‹ Histoire des Merovingiens, comprenant les règnes de Clovis ler, Clovis II, Dagobert et autres rois de FranceChapitre 30 sur 50 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

CLOTAïaE III , ROI DE NEISTRIE ET DE BOVRCOGXE ; ARCniNOAI.D ET ENSUITE ÉBROIN , MAIRES Dr PALAIS; CHILDÉRIC II, R(»l d'à rSTR ASIE ; rLFOALD, MAIRE DV PAI.AIS.

Gouvernement de la reine Batliikle. — Sa retraite à Chelles. — Tyrannie d'Ebroin. — Mort de (^lotaire III.

Deux piifans sommeillaient sur le trône ; deux Couvcr-

maires du palais fjouvernaient la rrance; ce- la r. ine b= , ,, ., "^i . . . iii.i.h..

pendant l orgueil de ces ministres se vit contraint de laisser quelque autorité à la reine Bathilde. Cette princesse avait soutenu ses fers avec courage; elle porta le sceptre avec dignité. Sa fermeté lui concilia le respect, et son humanité l'amour des peuples.

Fortifiée par les conseils de saint Léger , évèque d'Autun, et de saint Ouen, évèque de Rouen, elle sut pendant dix ans contenir la turbulence des leudes et préserver son rovaume des troubles auxquels l'exposait leur rivalité.

Avant son règne, les Gaulois ou les Romains

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libres payaient une capitation qui les ruinait; elle les en exeinpla ; sa juste scvérifr tléfendil aux juifs le eomnierce honteux qu'ils faisaient d'enfans chrétiens, vendus par la cupidité des seigneurs et par la misère des familles. Depuis long- temps les rois avaient contracté la coupable habitude de vendre les bénéfices ecclésiastiques; lîatliilde les donna gratuitement au mérite et à la piété.

Cependant, cédant au torrent du siècle, elle enrichit le clergé, fonda un couvent de moines àCorbic, et un monastère de filles àChclles; les moines bénirent sa prodigalité, et les peuples ses vertus.

Sa déférence pour les évéques en attira un grand nombre à sa cour; leur présence, qui semblait devoir affermir son pouvoir, causa sa chute. Son amitié pour Léger, évêque d'Autun, excita la jalousie d'un nouveau maire du palais, nommé Ébroin. Archinoald, auteur de la fortune de la reine, venait de la priver, en mourant, de son plus ferme appui. Ebroin, calomniant cette vertueuse princesse, l'accusa d'entretenir un commerce criminel avec un évèquc nommé Sigcbrand : les grands irrités Sa retraite massacrèrcut ce prélat. Balhilde, (KVoûtée de l'ingratitude d'une cour et de l'inertie d'un peuple si peu dignes d'elle, descendit du trône,

et se fit religieuse à Chelles; là, elle vécut moins puissante, mais plus heureuse : une lâche envie lui enleva le sceptre; une reconnaissance tardive consacra sa gloire.

Délivré de son importune vertu, Ébroin de- Tvranni

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Vint le tvran de la Aeustrie et de la liourgogne; mais, pour arriver au pouvoir absolu, il osa se frayer une route nouvelle. Ce Marins des Francs, prenant le masque populaire, parut embrasser la cause des hommes libres contre la domination des grands; et le peuple, toujours aveugle instrument des ambitieux qui flattent sa misère, applaudit a des efTorts qui n'avaient pour but que de le gouverner sans obstacles et sans rivaux.

Ébroin , attaquant les grands avec audace , exila les uns, dépouilla les autres de leurs bénéfices, ne confia de charges à ceux d'entre eux qui lui offraient leurs services que dans les contrées où ils n'avaient ni terres ni vassaux.

Les grâces dépendaient de sa faveur, les supplices de sa haine; sa cupidité vendait la justice; son audace effrayait les leudes les plus orgueilleux. Cependant il rencontra dans sa marche violente une digue que pendant longtemps il ne put renverser, et le parti aristocratique, qu'il voulait abattre, se rallia contre lui autour d'un ami de Rafhilde, de saint Lé-

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