ROI Ut FRANCE; ARCHIISOALD , MAIRF. DU PALAIS · texte numérisé non relu

CI-OVIS'U, ROI Ut FRANCE; ARCHIISOALD , MAIRF. DU PALAIS

Qualités de Clovis II. — Son mariage avec Batliilili-. — Enlans issus dfi ce mariage. — Mort de Clovis II.

Un ne peut savoir si Clovis II mérita réelle- Quaiues ,k

. , 1,A Clovis II.

ment, par la nullité de son caractère, d'être compté au nombre des rois fainéans , ou si ce fut le malheur des temps qui le contraignit d'obéir à ses vassaux, en rendant contre eux ses efforts impuissans. Ce qui pourrait lui faire supposer quelques vertus, c'est que sa mémoire fut attaquée par des leudes orgueilleux et par des prêtres cupides avec un acharnement que n'excite pas ordinairement la faiblesse.

Le peu de renseignemens que fournissent les légendes et les chroniques indiquent assez que ce prince tenta et s'efl'orça vainement de soulager ses peuples et de mettre un frein à la tyrannie anarchique des grands : il ""tait plus

temps; cclli' ajistoi ralic ijjnoianto , liùie cl (urhuk'iilc , poussait clKUjue jour des racines j)Ius profondes; clia(jue leude se fortifiait dans son duché, dans son eonilé, dans son manoir, et ralliait autour de lui des partisans qui achetaient sa protection par leur dévouement ; ainsi, dans ce siècle de désordre, chacun sacrifiai 1 une partie de ses droits et de son indépendance dans l'espoir d'obtenir quelque repos ou quelque sûreté; les uns payaient ces biens par leurs armes, par leurs services; d'autres par des tributs; et les plus faibles par l'abandon total de leur liberté.

Ce fut ainsi que la nécessité fit naître, dans cette noblesse indisciplinée, une sorte d'hiérarchie qui devint dans la suite ce redoutable et monstrueux système féodal , dont l'Europe conserve encore de funestes traces, mais qui sauva peut-être alors les peuples européens , prêts à tomber dans l'état absolu de barbaiic où se précipitèrent toutes les nations de TOrient.

Son mariage IJuc jcunc csclavc, aussi belle que vertueuse, ihiuic. vint alors en France soutenir Clovis dans la lutte danf^ereusc qu'il entreprenait pour conserver aux Francs et aux Gaulois (]ii('l(|ues lestes de liberté. Issue du sang d<' l'un des princes saxons conquérans de rAngleterre , et enlevc-e

dans son enfance par des pirates, Bathilde avait été vendue au maire du palais Aiehinoald. Celui-ci, voulant unir ses deux captifs, la maria avec son roi. Clovis en eut trois fils, Clotaire, Enfan.

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Childeric et 1 liierry. Le premier succéda a son mariage. père, et porta, sous la tutelle de Bathilde et sous la férule d'Archinoald, les couronnes de Neustrie et de Bourgogne ; le second régna en Austrasie ou plutôt y vit régner sous son nom un leude nommé Ulfoald , que les Austrasiens choi- .sirent pour maire du palais; le troisième, encore au berceau lorsque Clovis II mourut, n'eut aucune part à son héritage.

Le rè^ne de Clovis avait duré dix-sept ans. Mortde L auteur des Gestes croit que Clovis II mourut empoisonné; un acte qui lui avait cependant été dicté par la superstition fut regardé par les moines comme un crime. Il avait brisé , disaient-ils, un os du bras de saint Denis , j)our le placer dans un scapulaire qu'il portait toujours sur lui : mais son crime véritable était d'avoir pris une faible partie du superflu des trésors de l'Église pour secourir le peuple désolé par la famine. Cette seule action le fit accuser de tous les vices par un clergé qui ne faisait alors consister la charité que dans les largesses faites non aux pauvres , mais aux églises.

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Dans ce temps de superstition et d'abrutissement, les campagnes, autrefois si fécondes, se changeaient en déserts stériles, et les temples en palais magnifiques. Les hommes libres devenaient serfs ; les prêtres, oubliant l'Évangile, transformaient les humbles serviteurs du Christ en courtisans mendians et en Icudcs orfijueilleux et puissans; ils distribuaient à leur gré la renommée sur la terre , la vie éternelle dans les cieux, et la crédulité des peuples accroissait sans cesse leur pouvoir.

Les peuples ne s'informaient ni des motifs des lois, ni de ceux des déclarations de guerre , ni des clauses des traités de paix; les seules nouvelles qui les intéressaient étaient celles de quelques reliques trouvées, de quelques miracles opérés par des fraudes pieuses, et de quelques dons magnifiques faits à leurs églises : aussi tous les princes s'efforçaient à l'envi, pour acquérir la gloire du temps, de se surpasser mutuellement en mapinificence dévote et en largesses monacales; u comme si l'on eût alors, » dit un historien moderne , décerné un prix » d'avidité aux prêtres et de prodigalité aux » rois. »

CLOTAIRE III ET CllILDKRIC II. 2Jl

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